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journal d'un élu de campagne

Lundi 14 novembre 2005

Bonjour !

Ce blog est avant tout destiné à faire part de mes commentaires sur l'actualité de la commune de Brûlon (72) et de la communauté de la communes à laquelle elle appartient (COM COM Vègre et Champagne).

J'aurai l'occasion plus tard de détailler les circonstances de ma venue dans cette commune, le sens des engagements que j'y ai pris, mes rêves, mes espoirs et aussi mes doutes, mes colères.

Deouis 2001, j'exerce dans cette petite commune de la sarthe (1400 habitants) qui a vu naître au xviiième siècle, l'inventeur du télégraphe aérien, Claude Chappe, les fonctions d'adjoint à la culture (et aux associations et au tourisme).

C'est de cette expèrience que je veux parler notamment, dans sa grandeur et sa misère, dans ses joies comme dans ses difficultés.

Ce n'est pas parce qu'on vit dans le village du père des télécommunications (l'arrière grand père d'internet !) que la communication est forcément plus facile. Il faut arriver à comprendre et aussi à se faire comprendre. Même (ou peut-être, paradoxalement) alors que les enjeux sont faibles, objectivement,  il ya des échanges serrés, parfois durs. Nous manquons parfois tous de distance !

C'est cette distance, un peu d'humour, de bonne humeur, que je voudrais mettre dans le blog, tout en restant sérieux sur le fond.

J'en profiterai aussi pour donner des infos en direct issus de réunions auxquels j'assiste, dans le respect de la confidentialité, mais en respectant également le droit des citoyens à l'information (les conseils municipaux sont publics, mais les compte rendus sont publiés dans la presse, plusieurs semaines plus tard)

Pour ceux que cela intéresse, je ferai en sorte que la communication soit plus rapide.

Je m'efforcerai de bien séparer l'information "factuelle" de mes commentaires, vision personnelle. Cependant, par principe, le lecteur de blog ne doit pas prendre pour argent comptant tout ce qui y est écrit. Ce n'est pas un site d'information stricto sensu, mais de "réaction" à de l'information.

Donc, restons critique.

Je réagis aussi à l'actualité politique française et internationale. (CF : le texte envoyé aux "nouvelles de Sablé" dans le cadre d'une rubrique ouverte aux citoyens pendant la campagne européenne : le résultat du vote de n'est pas celui auquel j'appelais et tout en le respectant, bien sûr, je n'ai pas changé d'avis.)

Si j'y arrive, je vais mettre le texte en ligne.

Enfin, pour la petite histoire, je suis né le jour de naissance du beaujolais nouveau (je crois ?), mais mes parents n'étaient pas vigneron.

J'ai une passion, c'est la poésie. Curieusement j'aime bien tout ce qui touche à la politique étrangère. Je me demande s'il y a un lien entre ces deux penchants (Lamartine, Claudel, Chateaubriand, saint-john perse, De Villepin ?????) Mystère, mystère.. (je vais mettre un petit poème, si j'y arrive évidemment...)

Voilà, ça commence, le plus dur c'est de commencer

Bernard Gueit

14/11/05

     

 

Par bernard gueit
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Mardi 15 novembre 2005

L'association culturelle Vègre et champagne au fil du temps est une association qui promeut "l'idée de culture" en milieu rural à travers une action qui se veut fédératrice des énergies isolées et parfois découragées des communes de la com com.

L'énergie de sa présidente et des membres du bureau ont permis un très gros travail en 2005/2006 ainsi qu'en témoigne le compte rendu suivant.

A remarquer : un excellent bilan des activités culturelles en milieu scolaire (plus de 400 enfants concernés par des spectacles au cenre culturel de Sablé ou des visites aux musées(Tessé, Jublains, Laval, ...).

Assemblée Générale

 Compte-rendu 30 septembre 2005

 

 

 

L’Assemblée générale de l’Association s’est tenue le 30 septembre 2005 à 21h30, dans les

locaux du Relais à Poillé sur Vègre.

Les adhérents, ainsi que Mme et Mrs Ploncard, Coudreuse et Lorne y ont été conviés par

courrier.

Absents excusés : M. Lorne, Mme Ploncard, M. Gueit, M. Lemaitre, M. Coudreuse, Mme

Tricoire, M. Brier. Mme Euverte

9 présents : M. Toffin, Mme Le Goulven, Mme Aubin, Mme Guillo, Mme Plessis, Mme

Dumesge, Mme Laudeau, Mme Pauloin, Mme Lhopital.

· Finances

 

 

 

*Bilan : Christiane DUMESGE, trésorière présente le bilan financier 2004/2005.

Recettes Dépenses

 

 

 

Entrées 2396.00 Sorties enfants 2392.34

Cotisations 418.00 Spectacles 2461.00

Subventions 8270..00 Administration 1020.84

Assurance 249.00

Fête St Jean 956.06

Divers 39.90

Total 11084.00 Total 7119.14

 

 

 

L’exercice laisse un solde positif de 3964.86 €.

 

 

 

Les cotisations concernent 35 adhérents dont 20 familles.

A noter l’acquisition d’un ordinateur portable.

L’action menée avec Brûlon concernant l’Europa Jazz est remise en cause, les membres

présents ne souhaitent pas la renouveler, son coût étant trop élevé.

