On sait tout de nous. Par exemple, que la majorité des visiteurs de ce blog arrivant via les moteurs de recherche, ont utilisé les mots clés « discours vœux du Maire premier adjoint ».
Merci, Google, qui stocke dans ses logs, ni vu, ni connu, la plus grande « base d’intentions humaines » qui devrait combler les futurs archéologues.
Qu’à cela ne tienne ! Je comprends bien la préoccupation. Alors pour aider ceux qui préfèrent l’action aux belles phrases, qui ne sont pas rompus aux bons mots, qui cherchent de l’aide pour ce pensum : composer et prononcer le discours des vœux, le « journal d’un poète du 21ème(ex-elu de campagne) » offre aux premiers adjoints des petites communes de France et de Navarre, en particulier ceux qui le sont pour la première fois, ces modestes conseils.
La règle veut que le premier adjoint fasse le bilan alors que le Maire indique les perspectives.
S’agissant de votre première cérémonie, il vous faut et innover et marquer une certaine continuité, dans le fond comme dans la forme.
Sur le fond :
Vous devez mettre en avant ce que vous avez déjà réalisé. Dans cet exercice, mettez en valeur sans trop de flagornerie, les équipes. Vos collègues adjoints d’abord, les membres du conseil ensuite, les services et les bonnes volontés comme les commissions extra-municipales, les bénévoles…etc.
Si vous avez dès le début du mandat augmenté les impôts (c’était le bon moment), vous devez le justifier. Vous n’êtes pas obligé d’accabler la municipalité précédente. Augmenter les impôts doit être au service d’une ambition. Même si vous l’avez fait dans un but défensif, vous devez aussi montrer que c’était utile dès cette première année dans le but d’assainir les finances et vous laisserez le Maire préciser si c’est la dernière fois du mandat et à quelles réalisations futures, cette nouvelle marge sera affectée.
Les réalisations ou les projets que vous avez engagés au cours de ces 9 premiers mois et que vous mentionnez doivent illustrer la ligne directrice de gestion et de transformation que s’est donnée la commune. Vous pouvez faire le lien avec le mandat précédent soit en indiquant que vous amplifiez un mouvement déjà initié, soit que vous passez à autre chose, maintenant qu’un cycle de réalisation s’est achevé.
Ne tirez pas trop la couverture à vous, Madame ou Monsieur le Maire pourrait en prendre ombrage. Mais existez, car vous êtes en sorte le premier ministre, celui qui prend les coups, mais qui agit.
N’oubliez pas de situer l’action engagée au sein des territoires : proximité de la communauté de communes, partenariat du conseil général et de la Région. Faites bien remarquer que décidé à jouer le jeu « collectif », vous attendez naturellement de la réciprocité et entendez être actif au sein du pays.
Concluez en remerciant le Maire pour la confiance qu’il vous porte en vous accordant une large délégation. (Si ce n’était pas le cas, il (elle) comprendrait l’allusion.
Sur la forme :
Lisez votre discours, après l’avoir mentalement intégré. Soyez-vous-même. Parlez avec vos mots et avec votre accent. Utilisez le langage de proximité en maniant habilement le vocabulaire de la République et des institutions et le vocabulaire familier, les expressions locales. Bannissez tout sigle ou abréviation « technocratique » sauf pour faire rire l’assistance. Restez sobre, pas d’envolée lyrique. Montrez-vous serein et décidé.
Le discours se prononce lentement (on lit toujours trop vite) et si possible avec un micro de bonne qualité.
Voilà bonne chance, vous me direz si ça a marché !
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