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Europe

Mardi 15 novembre 2005

 Pendant le débat sur la constitution européenne (débat qui n'est pas clos !), le journal  hebdomadaire "Les Nouvelles" a ouvert une rubrique aux citoyens pour qu'ils s'expriment sur le sujet. Une semaine, quelqu'un en faveur du "oui" et la semaine suivante, quelqu'un en faveur du "non". Le jeune journaliste des nouvelles qui en avait eu l'idée m'a confié que son patron ne croyait pas trop que les élus locaux se "mouilleraient".

Par chance pour lui, et c'est tant mieux, il n' a pas eu de dificultés à trouver les personnes, engagées dans la vie de la cité pour s'exprimer.

François Beaugey, un type bien,  d'Asnières, professeur d'espagnol en retraite, humaniste et homme de théâtre s'était lancé parmi les premiers en titrant, en faveur du non, "déclaration de guerre".

Parce que j'apprécie cette personne, j'avais répondu par un autre titre, cette fois en faveur du "oui", "déclaraton de paix."

A venir : ces deux articles sur un sujet dont on reparlera !

     

 

Par bernard gueit
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Mardi 15 novembre 2005
Traité de constitution Européeene
 
FRANCOIS BEAUGEY, d'Asnières sur vègre et partisan du non  « Déclaration de guerre »
 
Je suis viscéralement Européen. Mais je suis hostile à l’esprit de ce Traité de Constitution. Les deux premières parties du rexte débutent par de très beles déclarations de principe, je ne peux le nier. Mais le texte tel qu’il apparît dans la troisième partie,  est une véritable déclaration de guerre qui soumet toute politique à la loi impitoyable du marché. Je veux que l’Europe soit un phare social pour le monde avec des services publics qui servent l’homme et non les marchés.
 
Je m’adresse aux jeunes. J’ai beaucoup de petits enfants et je pense surtout à eux. U jeune qui fait la lecture de ce projet est bercé entre l’ilmlusion idiote de devenir multimilliardaire et celle, beaucoup plus plausible, de devenir un exclu de la société.
Ce traité n’offre rien de nouveau aux jeunes. Il propose uniquement de s’asseoir sur le ventre de ses voisins. Le modèle de société dont s’est inspirée cette Constitution, c’est le modèle ultra libéral américain. Paupérisation, criminalité, guerre internationale, sous couvert de mensonges… C’est ce que tout le monde peut constater. Est-ce vraiment cela que l’on souhaite à l’Europe ? Je ne pense pas.
Pour moi, le traité est ringard. C’est le travail d’un groupe de persones très âgées. Il n’y a dans ce projet aucun enthousiasme alors qu’il devrait en déborder. L’Europe a été le berceau de l’humanisme. L’Europe dont ont besoin les générations à venir est une Europe de l’entente, de la solidarité et du travail dans la coopération, pas dans l’hostilité.
 
Mes modèles européeens sont Vincent de Paul, Montaigne et Cervantès. C’est un humanisme qui permet de se rencontrer. Il s’adresse aussi bien aux croyants qu’aux agnostiques. On nous dit ici et à Paris qu’être partisan du « non » est une connerie (je passe sur la discourtoisie). J’y vois le signe d’une agressivité fondamentale chez les partisans du Oui.
Je suis surpris. Les médias anoncent que le Non va déclencher un cataclysme. Pourquoi prendrait-on le risque de remetre entre les mains du peuple français la possibilité de déclencher un tel péril.
 
(article publié dans « les Nouvelles », propos recueillis  par Samuel Quignon)
 
 BERNARD GUEIT , de Brûlon, et partisan du "Oui"« Déclaration de PAIX »
 
Regardez les monuments aux morts de vos villages. Vous y lirez votre nom. Demandez vous quel âge avaient ces malheureux et si pour eux l’Europe était trop libérale ?
 
C’est sur les ruines encore fumantes, vestiges de ce désastre humain, que fut la succession des deux guerres mondiales (le monde contre le monde) qu’est née l’idée d’une Europe en paix.
 
