Samedi 23 février 2008
Enfin, la voici. Après avoir longtemps attendu, différé, réfléchi, d’une seule traite, ma vision personnelle de ces 7 années passées en tant qu’adjoint aux associations, à la culture et au tourisme de notre bonne ville de Brûlon.
 
D’abord, pour le maire Daniel Coudreuse et son équipe, ce mandat fut un mandat de réalisations. S’il fallait le qualifier, j’oserais dire qu’il accomplit en lui donnant tout son sens le projet initié par M Mary. De la création de richesses (la zone industrielle) à l’investissement social (l’Espace Vègre et Champagne) la trajectoire1981/2008 ne peut être mieux représentée que par la route qui va relier les deux infrastructures. Au delà des rapprochements purement arithmétiques entre le coût de l’investissement de l’Espace et le montant de la taxe professionnelle acquittée par FPEE, cette trajectoire donne du sens à la présence du patron de cette société locomotive de la zone industrielle sur la liste du maire sortant. On objectera que la communauté de communes est de fait le porteur de ces projets, mais la communauté de communes n’est que le filtre qui permet de faire émerger au bon niveau les projets les plus structurants du territoire que lui apportent les communes. Brûlon a porté très fort le besoin d’Espace Multifonctions, la communauté de communes l’a peu à peu intégré comme un équipement indispensable à son territoire
 
Je crois que cet esprit du mandat, qui avait encore quelque part les pieds dans les années 1980, a rendu plus difficile mon intégration dans ce qu’on appelle la municipalité, c'est-à-dire la réunion du maire et des adjoints. Il y avait un écart de vécu entre le noyau et moi. Je n’ai jamais ressenti cette différence avec le conseil municipal, peut-être parce que nombre de conseillers n’avaient pas participé aux mandats de M Mary.

C’est (peut-être ?) une des raisons parmi d’autres, qui m’ont empêché, parfois seulement, mais de façon tranchée, à partager la vision commune.
A cela s’est ajoutée la conception personnelle que j’avais du rôle d’un adjoint dans une commune dynamique qui fait des choix et qui s’expose aux  risques : prendre du recul.
Pour aggraver mon cas, j’avoue que je ne m’intéresse pas aux détails.
Ce n’est pas un secret, je ne me suis pas entendu avec tout le monde. J’ai essuyé quelques reproches (un manque de présence) que j’ai préférés jeter au feu. Pour ne garder que les bons souvenirs.
 
Alors sur ce bilan, je souhaite prendre ma part dans l’obtention de la subvention Feder pour la réserve d’eau, dans la réflexion autour de l’achat du prieuré, dans la réussite de l’organisation de la coupe d’Europe de VTT, dans les efforts pour décider le conseil de prendre le virage de la ZPPAUP, dans l’implication pour les petites cités de caractère, sur l’ensemble du dossier de financement de l’Espace, dans la mise en place du syndicat d’initiative, des visites commentées de Brûlon, dans notre présence auprès de la Vallée de la Sarthe sur les programmes Leader+, dans la discussion finale précédant le vote du PLU, et dans ce qui me plaisait le plus :  faire mûrir, faire avancer, apporter l’eau de la réflexion au moulin de l’action.
 
Mais il y a aussi, une part d’ombre à cette lumière. Je ne fus pas assez convaincant sur deux ou trois points.
Pour en rester à ce qui était de mes compétences, je ne conçois pas de véritable politique culturelle ou touristique, c'est-à-dire d’ambition dans ces domaines, qui puisse s’exercer dans le cadre étroit de Brûlon ou de sa communauté de communes. Compte tenu de notre faible population mais composée d’individus qui ont les mêmes besoins que s’ils étaient plus nombreux, il y a un travail de positionnement des sujets à faire sur lequel j’ai échoué.
C’est à ce moment de conscience, où je commençais à respirer plus mal, que l’idée du blog surgit comme une bouffée d’air.
Je reconnais, que suite à ces échecs notamment sur le sujet culturel, j’ai fait la «grève» car je pensais qu’il valait mieux attendre que de faire quelque chose d’étriqué qui n’aurait fait que renforcer ce repli sur soi que je combattais.
En grève sur le plan culturel, délégué au tourisme au plan communautaire (hors compétence commune), il ne me restait que les associations dont j’ai toujours cherché à défendre les intérêts notamment lors des votes de subvention.
On me reprocha ainsi de faire peu de choses, alors que si peu de choses m’étaient confiées !
Quand j’avais un dossier intéressant, je trouvais le temps malgré mes obligations professionnelles, lorsque je n’eus plus rien, je n’avais plus de temps ! Je me suis parfois ennuyé.
Mais arrêtons là ces élans rousseauistes. Nous avons ri, aussi, nous avons eu des discussions passionnantes et passionnées, sur l’Europe, sur l’agriculture, sur l’environnement, sur un peu tout !
Et si c'était à refaire, je le referais.
 