Ce bilan est adopté à l’unanimité.

*Projet : La trésorière présente le budget prévisionnel équilibré comme suit

Recettes Dépenses

 

 

 

Cotisations 600 Administration générale 1900

Entrées 300 Animations scolaires 6000

Subvention C de C 5000 Ateliers 4000

Subvention Vallée de la Sarthe 3000

Subventions diverses 3000

Total recettes 11900 Total dépenses 11900

 

 

 

Ce projet est adopté à l’unanimité.

· Activités

 

 

 

Le bilan des activités (voir pièce jointe) a été présenté à l’occasion de la cérémonie qui a

précédé l’Assemblée générale (30 septembre à 19h30). En effet l’Association s’est

officiellement installée dans un local mis à sa disposition, au Relais à Poillé sur Vègre,

propriété de la Communauté de Communes. Cette manifestation s’est déroulée en présence de

M. Vannier, président de la Communauté de Communes et Mme Ploncard, maire de Poillé.

Le projet d’activités 2005-2006 préparé par le bureau et les responsables d’ateliers au cours

de la réunion du 05 septembre 2005 (voir pièce jointe) est adopté à l’unanimité.

A noter : La rencontre du peintre Stéphane LeLay , initialement prévue sur l’année solaire

précédente a lieu prochainement avec des classes de Brûlon école publique et Poillé ;

Maigné n’étant pas intéressé par l’action proposée, du fait de son rattachement à La Suze.

· Le Bureau

 

 

 

A l’unanimité, est ainsi constitué :

Président : Marie Le Goulven

Vice-Président :

Trésorier : Christiane Dumesge

Présorier-adjoint : Yvette Landeau

Secrétaire : Monique Lhopital

Secrétaire-adjoint : Cathy Pauloin

Membres du bureau :

Babeth Plessis, Louise-Anne Euverte, Marie-Christine Aubin, Cécile Tricoire,

Murielle Guillo, Christophe Lemaitre, François Toffin, Delphine Vannier

· Les cotisations

 

 

 

Le tarif pour l’année 2005-2006 est inchangé soit 8 € pour une personne, et 15 € pour une

famille.

· Calendrier

 

 

 

Le calendrier des réunions est ensuite fixé. Tous les adhérents sont cordialement invités à ces

réunions mensuelles.

- lundi 7 novembre 20h30 Avessé salle du Conseil

- lundi 5 décembre 20h30 Chevillé salle des Fêtes

- lundi 9 janvier 20h30 Brûlon Prieuré

- lundi 6 février 20h30 Tassé salle des Fêtes

- lundi 6 mars 20h30 Saint Christophe salle du Conseil

- lundi 3 avril 20h30 Fontenay salle des Fêtes

- lundi 15 mai 20h30 Viré en Champagne salle des Fêtes

- lundi 12 juin 20h30 Pirmil salle des Fêtes.

La séance est levée à 23h.

Fait à Poillé sur Vègre le 30 septembre 2005

La Présidente : Marie Le Goulven La secrétaire : Monique LHOPITAL

 

 

 

 

 

 

Par bernard gueit
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Jeudi 17 novembre 2005
Le compte rendu de l’assemblée générale de l’association culturelle Vègre et Champagne au fil du temps (cf :article précédent) mentionne l’orientation suivante :  
 
« L’action menée avec Brûlon concernant l’Europa Jazz est remise en cause, les membres présents ne souhaitent pas la renouveler, son coût étant trop élevé. »
 
Pour mémoire, il s’agissait d’un spectacle dans le cadre des « rural tour » que programme l’europa, et nous avons accueilli en l’église de Brûlon François Thuiller brass band en semaine, un jeudi soir.
 
C’était un concert de très grande qualité et le bilan moral (62 spectateurs, tous locaux) était encourageant..
 
Je regrette l’orientation prise par l’association (même si elle est parfaitement souveraine dans ses décisions) car le seul motif évoqué ne tient pas la route.
 
En effet, nonobstant l’absence de bilan financier dédié à cette opération,  l’argument du coût  se heurte à plusieurs critiques :
 
Le partenariat est modulable : si on était par exemple dans un partenariat financier 70/30, on pourrait lors d’un autre partenariat le modifier
 
Le partenariat peut être autre que financier : par exemple, plus axé sur la vente de billets sans prise de risque financière pour l’association.
 
Enfin et c’est là où l’argument est irrecevable, le coût du reste à charge des organisateurs est inversement proportionnel au nombre de spectateurs. Or l’objectif de l’association est d’augmenter progressivement le nombre de spectateurs venant à des manifestations originales.
Le jazz faisant partie des rares espaces de création de musique contemporaine, il  paraît dommage de l’abandonner sans autre forme de procès. D’autant que le centre culturel de loué qui devrait bénéficier d’un fort appui du pays vallée de la sarthe pour la prise en charge des plateaux artistiques nous approche avec une proposition pour 2006 de l’Europa jazz. (fanfare déjantée « auprès de ma blonde ».)  
 