Car l’Europe est une idée, une idée en marche, qui ne s’arrête pas à la ratification d’un traité, ou à l’adhésion d’un pays.
 
La paix, les droits de l’homme y compris des personnes appartenant à des minorités, les droits de l’enfant, l’égalité entre les sexes, la non discrimination , la liberté d’opinion, de culte, la peine de mort exclue du jugement des hommes, l’état de droit, la démocratie,  cela fait-il peur ? Et un niveau élevé de protection de la santé, de protection environnementale, faut-il être contre ?
 
Les partisans du non critiquent le titre III, c'est-à-dire, ce qui existe déjà, et qui est repris dans le projet de traité constitutionnel.
Quand nous étions enfant, quand nous venions nous plaindre pour des broutilles, ma mère qui avait connu la guerre et la faim dans Toulon occupé nous disait : « Il ne vous manque que les puces pour vous gratter ! »
Comment oser dire que le bilan de l’Europe est négatif ? Les fonds structurels européens ont permis à l’Espagne de se développer à la sortie de l’anesthésie Franquiste et aujourd’hui c’est une locomotive, le modèle social européen est-il si mauvais qu’il ait poussé les peuples
des républiques socialistes à abattre le mur qui les séparait de la liberté, et que dire des malheureux du monde entier, prêts à prendre le risque de mourir en fuyant la famine et la guerre  dans l’espoir d’une nouvelle vie. ?
Brûlon aurait-il eu sa réserve d’eau  et Loué son centre culturel sans une aide à hauteur de 25% des fonds européens ?
Le pacte de stabilité, qui permet de faire converger les économies, l’Euro qui dans sa zone supprime les aléas financiers du risque de change, la politique agricole commune qui a soutenu massivement la modernisation de l’agriculture et particulièrement l’agriculture française, et a représenté la plus grosse part du budget de l’union, l’Europe de la culture (voyez les beaux projets de Sablé avec Prague), l’Europe des universités avec le LMD qui permettra à tout étudiant d’aller faire sa troisième année de licence dans le pays de l’union de son choix et à cela va s’ajouter avec le traité pour la constitution la nomination d’un ministre des affaires étrangères pour la conduite d’une politique commune dont le monde a tant besoin.
Pour fonctionner à 25,  puis à 27, puis à 30 l’Europe a besoin de se doter d’un mode de fonctionnement.
Définir ce qu’est une majorité qualifiée, mettre plus de démocratie participative, mieux définir les rôles des différentes institutions qui la composent. C’est cela l’enjeu .
 
On ne pèse pas la jeunesse d’une idée à l’aune de l’âge de celui qui la porte, mais on peut mesurer l’âge d’un homme à la jeunesse de ses idées. L’Europe est une idée jeune parce qu’elle est mouvement. Dire Oui, c’est marcher debout les yeux ouverts, en apportant sa pierre à un  monument pour la paix.
 
(Article paru dans les « nouvelles » propos recueillis par Samuel Quignon)
 
Par bernard gueit
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Mercredi 26 avril 2006

Il me semble que le blog n’a pas pris beaucoup de temps pour parler du programme leader +. Si ce n’était pas le cas, considérons que je radote, ou que j’ai besoin d’un administrateur. Au risque donc de radoter, résumons : le programme leader + est un programme européen (Et oui, l’Europe redistribue !) encourageant les actions sur le thème de l’eau. Dans ce programme, il y  a plusieurs types d’actions identifiés, et chaque projet doit s’inscrire dans l’une de ces actions. Cela va d’études concernant la rivière, à des manifestations culturelles ou festives (Les Bouillonnantes) autour et sur le thème de l’eau, l’aménagement de rives ou de chemins, la réalisation de pontons pour permettre aux bateaux d’accoster, de rénovation de moulins, etc. Les fonds sont attribués au pays, un suivi de la programmation de ces fonds est effectué régulièrement, et il arrive que des réaffectations soient faite au niveau national si une pays a insuffisamment programmé. En quelque sorte, la réalisation du plan est une « ardente obligation »

Pour gérer ces fonds et les attribuer de la façon la plus judicieuse qui soit, un GAL (Groupement d’action locale) a été constitué dans le pôle Vallée de la Sarthe.

