Lundi 14 avril 2008

Qu'un poète quitte le terrain de l'imaginaire, nous pleurons. Qu'un poète nous adresse du plus profond de lui-même ses derniers feux, ses dernières étoiles, son dernier soubresaut même retransmis par le satellite, nous pleurons. Le grand poète Aimé Césaire a quitté son coin de terre pour Fort de France. Il y souffre, nous l'espérons, le moins possible.
Aimé Césaire ! Nous apprenons peu à peu et très lentement ce qu'est la poésie, sa puissance, sa force destructrice et sa voyance. Peu à peu, nous apprenons sa science des cartes et son dessein. Pas une poésie n'est facile, aucune n'est pas simple.
Quelle heureuse coïncidence, qu'à Paris, se rencontrent dans les années 30 ces deux génies de la langue française : Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor.
La voix, le rythme, le vocabulaire luxuriant, les mots qui bondissent (me faisant courir, ignorant, vers le dictionnaire), toutes ces couleurs, ce savoir encyclopédique, joyeux dans la colère, cette émotion retenue, cette dignité, ce chant puissant, équilibré, tam-tam dans le cœur et nous tient éveillés pour toujours. Ne vous endormez pas, Frères et Sœurs, ne vous laissez pas endormir. Car sachez que notre poésie n'est que conscience dans le bonheur et la sérénité. Sachez que vous n'avez pas encore, loin s'en faut, tout crier avec elle, ni même seulement accompli son écho. Mais c'est la vie et celle de la poésie.
Depuis Fort de France, nous recevons des nouvelles préoccupantes d'Aimé Césaire ;
-qui naquit à la Martinique en 1913
-qui créa en 1932 la revue « Légitime défense » par des étudiants antillais communistes et surréalistes
-qui fonda "l'étudiant noir" avec Senghor
-qui écrivit le Cahier d'un retour au pays natal
-qui fut élu Maire de Fort de France et député de la Martinique
-qui fonda le parti progressiste martiniquais

un immense poète, un homme qui chanta sa terre et le monde, portant en lui pour nous la contagion du "feu de brousse de la fraternité"

 

par Bernard Gueit publié dans : Journal d'un poète du 21ème
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Mardi 18 mars 2008
Avant d’évoquer (bientôt j’espère) Marina Tsvétaïeva, un mot de réconfort à celles et ceux qui, après avoir donné de leur temps à une collectivité ont été remerciés sans préavis, ni indemnités. La démocratie, sans appel, aussi tranchante que le couperet qui l’a vue naître et qui a cru devoir l’accompagner est passée. Rien à dire, le peuple a parlé.
 
Alors face à la morgue, aux regards goguenards de ceux qui soudain soutiennent les vainqueurs et sont prêts à inventer de nouvelles fourches caudines, il faut rester humble, ne rien regretter au fond de soi qu’on a fait sincèrement, accepter la défaite, accueillir l’avenir.
 
On est toujours un peu responsable de la victoire des autres, en bien comme en mal. Il faut se dire, qu’après tout, si on ne les avait pas précédés, ils ne pavoiseraient pas. Et  il ne faut pas en vouloir au peuple qui, même grugé, agit toujours de bonne foi.
 
Il n’y aurait pas de renouveau sans tradition, pas de rupture sans continuité, pas de modernes sans anciens, pas de vainqueurs sans vaincus.
 
Ceux qui arrivent doivent savoir qu’un jour ils partiront. : en ayant fait ou pas le match de trop, sur un coup de tête génial ou sur un coup de boule, avec le sourire ou en comptant et recomptant leurs voix.
 
Puisse, quoiqu’il arrive, ce dimanche soir sur la place de leur mairie, à la fin de cette vie au service de leurs concitoyens, le joli visage de Marianne les consoler jusque chez eux.
 
par Bernard Gueit publié dans : Journal d'un poète du 21ème
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Mardi 4 mars 2008

Le Journal d'un élu de campagne s'est arrêté, faute d'élu. J'ai reçu quelques encouragements pour continuer malgré tout l'aventure de ce murmure sur la toile. Tous les articles du journal d'un élu de campagne ont été rassemblés dans la catégorie éponyme, ce qui devrait permettre de s'y retrouver.


L'adresse reste la même. Le titre change. En devenant " le journal d'un poète du 21ème", je souhaite m'éloigner un peu de ce qui faisait le charme et peut-être l'intérêt du blog précédent : son enracinement  local. Avant d'être d'un lieu, les poètes appartiennent à une époque. Certes, vous m'objecterez que je suis plus un homme du 20ème que du 21ème, mais il ne faut pas de confusion avec les arrondissements de Paris.
Ou, alors si : devenons ce paysan de Paris, arpenteur d'un  territoire imaginaire, facteur  de province délivrant des lettres donnant des nouvelles de son époque qui va mal et bien. Je ne sais pas faire grand-chose,mais il semble qu'écrire (et lire !) sont encore ce que je sais faire le moins mal.

Il y a encore beaucoup à labourer sur le terrain de l'imaginaire. Voilà c'est parti. Le plus dur c'est de commencer.  

Brûlon, le mardi 4 mars 2008, printemps des poètes
  

par Bernard Gueit publié dans : Journal d'un poète du 21ème
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