Au-delà de cette péripétie se pose la question de fond de la responsabilité de la politique culturelle. N’en déplaise aux associations, la responsabilité de la politique culturelle est du domaine des politiques, c'est-à-dire des élus. Ce n’est pas un reproche à l’association, bien au contraire, mais il faut bien comprendre que l’association qui occupe un espace vide pour autant ne peut pas le remplir. L’association fait beaucoup et la collectivité s’exonère à bon compte de la responsabilité et fait l’économie d’une réflexion.
Une association n’a pas à gérer du long terme, peut en toute liberté et c’est parfaitement normal changer son fusil d’épaule. Elle ne s’appuie pas sur un socle de principes directeurs  solides, indépendant des événements qui surviennent à la surface futile du cours de choses . Elle se méfie des politiques, des professionnels, des outils structurants, dont elle craint, sans doute à juste titre qu’ils la privent de son autonomie et de son indépendance.
 
Voilà pourquoi tout en saluant le courage, l’engagement et la réelle efficacité de tous les membres de l’association dans le contexte d’insensibilisation culturelle de notre territoire communautaire ( la banlieue à côté, c’est Athènes !), je crois qu’il faut que les élus relèvent la tête et prennent leurs responsabilités.
Depuis très longtemps, je dis et redis que la clé se trouve dans des choix clairs de coopération entre les deux communautés de communes des pays de loué et de vègre et champagne, que ce soit dans le domaine économique (dont le tourisme) et  dans celui de l’organisation autour de équipements structurants (centre culturel Loué, Coulans, salle Brûlon, gymnase.).
 
Cette démarche ne peut être portée par des associations, même si elles jouent un rôle tout à fait salutaire d’aiguillon !
      
Par bernard gueit
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Dimanche 20 novembre 2005
Dans les communes, les réunions de la »municipalité »   (le Maire et les adjoints ) sont un moment important pour la politique locale. Lieux privilégiés d’échanges, un peu plus formels que ceux qu’on peut avoir au quotidien, ils nous permettent de nous mettre au courant de divers événements, faire le point sur les sujets en cours.
On y prépare également toutes les orientations ou décisions soumises à la délibération du conseil municipal.
Il n’y a pas de décision de prise au cours de ces réunions. Cependant l’orientation donnée aux dossiers après échange entre adjoints avec souvent consensus, mais aussi  parfois divergence, pour leur présentation en conseil est un élément important pour comprendre le processus décisionnel aboutissant à la délibération finale. L’usage fait qu’il n’y a pas de compte rendu de ces réunions de maire et adjoints (dommage pour les historiens du futur qui se pencheraient sur la vie locale ! )
Sur le plan éthique, je me suis interrogé sur le bien fondé de rendre très rapidement public une partie de ce qui se dit dans ces réunions.(avec la mention « information non officielle, partielle, et partisane »  puisqu ’il y serait aussi question de mon point de vue
 
Une partie seulement, car il serait contraire à l’éthique de « divulguer » des informations pouvant concerner la vie privée d’un particulier ou d’une entreprise (et oui, les entreprises ont aussi une vie « privée »), ou qui pourraient nuire à l’intérêt bien compris et partagé de la commune. Ce blog n’est pas un blog pour voyeuristes !
 
En revanche, pourquoi ne pas retracer les réflexions qui concerneraient la collectivité des citoyens même si elles ne sont pas abouties ? Je me suis interrogé sur la primauté de l’information au conseil municipal : dans certains cas, il faudra scrupuleusement la respecter. Mais dans d’autres cas, les membres du conseil sont eux-mêmes saisis des sujets dont nous parlons en réunion d’adjoint (c’est parfois eux-mêmes qui nous en parlent les premiers)
Le blog est accessible à tous les citoyens avec possibilité d’y ajouter des commentaires : les conseillers  sont un relais entre la municipalité et les citoyens. Bienvenue dans cet espace privé de démocratie publique ! Et, hop, on se lance, dans un prochain article voici le premier « compte rendu non officiel, partiel et partisan «  de la réunion d’adjoints du 17 novembre 2005 (date qui est à la fois celle de mon anniversaire et celle de l’arrivée du beaujolais nouveau, tout un poème !)
Par bernard gueit
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Dimanche 20 novembre 2005
17 novembre 2005 Réunion Maire et adjoints
«Compte rendu non officiel, partiel et partisan »
Très bonne réunion. Décontractée, franche et amicale.
 
(Gilbert, Daniel, Bernard ) : Catherine absente pour cause de réunion petite enfance.
 
1-Subvention conseil général pour le Gymnase (espace multifonctions)
 
Le maire a eu une bonne réunion avec les deux principaux  des collèges de Loué, le maire de Loué, et les profs de gym sur le thème de l’utilisation  par les collégiens de Loué du futur gymnase de Brûlon (actuellement en construction).
L’enjeu pour Brûlon est l’obtention d’une subvention complémentaire du conseil général pour cet équipement communautaire.
Cette subvention pourrait être accordée par le conseil général  sous réserve d’une convention  entre les collèges et la com com Vègre et champagne pour une mise à disposition prioritaire du gymnase certains jours de la semaine aux collèges de Loué.
L’enjeu pour les profs de gym de Loué, c’est d’être sûr que cette convention n’empêche pas la construction d’un gymnase à Loué dans les années futures.
Selon le Maire, ce fut un échange constructif (entre enseignants actifs et retraités !), il faut rassurer les profs de gym (allo allo Fabien !)
 