Ce groupement composé d’élus locaux, mais aussi de techniciens, de membres de la société civile qui  jouent un rôle vis-à-vis de l’Eau ou qui y ont un intérêt, valide en dernier ressort le dossier proposé et le montant Leader + alloué. J’y siège, non pas en tant qu’élu au conseil municipal de Brûlon, mais en tant que président du Syndicat d’initiative. Marie Le Goulven y siège aussi en tant que présidente d’association référent dans le pays Vallée de la Sarthe. Le comité de programmation se réunit régulièrement. Les participants reçoivent auparavant des fiches comprenant la description du projet, l’action du programme auquel il se rattache, le budget global et le plan de financement.

Les fiches mentionnent également les avis du comité technique qui, outre garantit

la conformité du projet à l’objectif du programme, émet les éventuelles réserves, alertes, ou conditions. De nombreux projets sont ainsi présentés et vous verrez autour de vous dans la Vallée de la Sarthe fleurir la mention " réalisé avec le concours européen des fonds leader +)."

En ce qui concerne Brûlon, des travaux au camping, l’étude de requalification du plan d’eau, le traitement de la turbidité (aucune crainte sur les atteintes aux bonnes mœurs ou à la morale publique) dans la zone de baignade et surtout le projet que M Le Maire a présenté à JF Lamour, ministre des sports, résultant de l’étude de requalification, sont soutenus par Leader +. La réunion du groupement est l’occasion d’échanger entre acteurs divers, du responsable de la police de l’eau aux associations de pêcheurs, aux maires, aux présidents d’association sur ce thème qui évoque la pureté, mais aussi l’âpreté des intérêts contradictoires qui le traverse, dans un climat d’écoute d’expressions parfois très affirmées, mais toujours respectueux.

Je ne sais pas si nous aurions été capables d’inventer ce mode de fonctionnement démocratique de proximité sans l’Europe. Il me semble que notre France très jacobine, très centralisée (même s’il y a eu beaucoup d’efforts de faits depuis G Defferre jusqu’à JP Raffarin) reste une exception en Europe. La répartition de la population reste quelque chose de dramatique. Tous les chemins ne mènent pas à Rome, mais à Paris !

Aussi, ce bout de chemin que nous faisons ensemble dans le pays Vallée de la Sarthe et au bord de l’eau, est une bouffée de fraîcheur démocratique et un sérieux coup de pouce à nos projets !    

Par Bernard Gueit
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Mardi 9 mai 2006