Nous avons assisté à la présentation de la liste hier, qui s’est bien renforcée avec notamment l’arrivée de jeunes femmes aux compétences pleines de promesses.
Je suis convaincu que l’alchimie de cette nouvelle équipe fera aussi bien là où nous avons réussi et mieux là où nous avons échoué.
Au maire, aux anciens qui restent, aux nouveaux qui arrivent, le «journaleux d’un élu de campagne » leur souhaite d’abord d’être élu et une pleine réussite dans la conduite des affaires municipales.
 
Le petit feuilleton du « Journal d’un élu de campagne » s’achève ici.
Pardonnez l’outrecuidance de son auteur qui signe ci-dessous, le 23 février 2008 :
 
Bernard Gueit, brûlonnais.
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 17 février 2008
From guardian.co.uk
“February 9 2008 A huge fire has destroyed a large section of London's famous Camden market, including the Hawley Arms a favourite haunt of celebrities. Hundreds of people had to be evacuated when the blaze engulfed the market early on Saturday evening. The worst-hit areas were storage properties and kitchens and the Hawley Arms pub, popular among celebrities including Amy Winehouse, Sadie Frost and Pete Doherty.The landlady, Ruth Charles-Ridler, said she was devastated: "Everyone I've spoken to is in complete shock." No one was hurt in the fire but police say parts of Camden Town will be closed for the next three or four days as structural engineers assess the damage.
 
A la mémoire de John, le vieil irlandais un peu clochard du Hawley Arms, ce pub où j’allais presque tous les soirs dans le quartier de Camden Town. Pour ses réparties, pour son humour et parce qu’il m’encourageait à écrire et à ne pas devenir comme lui, à dormir dans les pubs après avoir vidé les fonds de pintes. « Guess who’s my favourite french writer ? » m’avait-il demandé. Je ne sais pourquoi, j’avais pensé à Céline. « Clever, boy ! «  On avait de longues conversations sur la poésie. Il chantait en français « le bateau des îles, le bateau des amoureux » Puis, un peu plus tard dans la soirée, quand la Guinness avait fait son effet, il déclarait qu’il allait écrire l’histoire de sa vie…si quelqu’un pouvait lui rappeler ce qu’il avait fait durant les 20 dernières années. Il m’avait dit (c’était à la fin des années soixante-dix)« Plus tard, you 'll remember the old man ». That was at the Hawley Arms, Camden town, North London, 1979.
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 27 janvier 2008
Le soir de cette fameuse élection où les choses s’étaient passées dans une relative confusion laissa peu de rancune. Les réactions avaient été épidermiques, la déception ayant été à là hauteur de la victoire promise. Alors le tout nouveau conseiller général fit son travail de conciliation, préparant avant tout la succession de Guy à la présidence de la communauté de communes, charge que le nouvel élu ne pouvait pas briguer ayant fait à l’époque campagne sur le thème d’un non cumul.
Les réunions préparatoires installèrent Gilbert comme candidat favori à la présidence de la communauté de communes.
Guy, avec élégance, accepta de démissionner de son poste d’adjoint pour que Gilbert puisse, à Brûlon retrouver le sien.
Mais pour qu’il retrouve son poste de premier adjoint, il nous fallut tous les trois démissionner. Sinon, Catherine devenait premier, moi deuxième et Gilbert, numéro trois.Je le fis moi aussi, plus par discipline que par réelle réflexion. Qu’on le veuille ou non, c’était quand même un peu galvauder la démocratie. Car après avoir démissionné, nous nous représentâmes, dans l’ordre, Gilbert, Catherine et moi. Le conseil réagit sans doute aussi par discipline et pour ne pas en rajouter à ce qui semblait être un joli couac en ce début de mandat, alors que la liste avait été élue unanimement au premier tour. Il élut les trois adjoints, comme proposé.
Tout le monde s’accorde pour dire que cela ne laissa pas de trace. Globalement, c’est vrai. Sauf que, par définition, tout événement laisse des traces. Même quand on les oublie. Il est par contre très difficile d’en suivre le mince cheminement à travers toute la vie d’un groupe d’individus réalisant une tâche commune. Et il est également très hasardeux de vouloir  mesurer une part de confiance perdue ou retrouvée.
L’essentiel, c’est que l’équipe s’était ressoudée et pouvait se mettre au travail.
Très bientôt, ma vision du bilan de ce mandat et les perspectives ouvertes, dans un ultime article, avant de ne pas gêner localement ceux qui se préparent  à l’élection municipale des 9 et 16 mars.
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 6 janvier 2008