2- Travaux Mairie
 
Pour permettre les travaux à la Mairie de Brûlon (réhabilitation fonctionnelle), il va falloir organiser le déménagement. Pascale est préoccupée par les archives (une piste : le sous-sol de l’ex cantine scolaire, idée de Gilbert)
Daniel a rencontré le sous-préfet au sujet de la DGE (Dotation générale d’équipement, subvention d’Etat) pour les travaux de la mairie. D’autre part, le pays a prévu une somme pour l’aménagement du musée Claude Chappe. Une idée, le rapatrier vers la mairie ?
 
3- un sujet qui réveille même ceux qui se laisseraient aller à l’assoupissement lors des réunions de conseil : le foot !
 
La patriote marche du feu de Dieu ! Au secours, l’équipe fanion risque de monter en CFA 2 !
(Noter que selon qu’on le craint, on dit « risque » et selon qu’on le souhaite, on dit « espère ».)
Les responsables G Gautier et C Bougard ont eu une démarche auprès du maire pour parler de la mise aux normes terrain et vestiaires, déjà exigée pour le niveau actuel de DH.
Le maire nous en parle pour qu’on y réfléchisse sachant que les priorités fixées dans le mandat seront respectées (salle, mairie, travaux du bourg , plan d’eau, station d’épuration).
Comme il n’y aura pas (ou peu) d’argent, il faudra des idées !  
Voilà bien un sujet qui devrait nous tenir éveillés lors de prochaines réunions de conseil !
 
4-Echange en tête à tête ave Daniel sur nos relations avec les Brûlonnais et les artisans qui font les travaux, eu égard au périmètre protégé par les bâtiments de France, les petites cités de caractère. C’est un sujet d’échanges vifs entre les  membres du conseil municipal, qui n’habitent pas une cité de caractère pour rien ! De la pédagogie, de la pédagogie, pas d’intégrisme ! (dans notre jargon, l’intégrisme est une attitude excessive consistant à imposer son modèle à tous : c’est une attitude fort répandue).  
 
C’est difficile : on en reparlera. J’ai proposé à Daniel de prendre en charge la relation parfois difficile avec les Brûlonnais pour les demandes de travaux, afin de soulager Catherine, qui a déjà beaucoup de responsabilités à assumer. Nous en reparlerons en réunion d’adjoint.
 
Par bernard gueit
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Mardi 22 novembre 2005

Comment on devient poète ?

 

 

 

 

Chapitre 1

 

 

« C’est la faute à Baudelaire, c’est la faute à Cocteau. »

 

 

 

Le premier poète que j’ai vraiment aimé, c’est Charles Baudelaire. J’avais entre 15 et 16 ans. Je le trouvais moderne. Baudelaire est le premier poète urbain, le premier poète des villes.

Sa vie m’avait ému, sa révolte, ses démêlés avec sa famille, l’humiliation de sa mise sous tutelle (un génie, sous tutelle !), et sa poésie à l’image de sa vie, sans compromis, pleine d’odeurs et de sens et de sensualité. C’est un poète intelligent, critique d’art, de musique, traducteur d’Edgard Allan Poe, plein de révolte métaphysique, et déjà du et des siècles suivants. Il m’a fait sentir l’extraordinaire pouvoir d’expression de la poésie et définitivement comprendre, avec la censure des  Fleurs du mal, que la poésie, ce n’était pas pour les enfants, mais qu’elle se pratiquait entre « adultes consentants ».

 

 

 

 Le deuxième poète qui m’a beaucoup marqué, c’est Jean Cocteau. Par hasard, j’avais acheté "le cap de bonne espérance", dans la belle collection nrf Gallimard. J’avais encore du mal avec les textes du 20ème  siècle. Le poème est dédié à Rolland Garros, aviateur, et sa mise en page est aérienne.

Il y avait une préface : Jean Cocteau et la guerre de 14 et tous ses compagnons morts lors d’un combat, lui seul rescapé, lui fantôme dans le monde. La poésie est aussi la langue des morts qui ne sont pas encore morts, un pont suspendu  entre le royaume des morts et celui des vivants. Jean Cocteau mélangeait toujours les deux mondes, celui du quotidien, des restaurants, des pneumatiques, des ascenseurs et l’autre, plus léger, celui des anges comme l’ange Heurtebise (une marque d’ascenseur). Il laissait entrer aussi dans ses pièces, récits poèmes, films, des modèles de faits divers, en les transformant (la mort d’Isadora Duncan, son écharpe prise dans le moyeu de sa voiture). C’était fascinant.

Alors, je me mis à lire beaucoup de ses textes que j’allais chercher à la vieille bibliothèque de Toulon. Cocteau a écrit beaucoup sur la condition du poète car tout ce qu’il a fait, peintures, dessins, poteries, vitraux, décors,  pièces, films, et poèmes, j’en oublie , tout a toujours été affaire de poésie, ce tour de cartes exécuté par l’âme, comme il disait.

Je n’ai jamais pris Jean Cocteau pour un dilettante, ou un poète superficiel. C’était un poète du mystère, des coïncidences et du hasard. En mélangeant les deux mondes, il nous faisait comprendre de quoi nous étions fait. Un petit tas de terre, un bout d’étoile fêlée au coin du front.  

 

 

 

Mais ceci n’était encore rien à côté de ce que j’allais bientôt découvrir !