J’aime pas les anniversaires, mais j’aime ben les lampions ! Si j’aime retenir les dates, toutes les dates, celles des grands comme celles des petits événements, c’est que derrière les anniversaires,  on entend couler « la cataracte du temps ». Un an, deux ans, cinq ans, dix ans, vingt ans, cinquante, cent, mille, deux mille, 10 000 , 100 000, 1 million de secondes, de minutes, de jours, d’heures, d’années, de siècles. Nous ne traversons pas le temps, il nous habite, il nous tisse ce costume à la mode fait de pensées fragiles, de moments inoubliables, de coquetteries, de souvenirs, de photos d’écoles, puis il nous pose là, sans prévenir, sur le bord d’une route où nous voyons passer des danseurs, un œillet à la boutonnière, qui évoquent entre eux le bon vieux temps devant les rires étouffés des enfants. Ephémères ? Nous sommes des éphémères ? C’est pourquoi nous avons beaucoup d’admiration pour ceux qui, dans un espace de temps assez court (que représente une cinquantaine d'années pour la houle de l'histoire?), ont eu l’intuition, le génie et la force de faire surgir une idée, de la protéger contre la violence des vents mauvais en automne, la maintenir en vie malgré les obstacles et qui surent trouver assez d’amis, même après qu’eux-mêmess fussent morts,  pour que l’on n’enterrât point cette idée avec eux. Cette idée, c’est l’Europe dont nous connaissons mal l’histoire. Nous l’avons peu apprise à l’école : c’est une histoire récente. On nous explique à la télé, à la radio, dans les journaux (n’oubliez pas de lire l’excellente presse locale " Ouest-France, Le Maine Libre et l’hebdo les nouvelles", autant pour les infos générales que pour les locales, grâce à la qualité de nos correspondants locaux), que le 9 mai 1950, Robert Schuman avait proposé la création  d’une fédération européenne fondée sur l’unification économique. Mais cette action avait été précédée de beaucoup d’autres réflexions dans l’histoire de notre civilisation, et pour en parler en n’oubliant personne, il faudrait être beaucoup plus savant que moi. Mais nous le savons : l’Europe est vieille comme le monde et comme le monde, elle a du mal à dépasser ses contradictions. Que lui souhaiter en ce jour anniversaire ? Une seule chose, à mon avis, c’est d’exister ! Exister en tant que réalité politique car c’est la seule existence qui vaille pour les pays ou les territoires qui veulent se penser ensemble (conscience de soi) et agir. La critique aujourd’hui galvaudée des « hommes politiques » est l’exaspération en creux du désir de politique. Il y a un besoin de comprendre et d’être acteur, pas de subir. Loin de traduire la désaffection à l’égard de la res publica,  le peuple dans sa vindicte parfois expéditive cherche d’autres motifs pour reprendre la main. Cette réalité politique de l’Europe a été niée, par le passé, pour dire selon le gré du vent soit qu’elle était un préalable à tout (postulat rédhibitoire), soit qu’elle serait inatteignable (enterrement de première classe). Or, la réalité est beaucoup plus simple : les commissaires ont fait du bon  travail en avançant sur le plan technique tout en déminant le terrain politique. L’être détermine la conscience. Les choses étant, on les pense, on y apporte de l’intelligence, du sens. Mais le pas de plus qui permet de franchir une étape, de commencer à se penser comme espace de citoyenneté où le libre échange, la sécurité, la solidarité, et surtout l’action dans le monde au-delà des frontières, nécessitent que l’Esprit s’appuie sur une communauté d’hommes et de femmes décidant ensemble leur avenir, ce petit pas de géant,c’est la construction de la gouvernance politique. C’est cela que l’on souhaite à L’Europe, de construire sa gouvernance. Et oublions le récent échec de la Constitution Européenne  : il n'est qu'un avatar dont les raisons  compréhensibles et honorables n’ont rien à voir avec le projet politique dont l’Europe a besoin pour exister et porter chez elle comme dans le monde des valeurs de paix, de respect, d’humanisme et de solidarité.

Comme Beethoven aurait dit, au moment de sa mort : «  Muss es sein, Muss es sein ? »(sera-ce, sera-ce ?)    

  

Par Bernard Gueit
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Jeudi 14 mai 2009

C’est un vrai scandale de démocratie politique. Alors que nos gouvernants, nos représentants savent parfaitement (ils l’ont expérimenté) que l’essentiel, désormais, de ce qui va affecter notre vie quotidienne de travailleur, de citoyen, de parent, d’homme et femme du continent politique européen, est décidé par la gouvernance européenne, qu’il il y ait si peu de responsables politiques qui se fassent un devoir de pédagogie démocratique est atterrant. Honte à eux qui profitent en l’entretenant de l’ignorance du peuple. Comment peut-on prétendre le représenter quand, comme une courageuse députée européenne l’a dit, les politiques nationaux s’attribuent en toute démagogie ce qui plaît et font porter à l’Europe le chapeau des mesures impopulaires. Il est grand temps que cette génération soit démasquée, qui n’est ni de gauche, ni de droite, seulement qui actionne en permanence la marche arrière, debout sur la pédale du frein quand on a besoin d’avancer en prenant des risques. L’Europe est une idée neuve parce qu’elle est une utopie. Rien n’oblige, si ce n’est la volonté de construire un espace de vie humaine conforme à des valeurs, de faire l’Europe. Bien sûr un marché de 500 millions de consommateurs, un espace de libre-échange ça attise des convoitises. Mais l’Europe ne se réduit pas à cette seule réalité. Elle est aussi culturelle avec une histoire profondément entremêlée de guerres et aussi d’échanges de  savoirs,  d’admiration et de respect. L’Europe s’est construite sur un passé de ruines, elle ne peut réaliser son projet qu’en imaginant ses futures cathédrales, ses pyramides d’Egypte et ses absences de murs. Des murs, elle ne devra retenir que les peintures qui les recouvrent, que l’imagination qui les perce, que les foules qui les submergent.