Cet après-midi, le sapin qu’on démonte, les santons de la crèche provençale qu’on range, qui me regardent. Ils sont tous là, ces personnages haut en couleurs de nos villages de la fin du 18ème   et du 19ème siècle : le Maire, le « boumian », le curé, la gitane, le bourgeois, le berger, le meunier, le chasseur, le pêcheur, l’aveugle, le couple de vieux,  le tambourinaïre.. et tous les autres. Ils sont tous là les « petits saints », d’où leur nom provençal de « Santouns ». Je tiens un bout de l’enfance entre mes doigts. « Dins lou lume trelusènt, Prouvènço canto lis argelo: la roujo, l'ocro e la jauno. La Biblo raconto que Diéu pastè l'ome dins aquesto terro. Prouvènço raconto lou santounié pastant lou santoun emé l'argelo quouro es encaro espoumpido d'aigo e de soulèu . E tout lou gàubi dóu santounié se capito dins uno espressioun, un gèst, uno óufrèndo, un mestié,di coulour - beluguejanto, unenco - un biais primitiéu fa de franqueta e de simplesso founso. La moulounado di santoun es variado que noun sai, soulet a dre de ciéuta, alentour di persounage de la tradicioun evangelico, li pichot mestié , lou pichot pople de la carriero tóuti pourtaire d'óufèrto » Je rapproche cette émotion fugitive du beau texte de Fra Angelico que nous a offert Yvon le Men dans l’Ouest-France daté des 5 et 6 janvier. (Lisez la presse locale, Ouest-France, Maine Libre et Les Nouvelles, vous serez surpris de tout ce qu’on y apprend).

« Ami ..(…)..La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au dessous de son enveloppe, que, vous vous apercevrez que la Terre ne fait que recouvrir votre Ciel. Courage donc pour le réclamer. Mais vous avez  du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie. Ainsi en ce jour de Noël, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations, mais avec la prière : que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient. »

 
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 5 janvier 2008

Lors de la cérémonie des vœux, nous avons eu l’occasion de mettre en valeur les personnes qui contribuent à la bonne marche de la commune (employés municipaux, animateurs).

Pour cette fin de mandat, nous avons choisi, Catherine, Bernard et moi-même (ils ne le savent pas encore !) de braquer le projecteur vers les conseillers municipaux.

Ils sont là, comme ils ont été présents à toutes les réunions de conseil, aucun abandon, aucune démission.

Au cours de ce mandat exceptionnel de sept années, prolongé pour cause d’élections nationales, cela représente 77 réunions municipales, beaucoup de décisions, un budget en million d’Euros,  Un conseil municipal, c’est un peu, comme un conseil de Sioux, chacun a égalité de parole et de voix.

Le Maire, avec ses adjoints, insuffle des orientations, fait des propositions, prépare les décisions. Mais n’oublions pas que le dernier mot revient au conseil municipal : que ce soit, à main levée ou, si un seul conseiller le demande, à bulletin secret. L’assemblée exprime par ce vote sa décision qui est rendue publique.