(la suite au prochain numéro !)

 

 

 

Par bernard gueit
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Mercredi 23 novembre 2005
Comment on devient poète ?
 
Chapitre 2
 La mansarde
 
Je me souviens de l’été 66 et d’Hélène, beaucoup moins de l’été 67.  A la rentrée, en 1ère à l’institution religieuse Sainte Marie,  « les révérends pères marxistes »,   ainsi que nous les appelions, eu égard à leur implantation à La Seyne sur Mer, fief communiste aux chantiers navals encore très actifs, j’avais le sentiment que le temps ne passerait jamais, et qu’une éternité d’ennui gisait devant moi, avant la liberté : car la liberté ne pouvait être qu’hors de cette école.
Il s’était passé quelque chose : j’écrivais, en secret bien sûr, et j’avais le sentiment que c’était quelque chose d’important. J’allais avoir 16 ans et bien sûr on écrit à cet âge là, des journaux intimes (il n’y avait pas de blog), des poèmes.
 
Je ne rimais pas, j’écrivais des choses tendues, un peu électriques, violentes qui ne cherchaient pas à faire sens, mais à montrer une énergie.
Je ne savais pas vraiment ce que cela voulait dire, mais c’était là, cela ne ressemblait à rien et il fallait bien  que je dise : « oui, c’est moi qui fait ça ».
 
Dans le même temps, nous fûmes entraînés dans une histoire étonnante pour notre jeune âge.
Qui avait commencé ? Eric ? Edmond ? Yves,  mon frère ?
Une décision collective des ces trois amis d’un an plus âgés que moi ? la décision était la suivante, nous allions créer à Toulon un groupe de peintres, poètes, musiciens, et autres artistes, sous le nom de la mansarde (Eric, disposait d’une chambre de bonne mansardée, au dessus de l’appartement de ses parents, rue Peiresc, en face du jardin), et ce groupe produirait des œuvres qui, en inondant la ville, mettrait la culture au centre de toutes les préoccupations, ce qui dans cette cité provinciale mariée à  la Marine, pouvait ressembler à une révolution.   
 
Un curé ami de la mission diocésaine rue Chalucet  voulut bien dupliquer sur sa ronéo catholique, apostolique et romaine le tract qui invitait tous les artistes à nous rejoindre. Sans plus attendre, nous l’avons distribué dans la rue, au « faciès », en essayant de repérer les personnes qui nous semblaient avoir toutes les qualités requises : en général, la veste de velours, les cheveux très longs, et la guitare constituaient des signes tout à fait favorables.
Tous les looks sortant de l’image traditionnelle telle que nous nous la représentions étaient également des candidats potentiels.
Cela a parfaitement fonctionné.
En moins de huit jours, le groupe était formé et les premières discussions sur l'art, la création commençaient à la mansarde !
 
Edmond peignait, Eric écrivait et affirmait ses ambitions (cet ami qui souffrit beaucoup dans sa vie et qui en fit souffrir aussi beaucoup, affichait des ambitions littéraires. A la fin de l’année, il décrochait 20 au bac à l’oral de Français. Il s’est peu à peu perdu dans la vie, dans l’alcool, dans la drogue, et dans ses difficultés d’aimer. Il s’est pendu dans un village de Provence), mon frère était musicien depuis longtemps déjà (il avait commencé à apprendre la musique avant de savoir lire) et d’autres nous avaient rejoints : deux frères peintres de la Seyne sur mer, des étudiants des beaux-arts, des lycéens peintres, un poète qui admirait Eluard, des voyageurs (à l’époque, la mode c’était de partir de Toulon en stop et d’aller le plus loin possible en Afrique) et moi, qui très timidement, disait : « j’écris » !
Cette année 67/68 fut une véritable année d’initiation. Fin 67, nous ne pressentions pas ce qui allait venir, mais tout, dans nos rêves, dans nos comportements, dans ce qui nous animait montrait déjà que nous étions passés de l’autre côté et que nous n’avions aucunement l’envie de revenir !
 
(La suite au prochain numéro !)     
Par bernard gueit
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Lundi 28 novembre 2005
 
Les conseils municipaux les plus longs ne sont pas forcément ceux où on prend de grandes décisions. Ce sont ceux où on discute beaucoup. On peut être frappé d’ailleurs  de constater que des sujets à faible enjeu financier peuvent créer plus d’animation au conseil que des sujets à plus fort impact budgétaire.
 
C’et très intéressant car s’y révèle l’écart abyssal entre les valeurs qui structurent l’approche des problèmes par la France d’en bas et la  « méthode »  de l’approche des préoccupations des Français par la France d’en haut.
 
L’écart réel s’augmente dans les consciences de la représentation que haut et bas se font de l’approche de l’autre.
 
En conseil municipal, il n’y a pas de petit sujet : les questions diverses, qui sont les remontées issues de la vie quotidienne,  peuvent amener autant d’échanges que le vote de la vente d’un bâtiment communal qui ne va pas toucher immédiatement la vie quotidienne des gens, mais aura un impact positif sur le budget de la commune.
 
En fait, les enjeux ne sont pas perçus de la même façon. Les conseillers, qui représentent les citoyens, sont très attachés à la notion de justice, d’égalité. Ils ne veulent pas de passe-droit, et pour le vérifier, ils souhaitent de la « transparence » (le mot est un peu fort) mais tout au moins qu’on leur explique des situations un peu compliquées.
 