Mais à ce jour, alors que Nicolas Sarkozy avait fait de la Présidence Française un enjeu fort en terme de levier d’action, qu’il a pu à juste titre tonitruer sur le dynamisme insufflé et certains résultats obtenus, c’est comme si, du moment que ce n’est pas lui (nous ?) qui était  en vedette, il n’y avait plus rien à dire. Les listes UMP qui caracolent en tête des sondages  sont peu connues et assez silencieuses, la plupart des listes concurrentes, en dessous de tout,  en ont fait un enjeu national antisarko. C’est assez triste. Mais pas suffisant pour ne pas voter !
D’ici les élections, on va essayer de comprendre un petit peu. Pour se faire une idée et voter le mieux possible. (Vaste programme !  Comme disait De Gaulle, à propos d’autre chose)

 

La suite au prochain numéro       

Par Bernard Gueit
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Samedi 30 mai 2009

En dépit de notre bonne volonté, nous n’aurons pas su éclairer ces élections européennes et le blog n’aura été d’aucune utilité pour faciliter en quoi que ce soit la maturation pour un vote conscient. Paresse de notre part, certes, mais aussi, réalité pendante : une campagne qui démarre arrêtée, très courte, sans explication des vrais enjeux, avec ou sans Traité de Lisbonne. C’est comme si on commençait à parler de la Coupe du Monde quinze jours avant son coup d’envoi ! 162 listes, peu ou prou, sur le territoire national pour lesquelles seulement 7 formations nationales sont présentes dans toutes les circonscriptions. Une loi électorale différente selon les pays de l’Union : il faut avoir 18 ans pour être éligible en Suède, 21 ans en Pologne, 23 ans en France, 25 ans en Italie. On vote par circonscription. Certains pays qui ont peu de députés n’en ont qu’une (le Portugal), d’autres comme la France ou l’Italie en ont 8 ou 5 pour le même nombre de députés (72). Les circonscriptions ne créent cependant pas de proximité. Qui connaît ses députés européens ? (Certes, nous ici, nous connaissons S Le Foll  qui est de Longnes !). Au parlement, les formations politiques se rapprochent et les ensembles constitués ressortent des alliances des élus des différentes listes présentées dans les circonscriptions nationales ou sub-nationales.  Cela pose un problème de fond : à quoi sert de présenter des listes par pays (circonscription) ?  Ne devrait-on pas (utopie!) voter pour des listes d’union politique communes à tous les états, charge à la formation d’annoncer l’ordre de répartition des sièges en fonction du résultat ? Ce qui compte au fond, est-ce d’être représenté par un député français ou par un député européen qui est dans votre courant de pensée ? De Villiers, Buffet  Dati, Joly  s’allieront avec leurs homologues des 27 pour orienter une politique.
Même le plus souverainiste des souverainistes, Philippe De Villiers, cherche des alliés du côté de la Lettonie et a déclaré sur Radio Courtoisie que si quelques Lettons pouvaient  être utiles à « emmerder » (sic) la commission technocratique mondialiste et libérale, alors cela valait bien quelques coups de canif au crédo nationaliste. Autant que l’électeur se prononce illico pour les courants socialistes, démocrates-chrétiens, souverainistes sans trop personnaliser l’élection. On est arrivé à faire de l’élection européenne un enjeu national ! Quelle foutaise ! Ce sont les élections nationales qui ricochent sur les enjeux européens ! Alors comment choisir entre les 7 listes ?  Il reste si peu de temps ! Je me dois de confier que je ne crois pas à la liste Esperanto qui prétend régler tous les problèmes par une langue commune non spontanée.  C’est un utopisme ringard. Mon cœur serait bien aller du côté d’Europe Ecologie, mais comment comprendre une union entre un « Noniste » (J Bové) et D Cohn-Bendit qui a soutenu le projet de Traité Constitutionnel.