Petite anecdote qui montre bien qu’il faut savoir faire preuve d’humilité :

A deux reprises, le Maire et moi-même, avons été confrontés à un vote à main levée où nous nous sommes retrouvés seul contre tous. Notre réaction a été de battre en retraite avec le sourire.

Reflet de la diversité de la population, le Conseil est aussi le miroir du maire. Les conseillers renvoient ce qu’ils reçoivent et savent parfaitement faire la différence entre une proposition travaillée, mûrie en commission et quelque chose qui leur est apportée à brûle-pourpoint.

Modérateur, garde-fou, débatteur, décideur, ainsi doit être le rôle d’un conseil municipal.

Cette responsabilité, nos conseillers l’ont assumée avec sagesse et sérieux.

Je prendrai, pour seul exemple, celui du Plan Local d’Urbanisme (ancien POS).

Ce sujet peut diviser.

Il y a des intérêts, parfois contradictoires en jeu.

Et puis, on discute !
On va sur le terrain !

On fait un bout de chemin ensemble !

On remet sur le tapis les points qui fâchent !

On débat encore !
On amende !

Et peu à peu la grande tendance se dégage, la décision se dessine, le travail fait passer d’une large majorité à l’unanimité.

Rien n’oblige qui que ce soit à être conseiller. Il s’agit d’un engagement personnel et volontaire. La démocratie est heureuse de trouver des femmes et des hommes venus de divers horizons, prêts à donner de leur temps pour que les collectivités soient gérées comme elles le sont aujourd’hui.

Nous avons le privilège, contrairement à nos voisins anglo-saxons notamment, de délibérer à l’échelon communal, des orientations budgétaires.

Cette capacité de décision, cette liberté de débattre, cette tolérance, dans les convictions, sachons la garder…..

 

Nous vivons dans une démocratie, nous nous devons de la préserver !Notre réussite réside dans l’échange d’idées, la concertation, la solidarité et la volonté de faire évoluer notre collectivité en préservant encore et toujours cette diversité qui rend chacun de nous unique et respectable.

Pour ma part, j’ai vécu sept années de bonheur, je remercie aussi mes deux collègues adjoints avec qui j’ai eu beaucoup de plaisir à œuvrer dans l’intérêt de notre village.

Pour autant, je n’en n’oublie pas mon maire qui a su mener cette équipe municipale, tout en sachant puiser en chacun de nous ce qu’il y a de meilleur.

 

Daniel, Gilbert, au nom du conseil municipal, te transmet nos vœux les plus sincères.

 
 
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 31 décembre 2007

Le 18 mars 2001 (jour anniversaire de la commune de Paris de 1871), Fabien (Divers Droite) battait Guy (Divers Droite) par le score sans appel de 58, 5% contre 41,4% et 35, 11 % d’abstentions. Cette défaite sévère portait un coup d’arrêt à une ambition politique.

L’élection du maire eut lieu dans la foulée. C’est l’une des rares séances où il y a de la galerie. Le public a été rarement présent lors de nos débats, sauf intervenants ou personnes concernées par une délibération.

La tension était perceptible. En préparation à cette élection, des entrevues, échanges avaient eu lieu, auxquels je n’avais pas participé. Je ne fais donc qu’en rapporter les conclusions,  à savoir qu’il était entendu que Daniel et Gilbert, qui l’un comme l’autre pensait pouvoir l’emporter, se présenteraient simultanément au poste de premier magistrat de la commune de Brûlon. Et que celui qui ne serait pas élu se présenterait au poste de premier adjoint.
Je crois me souvenir avoir glissé à Gilbert, alors que chacun prenait sa place « Être ou ne pas être, voilà la question ! » et qu’il me répliqua « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ! »
On procéda à l’élection. Auparavant Guy, qui occupait (protocole) la place du maire en bout de table, voulut dire quelques mots pour préciser en s’adressant au public qu’il ne serait pas candidat contrairement à ce que certains avaient pu colporter. Cette intervention crispa fortement Gilbert dont la tension intérieure à ce moment était vive. A l’appel à candidatures, les deux candidats se déclarèrent, ce qui déclencha frissons et murmures dans le public.