Doit-on considérer que cela est seulement dû à l’héritage culturel de la coutume de la province du Maine, dont Anne Fillon dit qu’elle est « dramatiquement égalitaire » ?
 
Pour partie peut-être, mais cette démarche de recherche d’égalité, de justice des citoyens au regard de la gestion communale est pour le moins légitime et conforme au mandat municipal qu’ont accepté les conseillers.
 
Cela dit, il serait peut-être bon que les soi-disant élites se penchent sur les comptes rendus de conseils municipaux de France et de Navarre (ceux qui retraceraient suffisamment  le détail des débats) : de la part de ceux qui la vivent, ceux qui vivent de la politique y pourraient lire en creux de véritables cahiers de doléances.
 
 A titre d’exemple, deux débats non exhaustifs du conseil municipal de Brûlon du 24 novembre 2005 sur des sujets aussi différents que la signalétique ou l’aide aux associations  témoignent de cette préoccupation de justice et d’équité.
  
 
 
 
 
 
 
«Compte rendu non officiel, partiel et partisan »
Conseil municipal du 24 novembre 2005
14 présents sur 15
 
1-Signalétique

Il existe aujourd’hui des matériels sympas de signalétique, donnant un aspect plus accueillant au bourg  en rendant un service important aux usagers, aux touristes et aux professionnels en terme d’orientation.
 
Aux entrées du bourg, des panneaux inviteront l’automobiliste à s’arrêter en mettant visuellement en avant les attraits de la commune (patrimoine, avec l’image du prieuré, histoire avec un télégraphe, et loisir détente avec Canoë et VTT, dans la ligne du projet de requalification de la base de loisirs)
 
Passés les panneaux d’entrée, on identifie du point de vue géographique deux grands besoins :
 
-la partie bourg avec les administrations, les commerces et officines, l’espace multifonctions, le stade et les différents lieux accueillant du public.
-la partie  plan d’eau, base de loisirs, camping de l’autre côté de la départementale.
 
 
 Le débat porte sur les commerces qu’il faudrait signaler, une fois passés les panneaux d’entrée du bourg.  Tous les commerces ? On risque de s’y perdre. Il faudrait signaler l’hôtel restaurant ! Mais si on en met un, que vont dire les autres ? Et si on indique les commerces en direction du centre, qu’en pensera celui situé sur la départementale ?
Doit-on signaler la pharmacie : oui, mais ce n’est pas un commerce !
( pourtant ce serait  pratique que ce soit signalé, surtout la nuit !)
 
Il faudra se donner une règle : signaler les commerces appartenant directement à l’économie touristique ? (Quelle participation financière de leur part ?)
 
Doit-on mettre commerces ou tous commerces ? Tous commerces, c’est un peu présomptueux ! Va pour commerces ! Faut-il ajouter « marché » ? Le marché ne ferait pas l’unanimité des commerçants, mais c’est l’association des artisans commerçants qui a souhaité le relancer !
 
Le marché du samedi existe depuis fort longtemps à Brûlon.. ( signalé dans le Pesche !) Quelques personnes essayent de le relancer en se regroupant un samedi par mois. Un marchand de légumes vient tous les samedis. (Ce n’est pas encore le marché quotidien de Toulon qu’a chanté Gilbert Bécaud, mais n’empêche un marché c’est sympa !)
Bon, on décide (pour l’instant), « Commerces-Marché le samedi ».
 
Pour le reste, ce n’est pas simple, car il faudra faire le jeu de piste dans le bourg. Heureusement que des conseillers de par leur métier sont habitués à circuler sur la commune pour y apporter le courrier !
 
Tant qu’on est dans la signalétique, on pourrait voir à rénover la signalétique des lieux-dits (ceux du cadastre)
 
 
2-De l’aide aux associations
 
 
Ce sujet n’a pas été inscrit en tant que tel à l’ordre du jour. Mais différents échanges ou décisions ayant été prises en conseil, échanges qui ont pu être prolongés lors de l’AG de Brûlon loisirs, il est possible du point de vue de la réflexion de tout regrouper sous un même thème. On aura compris que ce qui importe c’est la réflexion, laquelle ne suit pas la stricte chronologie de l’ordre du jour.
 
Lorsqu’on met un employé communal ou intercommunal à disposition d’un club loisirs, lorsqu’on met à disposition une salle pour une personne privée, mais qui anime un club jouant un rôle éminemment social à l’égard des jeunes filles, quand on donne une subvention en espèces sonnantes et trébuchantes à une association dont le compte est confortable, quand on accepte de prendre en charge du transport pour telle activité, quand on finance des cours de musique individuels (car la discipline ne peut s’enseigner autrement), quand on a affaire à une  association ambitieuse experte en lobbying, on est très rapidement confronté à des problèmes d’équité.  Et bien sûr, on peut être interpellé par ceux qui jugeront ne pas être  assez pris en considération alors que leur association , par exemple, apporte un service indispensable aux enfants (donc aux familles) pendant les vacances.
 