Alors, il n’en reste plus que 5, comme les doigts de la main, et une semaine pour se décider !

Nous sommes quand même très loin de ça :  

Discours prononcé le 21 août 1849 lors du Congrès de la paix.

"Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Petersburg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu'elle serait impossible et qu'elle paraîtrait absurde aujourd'hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. - Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d'un grand sénat souverain qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France ! (Applaudissements.) Un jour viendra où l'on montrera un canon dans les musées comme on y montre aujourd'hui un instrument de torture, en s'étonnant que cela ait pu être! (Rires et bravos.) Un jour viendra où l'on verra ces deux groupes immenses, les États-Unis d'Amérique, les États-Unis d'Europe (Applaudissements), placés en face l'un de l'autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu ! (Longs applaudissements.)

                                                                                                                                     Victor Hugo
 

 

Par Bernard Gueit
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Mercredi 3 juin 2009

Dans la suite logique, après avoir éliminé pour les raisons exposées dans le dernier article la liste Esperanto et un peu à regret Europe Ecologie (Le NON/OUI au traité de Lisbonne n’est pas jouable politiquement, c’est se moquer du monde, on ne peut pas parler de « sensibilité », c’est trop structurant), il nous reste sur les sept formations qui se présentent dans toutes les circonscriptions de la France que celles-ci :  MoDem, UMP-NC, PS,  Libertas (Nihous-Villiers)  et Alliance écologiste indépendante (Waechter)

 

On sort Libertas, formation anti-européenne, mais qui défend de façon cohérente une position souverainiste. Et Alliance Ecologie Indépendante car, vu le contexte, faut voter utile. Il faudra bien un jour expliciter un peu plus ce qu’est ce vote utile. Avons-nous vraiment vérifié après coup qu’il l’était, ce vote utile ? N’avons-nous pas perdu beaucoup d’idées, beaucoup d’espoirs en avalant ces bonnes couleuvres sous prétexte qu’elles pouvaient avoir du poids et peser, ne serait-ce qu’un peu, sur la plateau léger de nos belles valeurs ? Mais nous devons imposer le rassemblement à nos mandataires.

 

Alors il nous en reste plus que trois, l’UMP-NC, le MoDem et le PS (sans ordre hiérarchique). Et moi qui aurais voulu ne pas en faire une élection franco-française !

 

Alors, comme Michel Rocard (indice) nous l’a conseillé à Durtal, selon l’article des Nouvelles (soutenez l’excellente presse écrite locale en achetant les journaux), ne nous compliquons pas la tâche. Peu importent les personnes, si elles vont globalement dans le même sens, le même courant et ne s’opposent pas sur les fondamentaux.  (On ne les connaît pas). Pensons aux groupes politiques qui se formeront au parlement européen. De quoi avons-nous besoin aujourd’hui ?

De régulation, d’une vision  économique qui ne s’oppose pas à la vision sociale et réciproquement. Les partis libéraux de droite (UMP-NC et MoDem) ne font que récupérer ce que les sociaux-démocrates disent depuis des années (merci Michel, je lisais « Tribune Socialiste » après 1968, l’organe du PSU, et tu étais, me semble-t-il, un poil plus radical, mais il faut bien que jeunesse se passe.)

Donc, si ce que disent les sociaux-démocrates depuis des années et que reprennent en chœur les libéraux aficionados de Jaurès et de la résistance est vrai, ne devrait-on pas, nous électeurs indécis, touchés par leur crise (celle des aficionados-clin d’œil au facteur), leur (les sociaux-dém)  faire confiance pour réformer durablement le système et détruire définitivement le capitalisme financier ?

En ont-ils l’envie et les tripes ? Qu’est-ce qu’on risque ?

 

Alors, malgré le ridicule spectacle des réconciliations sur l’oreiller électoral, malgré la faiblesse actuelle du Parti Socialiste Français et parce qu’il ne s’agit pas d’une élection Française, mais d’une élection Européenne, nous donnerons mandat à la liste socialiste pour œuvrer au sein et au nom de l’Europe à une transformation en profondeur du système économique et social, remettant l’homme au cœur des préoccupations.