Chacun de nous vota sur de petits papiers. Le dépouillement commença : Gilbert, Daniel, Gilbert, Daniel, …..A la fin, 8 contre 7 en faveur de Daniel. Guy lui proposa immédiatement de prendre sa place. Visiblement ému, le 40ème maire de Brûlon indiqua qu’il parlerait un peu plus tard.

Alors, on procéda à l’élection des adjoints. Comme convenu, on s’attendait à ce que Gilbert se porte candidat au poste de premier adjoint. Mais déçu et vexé, il fit la tête qu’il  secoua négativement. Alors Guy lui souffla la place. Le poste de deuxième adjoint revenait à Catherine qui l’obtint sans difficulté. (Gilbert refusant toujours de se porter candidat). Troisième adjoint : ce pouvait encore être lui. Je me penchais vers lui, mais il ne voulut rien entendre. Guy et Daniel me firent signe. Je me portai candidat. Au premier tour, majorité relative. Au deuxième tour, toujours majorité relative. Il y aurait du avoir un troisième tour. Mais la secrétaire de Mairie, perturbée par cette séance peu courante, me déclara élu au deuxième tour. Personne ne dit rien dans le conseil, seul un ancien maire, dans le public, me le fit remarquer. Et voilà quels furent mes débuts dans l’arène !

Les photos que la presse fit pour annoncer la nouvelle municipalité témoignent de notre désarroi : les mines déconfites des uns et des autres montrent qu’après la belle unité, ce n’était pas le scénario envisagé. Qu’allait-il bien se passer ?

La suite au prochain numéro !       

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 29 décembre 2007

En l’absence de Lénine (voir article précédent), nous eûmes, me semble-t-il, une ultime réunion de la liste pour analyser la situation. (les témoins de ces péripéties peuvent contribuer à corriger ce qu’il ne faut prendre que comme une contribution sans prétention à la mémoire de l’histoire locale)
Guy devait-il s’accrocher au deuxième tour ? Quelle était la cause de sa défaite ? Guy payait peut-être la frustration des Brûlonnais vexés qu’il choisisse des postes plus prestigieux que « simple maire » ? Les élus communautaires lui reprochaient-ils ses méthodes ? Etaient-ils encore victimes du syndrome « Brûlon va tout récupérer au détriment des petites communes ? ». Les cousins saboliens se méfiaient-ils d’un pôle Loué-Brûlon, moins politiquement souple que celui dont ils ont finalement hérité ? Mais on eut beau refaire le match, le résultat resta inchangé ! Alors, quelque chose éclata au grand jour. Gilbert apporta froidement son analyse : « Brûlon doit peser fort sur la conduite des affaires de la Communauté de communes, car les élus Brûlonnais ont une expérience de la gestion de la zone industrielle, ont une maturité dans ce domaine que n’ont pas encore tous les collègues élus communautaires. Les gros projets (comme la salle des fêtes) doivent être portés par la Communauté de Communes car une grande partie des ressources qu’avait créées Brûlon ont été logiquement transférées, avec la compétence économique, à la Communauté de Communes. Or, pour briguer le mandat de président de communauté de communes, mieux vaut être maire de Brûlon. » Et Gilbert se tourna alors vers Daniel : « Auras-tu, si tu es maire, l’ambition d’être aussi président de la Communauté de Communes ? » Daniel s’était complètement concentré et projeté dans la fonction de maire dont il se faisait une très haute et très belle idée, la Communauté de Communes, c’était autre chose.

Alors, si Daniel ne briguait pas la Communauté de communes et qu’il fallait, pour qu’elle n’échappe pas à Brûlon, que le maire de Brûlon soit candidat, la conclusion allait de soi : Gilbert se devait d’être candidat au poste de maire de Brûlon.
En tout cas, c’est ainsi que les choses (toujours en l’absence de Lénine) nous furent présentées.

La suite au prochain numéro.