Comment valoriser chaque aide ? Comment la rendre suffisamment publique (visibilité) pour qu’elle n’apparaisse pas occulte (à tort ou à raison), sachant que les citoyens  ne s’y retrouvent pas toujours entre les aides commune/communauté de communes/pays/conseil général ? Comment éviter le sac de nœuds ?
 
Et comment tout cela va s’articuler avec la nouvelle salle et le gymnase ? 
 
De mon point de vue, encore une fois, il faut avoir une approche politique saine. (plus facile à dire qu’à faire, souffle la petite lumière de ma conscience !)
 
Une approche politique, c’est ne pas commencer par étudier le sujet sous l’angle financier, car on va aller directement à la solution sans  lire l’énoncé !
 
C’est éviter les raccourcis démagogiques et les idées faciles (Aider des jeunes non fortunés voulant apprendre la musique avec une exigence de travail, des examens, dans les mêmes conditions que pourraient s’offrir des jeunes plus fortunés, est-ce faire de l’élitisme ? Est-on condamner pour apprendre la musique quand on n’a pas d’argent à devoir défiler devant le monument aux morts ? Certes on n’en meurt pas, mais enfin ! Est-on bien conscient qu’on a changé de siècle !)
 
Il faut prendre les différents besoins et les consolider (les regrouper en les qualifiant, si possible).
Définir la compétence : ces besoins  relèvent-t-ils d’une compétence communale, intercommunale ou est-il du ressort de la personne morale ou physique privée ?
 
Une approche politique saine, c’est rechercher les complémentarités logiques en terme de partage ou d’exercice conjoint de compétence, entre les entités naturellement partenaires (les deux communautés de communes de Loué et de Vègre et Champagne, les deux communes de Loué et Brûlon).
 
Evidemment, à ce moment là on fait entrer la dimension financière, dans une stratégie gagnant/gagnant.
 
On a alors pris suffisamment de hauteur pour faire les choix et pour redescendre au niveau du détail.
 
Ce n’est pas facile, les conditions politiques ne sont pas aujourd’hui réunies. Mais ceux qui veulent avancer devront travailler à les réunir. D’autre part, même avec des conditions plus favorables, il ne faut pas oublier qu’on ne part pas de rien, mais qu’il y a un existant. Si on veut avancer, il faudra certainement remettre en cause une partie de l’existant !
 
Alors peut-être que votre beau parleur fera un peu moins le malin !  
Par bernard gueit
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Lundi 28 novembre 2005
Comment on devient poète ?
 Chapitre 3
 Châteauvallon
 
 
A cette époque (année scolaire 1967/1968), le site culturel de Châteauvallon, à Ollioules près de Toulon était un projet en cours de réalisation par ses deux  fondateurs Henri Komatis et Gérard Paquet. Gérard Paquet était professeur d’anglais, chez les « révérends pères marxistes » (voir article précédent). Est-ce en raison de cela, ou par autre motif, nous nous y rendions souvent le dimanche, à pied (quelques kilomètres depuis le centre de Toulon). Certains, dont je ne faisais pas partie, aidaient à porter les pierres pour construire le théâtre grec dont le fond s’ouvrait sur la rade de Toulon. On devait nous trouver sympathiques, et l’esprit du lieu qui se voulait accueillant pour les artistes, avec des projets de résidence, nous inspirait.
 
Toujours est-il que fut négociée, gratuitement dans ce lieu, l’organisation de la première manifestation artistique de la mansarde. Le groupe s’était étoffé. Il y avait là suffisamment de peintres, poètes, photographes  et musiciens pour se lancer dans l’aventure.
 
Moyenne d’âge, moins de 18 ans à une époque où la majorité était à 21. Il me semble que sur le plan pratique, les responsables de Châteauvallon s’étaient un peu inquiétés de notre situation juridique. Peut-être même que le mot « assurance » avait été prononcé, étrange vocable qui n’avait provoqué aucune résonance chez les « artistes » membres  de la mansarde.
 
Avec le recul, c’est assez amusant de constater que bon nombre de ces touts jeunes « créateurs » ont fait une carrière professionnelle ou au moins, ont fait un peu plus que du simple amateurisme. (je pense à Serge Plagnol , à Alain Gambin, à mon frère Yves). Il arrive quelquefois, qu’une génération se retrouve, comme s’ils s’étaient tous attendus et donné le mot.
 
La manifestation artistique eut lieu en avril 68, pendant les vacances de Pâques. Châteauvallon avait bien fait les choses : un vrai vernissage et le soir, dans la salle de la partie Château en restauration, musiciens et poètes avaient joué et déclamé.
C’était une émotion très forte, car entre nous, nous ne connaissions pas tout ce qu’écrivaient les autres et il est plus dur de dire ses textes devant des gens qu’on connaît que devant des inconnus. Ainsi, c’est toi qui écris ça ! A côté, le blog, ce n’est rien du tout. Un poète qui dit ou qui publie se met en jeu : c’est une lettre d’amour qu’on écrit à tout le monde, et c’est un secret qu’on dit à l’oreille de chacun. Comment ne pas parler plus haut que soi, comment faire que ce murmure si personnel, puisse un moment rejoindre le lit universel des hommes ?
 
Quelque chose nous avait aidés. Nous connaissions un gitan musicien qui jouait toute la journée sur le carré du port en regardant la mer. Il ne faisait pas la manche, ne réclamait pas d’argent. Il jouait. Chez les gitans, jouer c’est une fonction, on ne lui demandait rien d’autre et il rentrait le soir chez les gitans pour dîner et dormir et jouer encore un peu.
 