ça leur apprendra ! 

Par Bernard Gueit
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Lundi 15 juin 2009

Avant de reprendre le chemin de la poésie en Europe et de terminer sur cette conversation (le vrai titre est Correspondance) à trois entre Boris, Marina et Rainer, quelles leçons pouvons-nous tirer de cette élection européenne en France ?

L’abstention gagne du terrain. Et pourtant toute la France est derrière ses agriculteurs producteurs de lait contre les grandes surfaces. Ne sommes nous pas face à un problème typiquement européen ? L’agriculture est un sujet historiquement européen, comme le fut la communauté charbon-acier. Et quoi qu’on en pense, comment ne pas considérer que seule l’Europe peut apporter une réponse à la hauteur du problème ?  Alors pourquoi se désintéresser, pourquoi ne pas voter alors que l’offre politique est abondante ?

Que font en France les responsables politiques des formations, des institutions, des gouvernements ?

Une seule joie,  les deux grandes tendances qui pavoisent, l’Ump et Europe Ecologie peuvent réellement prétendre être des Européens. La première en raison du bilan positif de Nicolas Sarkozy pendant sa présidence de l’Europe, la seconde parce que Cohn-Bendit, militant européen infatigable, incarne à lui seul la rédemption franco-allemande et un besoin de civilisation à construire dans la paix et le respect de tous les individus, après toutes les négations de l’homme.

 

Les socialistes, que j’avais dans ce blog soutenus, se sont pris une bonne « branlée ». Qui aime bien, châtie bien. Le peuple, plus lucide que moi, n’a pas hésité à sortir la boite à gifles.
Nous connaissons ses raisons et ne pouvons lui en vouloir.

 

En même temps, méfions nous des commentaires hâtifs. L’UMP fait un bon score mais il est tout seul et il y a une abstention énorme, donc très peu de légitimé. Le conglomérat Ecolo « Dany, Eva, José », que j’aime bien séparément, ne me paraît aucunement crédible en parti de gouvernement. C’est bon pour le parlement européen, compte tenu du fonctionnement actuel, mais comment pourraient-ils porter leur « programme » au sein d’un gouvernement de la France ?

Une opposition au gouvernement actuel et il en faut une, car sinon, on va finir par avoir une gouvernance de  conseillers, de technocrates, devra construire un projet en ratissant large, puisqu’il y a une majorité potentielle qui ne trouve pas à s’incarner. Pour créer l’unité, il faut se rassembler sur des valeurs comme la droite a su le faire. La droite s’est réunie sur la valeur travail. La gauche doit reprendre cette valeur travail en y rajoutant les aspects « reconnaissance, rémunération » pour ceux qui travaillent dur. Elle doit remettre à l’ordre du jour les valeurs d’équité, d’égalité. Les écarts de rémunération ne sont justifiés par rien, même pas par la naissance, comme on le faisait croire sous l’ancien régime. Ils ne sont justifiés que par le système. Certains ont intérêt à ce que cet écart existe. Ainsi, alors que le monde entier stigmatise les banquiers, on ne bronche pas à l’annonce des rémunérations extravagantes des footballeurs payés au Smic (à savoir un smic mensuel de l’heure, en considérant qu’ils travaillent 24 heures par jour). Mais l’entreprise Real Madrid pourra justifier ce salaire mirobolant en tant qu’investissement qui permettra au club de gagner encore plus d’argent. On nous ramène la logique en lieu et place de l’éthique.
 

La folie nous guette. C’est pour cela qu’il y a encore de la place pour une pensée plus humaniste, plus socialiste et que le spectre de la SFIO se désintégrant est une chimère. Les idées justes renaissent avec d’autres oripeaux s’étant débarrassées des caciques, des éléphants et des bêtes à pouvoir.

 

L’imagination devrait bientôt reprendre son terrain de jeu. A quand une opposition crédible sur le court central des idées et non sur le petit terrain mesquin des attaques contre la personne du président ?
Le pays l’attend. Nous l’espérons.

Par Bernard Gueit
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