 
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Jeudi 27 décembre 2007

Le premier tour des élections municipales et des cantonales se déroula le dimanche 11 mars. La liste (les 15) à laquelle j’appartenais fut élue en bloc dès ce premier tour. C’était un excellent résultat, mais notre joie fut contrariée par la contre-performance de Guy, distancé par Fabien. (43, 6%  contre 40, 1%). Que s’était-il passé ? Guy était Maire de Brûlon, président de la Communauté de Communes, plutôt gagneur que perdant. Fabien était certes très honorablement connu mais sans expérience politique. Les deux candidats avaient, au premier tour, le soutien de la  majorité départementale. Avaient-ils ce soutien de façon totalement équitable ? Ou l’un d’entre eux était-il plus en faveur ? Dans ces élections, beaucoup plus contrôlées politiquement que celles des maires de communes rurales, mieux vaut être discipliné qu’électron libre. Malgré son habileté et sa baraka, Guy n’était pas dans le moule. Il subit l’échec avec cette résistance à la frustration qu’ont les grands commerciaux. (1% de part de marché, ça veut dire qu’on vous ferme la porte au nez 99 fois sur 100 : si vous vous arrêtez à la trentième porte, il faut changer de métier). Il se réfugia, entre les deux tours, dans la peinture. Mais cet échec modifiait la donne. Il y avait d’une part une liste municipale qu’il avait suscitée et, d’autre part, la perspective d’être battu aux élections cantonales qui empêcherait politiquement sa réélection à la Communauté de Communes.

Alors, que faire ? Comme aurait dit Lénine.
La suite au prochain numéro !           

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mercredi 26 décembre 2007
 

En 2001, le contexte était un peu compliqué. Guy, maire sortant et président de la Communauté de Communes se présentait au Conseil Général. Son argument, un peu en avance à l’époque, reposait sur le fait que les fonctions de Conseiller Général et de Président de la Communauté de Communes étaient proches au point de se confondre. De ce fait, il lui était difficile de briguer le mandat de maire de Brûlon. Ce choix était aussi lié à sa personnalité, plus enclin à prendre en main les leviers de l’action qu’à vivre la proximité immédiate des citoyens, malgré son attachement viscéral à Brûlon.

Mon soutien lui était entier, comme l’était depuis le départ mon soutien à Daniel.

Cependant, lors des différentes réunions préparatoires à l’élection (casting final de la liste, « promesse », i-e, « document programme » à l’intention des électeurs), ce n’était pas clair du tout. Un flou était entretenu, concernant la personne qui endosserait la fonction de premier magistrat.

Lors d’une réunion chez Guy, j’avais à la fin, en bon néophyte, posé la question essentielle : « Si nous l’emportons, qui sera le maire de Brûlon ? », Guy avait répliqué : « On mange la galette ! »
C’était une soirée où on n’y voyait plus très clair. Chez Daniel, nous avions mangé des rillettes et fait un peu de musique, mais nous ne se nous satisfaisions pas de cette situation.

Alors, la semaine suivante, chez Catherine, j’étais décidé à mettre les pieds dans le plat. Et à être positif. Plutôt que de s’ébrouer à chercher toutes les raisons pour lesquelles l’un moins que l’autre n’aurait pas la carrure, mieux valait mettre en avant les raisons qui me faisaient soutenir Daniel. Je ne me rappelle plus le détail de ce que j’ai pu avancer, mais en gros ce sont les mêmes raisons qui ont fait qu’il s’est très facilement affirmé comme le 40ème maire légitime de Brûlon. Aucun des arguments apportés par les sceptiques ne tient la route sept ans plus tard. Guy avait indiqué qu’il souhaitait que Daniel lui succède. Mais on sentait aussi, d’une façon très diffuse, une certaine défiance vis-à-vis de Guy. Pourtant, je pensais que son projet politique avait du sens et je n’imaginais pas que des brûlonnais responsables puissent, même secrètement, souhaiter sa chute. Mais ce sont les hommes (et les femmes) qui font la politique.

