De Marina Tsvétaïéva, je savais peu de choses. Comme de la poésie russe. Mes centres d’intérêt, mes choix idéologiques n’avaient ramassé dans leurs filets que la figure solaire de Maïakowski et de sa belle-sœur Elsa, compagne d’Aragon. Sans compter qu’Elsa Triolet est plutôt considérée comme un écrivain français, d’origine russe.
Et pourtant, régulièrement, je croisais un mot, un article, la couverture d’un livre, une citation. Instinctivement, je fuyais, je retardais toujours le moment de faire plus ample connaissance, entretenant ainsi un désir et un mystère, alors que sans doute, je n’étais que trop certain de ce que j’allais découvrir.
Les livres sont un vrai danger pour la jeunesse. La poésie a cette immédiateté (pas d’intermédiaires, pas de code) qui n’autorise pas
le recul. Et peut-être pas de marche arrière.
Sachant cela, j’étais prudent. Et puis c’est amusant d’attendre, de noter tous les efforts que le « grand corps malade « culturel et social
effectue pour adresser signes sur signes.
Mais je n’étais pas un « russe blanc » à l’époque où j’essayais de comprendre l’itinéraire des artistes russes et de la révolution. Aussi Marina avait beau me fixer de son regard rebelle à tout, je n’avais pas souhaité poursuivre plus loin l’aventure.
Et puis soudain les choses s’accélèrent. Quelque chose fait qu’à un moment donné, il devient urgent et indispensable de s’y attacher. D’accepter le feu de sa parole, de la regarder s’immoler vive au bûcher de ses contradictions dans la tourmente de son époque.
Les signes se firent plus forts, plus répétés, plus évidents. Sans doute ceux du moment.
Marina Tsvétaïéva, qui était-elle ? Une analyse subjective, à travers diverses sources, et la lecture de ses
poèmes.
(À suivre)
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Commentaires