On lui avait proposé de venir jouer pour notre manifestation à Châteauvallon. Il avait accepté avec plaisir en nous demandant s’il pouvait amener un ou deux collègues ? Bien sûr !
Chez les gitans, les amis des amis sont des amis et ils étaient le soir aussi nombreux que nous !
Mais leur tranquille assurance, leur joie d’être avec nous, leur sens de la musique (ils s’adaptaient à tout), leur écoute, leur respect nous donnèrent une totale confiance. Pour la petite histoire, et il n’y a peut-être pas de lien,  Châteauvallon a organisé pendant plusieurs années une fête gitane, dont nous fûmes, par hasard, les initiateurs.
La fête dura longtemps et, pour ceux que leur jeunesse n’avait pas encore prévenus de la traîtrise de certains mélanges, s’acheva dans une certaine confusion.
 
Qu’importe, même si le temps enjolive sans doute ce récit, c’était nos débuts et un vrai début. Oui, l’art allait sauver le monde !
 
Le lendemain matin, je partais à côté de Grenoble donner un coup de main à une équipe de chantier bénévole qui oeuvrait à insonoriser un réfectoire. Compte tenu de mon savoir faire de bricoleur, je ne participais pas à grand-chose, sauf à leur donner le moral. Le stage se termina par une fondue savoyarde et ce fut ma première cuite (légère)
 
En même temps, ce que nous avions fait à Châteauvallon paraissait tellement irréel, éloigné des habituels centres d’intérêt de mes camarades que je me demandais bien si je pouvais en parler.
 
La poésie est un secret.
 
La suite au prochain numéro !
Par bernard gueit
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Vendredi 2 décembre 2005
Quoi de neuf ? Quoi de neuf ? Pas grand-chose finalement ! et si ! Je n’en sais pas beaucoup plus que vous, parfois moins ! A quoi ça sert un adjoint à la culture, aux associations et au tourisme, entre 23 heures et 2 heures du matin ? (je me permets de citer le blog d’Alain Lambert :   A quoi ça sert un ministre…. à peu près aux mêmes heures !!!)
 
Nous sommes seuls. Sans doute le maire est seul,  le président de la communauté de communes aussi. Seul par rapport à qui ? Aux citoyens, aux membres des assemblées, à eux-mêmes ? Par rapport à leur vie de famille qu’ils sacrifient ? Cherchent-ils inconsciemment cette solitude ? Y-a -t-il un meilleur lieu pour en jouir que lorsqu’on est au milieu de la foule ? Y-a -t-il une meilleure cachette pour une aiguille que dans la boite à aiguilles ? Cette carapace indispensable à l’exercice de la fonction, admirable parfois, n’est elle pas absolument vitale comme le masque des apiculteurs ?.Appartenant à tout le monde, ils n’appartiennent à personne : je leur souhaite de tout cœur de s’appartenir, ne serait-ce qu’un tout petit peu ! Pour le petit Brûlonnais, le journal municipal, j’ai rencontré plusieurs maires de la communauté de communes. Dans ma vie, j’ai rencontré beaucoup de gens, et professionnellement, j’ai été amené à devoir en interviewer plus d’un. A chaque fois, j’ai été impressionné par cette tranquille assurance des maires. La démocratie leur donne une légitimité qui les transcende, ainsi que je l’avais immédiatement senti pour l’actuel maire de Brûlon. Avant les élections, certains étaient assez critiques : ils ne voyaient pas ce que la fonction était capable de transformer chez une personne. Ainsi, lorsque vous votez pour un candidat ou une candidate, ne vous attardez pas à ce qu’il est, regardez devant vous ce que la fonction sera capable de lui apporter et décidez vous par rapport au futur et non pas au passé.  Beaucoup de jeunes qui ne marchent pas au lycée deviennent brillants en fac parce qu’ils font ce qu’ils ont toujours rêvé de faire et plus ce qu’ils détestaient.
 
Les maires qui sont en première ligne et qui sont les seuls à réellement exercer la responsabilité dans les communes sont souvent taxés d’exercice solitaire du pouvoir. Ils décident souvent seuls ou ont l’impression, simplement parce qu’ils nous parlent, en toute transparence, de leurs diverses rencontres avec l’administration, les partenaires, les citoyens, qu’ils sont au maximum de ce que la démocratie permet. Ne leur en voulons pas : mais soyons lucides : si certains maires restent secrets, applaudissons ceux qui parlent, mais ne confondons pas le statut de spectateur des faits et actions du maire avec celui d’acteur. Au conseil municipal, il ne faut pas être comme à la télé ! Il faut s’exprimer ! Au risque de dire des bêtises, évidemment, et j’en assume une large part, mais c’est le lieu où la parole publique résonne et prend du sens sans micro, sans chaîne de télé, et où les mots de l’un pèsent aussi lourds que les mots de l’autre et où le pouvoir, si on le veut, peut-être partagé par tous.
 
Qui s’étonnera que les poètes dont la mission est de "donner un sens plus pur aux mots de la tribu » s’intéressent à cette académie démocratique et populaire ?
Par bernard gueit
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