Au cours de cette réunion, on parla des adjoints. Je compris à travers les objections à ma candidature que des camps étaient constitués : on ne voulait plus de Guy et de ses préoccupations culturelles, ni de son projet de rapprochement avec Loué. J’aurais mieux accepté des ambitions portées par d’anciens conseillers qui auraient en bon droit fait valoir sur mes prétentions une expérience qui me faisait défaut. De curieuses alliances faillirent se nouer ! Au final, la personnalité de Daniel semblait se dégager. Je n’avais pas de visibilité sur un poste d’adjoint. ; Nous avions un peu avancé, semblait-il, mais sur la « promesse », il avait fallu un peu en rabattre, question patrimoine et culture ! En façade, l’unité semblait parfaite.
La suite nous rappela cette bonne vieille maxime des luttes politiques : « On n’est pas faible parce que divisé, on est divisé parce que faible ! »
La suite au prochain numéro : Malheur au vaincu !

 
 
 
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Mardi 18 décembre 2007
  Lorsque Daniel me fit un appel du pied pour rejoindre la liste à laquelle il appartenait pour les élections municipales de 2001, j’en fus naturellement flatté. Il y aurait beaucoup à écrire sur ce penchant masculin à se sentir important avec pas grand-chose, mais nous n’y pouvons rien. Pour la même raison que le léopard meurt avec ses taches, il y a quelque chose en nous de Tennessee.

Cependant, je réfléchissais. Et il me paraissait assez peu sérieux d’envisager une candidature sans projet ou, a minima, sans ligne directrice. Afin d’apporter une réponse un tant soit peu formalisée, j’ai rencontré Guy et Daniel pour leur exposer la vision que j’avais à l’époque d’une action culturelle en milieu rural. Car, il faut que je vous précise que c’est sur ce périmètre que j’étais censé apporter de la nouveauté.


J’avais une vision idéaliste (à quoi ça sert de se lancer dans l’action sans idéal ?) que j’avais posée sur le papier en vue de cet entretien. Il est, fidèlement, reproduit ci-après :    

Pour une politique, en milieu rural, de la culture qui a pour objectif à Brûlon :

1-       la qualité de la vie des habitants (enfants, adolescents, adultes actifs et retraités)

se traduisant par :

- des activités accessibles à tous

- des manifestations pour découvrir

- des spectacles pour se détendre

- des moments conviviaux pour bien vivre à Brûlon

           

2-       une amélioration méritée de la notoriété de Brûlon s’appuyant sur :

- la mise en valeur du patrimoine

- l’hébergement / organisation en pays Brûlonnais de manifestations reconnues

- une qualité de l’accueil 

Les clés du succès :
 

-          l’écoute des habitants

-          l’ouverture vers l’extérieur :

-          communes de la communauté Vègre et champagne et Communauté de Loué

-          partenariat

-          mise en réseau des entités organisatrices de manifestations culturelles en milieu rural
     


Je ne renie rien. Les choses furent plus dures que je ne l’avais imaginé. J’ai manqué aussi d’un soutien que je tenais alors pour acquis, celui de Guy, avec l’ouverture sur Loué qui me paraissait indispensable.Daniel et surtout Guy n’ont pas vu d’objection à cette orientation très sommaire et très solitaire.On parla aussi sérieusement de mon positionnement au sein de l’équipe municipale. Très franchement, je considérais que le temps nécessaire à ce que l’on attendait de moi méritait compensation financière. Il est évident pour toute personne élue au sein d’un conseil municipal qui prend à cœur sa mission, qu’elle ne pourra le faire qu’au détriment de sa vie familiale et/ou de sa vie professionnelle. Sans aller jusqu’à professionnaliser le « métier », il n’est pas anormal qu’une rétribution financière compense ces sacrifices. C’est donc, sans scrupule aucun, et aussi parce que je voulais peser sur les orientations que j’ai sollicité immédiatement un poste d’adjoint. Les choses n’étaient pas très claires concrètement, Mais il n’y avait pas d’objection, restaient à voir les modalités pratiques. On parla alors d’un possible quatrième adjoint.

C’est avec cette perspective que je me rendis en toute innocence aux réunions préparatoires à la finalisation de la liste, à l’écriture de la « promesse » et à bien d’autres choses pour lesquelles l’apparente bonhomie de nos quiets villages ne se laisse en rien dépasser par les villes retorses.

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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