Jeudi 30 août 2007

Départ devant l’Eglise romane, massive, imposante sur la place, éponyme pour les locaux, dont le véritable nom est celui d’une bienfaitrice du pays. Le temps est exceptionnel dans cet été « pourri ». La petite troupe s’est dotée de vivres et d’eau et après la photo de départ s’élance d’un bon pas vers l’autre place qui porte le nom d’un des rares maires de petites communes qui fut destitué pendant l’occupation. Un coup d’œil aux travaux en cours, oui, les arcades ne seront plus aveugles, mais vitrées, l’accueil du public se fera au rez-de-chaussée, la Communauté de Communes occupera le haut. Le coût ? Allez, sans chipoter, autour du million d’euros. La fin des travaux ? 18 décembre (if possible !). On poursuit dans la rue du charcutier résistant, fusillé au moment de la libération, lors d’un dernier acte de courage. Quelques pas sur le CD 4, et, à droite vers la rue de Buée (de buer, XII ème siècle, faire la lessive). Descente raide qui rappelle  à certain quelques souvenirs de vélo, ça s’est construit, récemment, de grandes maisons modernes et fonctionnelles. Avec la vue évidemment.

On ne prend pas la direction du Moulin de Vert et on file à gauche en passant devant la ferme de Pierre et Martine. Là ça remonte, jusqu’au carrefour qui d’un côté nous amènerait au Château de Vert et de l’autre à Chantepie et Vaumichel. Une pensée pour Pierre-François Chappe, dit de Chantepie, et pour Claude dit Chappe de Vert. Ni l’un, ni l’autre ne sont nés là, d’ailleurs le château date du XIXème siècle. A l’exception d’Ignace, l’aîné, à Laval, les frères  Chappe qui participèrent à l’aventure du télégraphe sont nés dans le bourg, presqu’en face de l’église, où Claude fut baptisé par le curé Bruneau, au départ de la rue qui porte leur nom aujourd’hui. Puisqu’on est dans la communication, remarquons au passage le pylône SFR (pas de pub), planté sur la réserve d’eau qui assure depuis quelques années la sécurisation de l’alimentation de la zone industrielle et celle de la pression dans le bourg. On arrive bientôt au chêne (il y en avait deux, il n’y a pas si longtemps) où, un certain soir de ballade contée, nous avions écouté « La cimaise et la fraction «  de Raymond Queneau :

La cimaise ayant chaponné tout l'éternueur
se tuba fort dépurative quand la bixacée fut verdie :
pas un sexué pétrographique morio de mouffette ou de verrat.
Elle alla crocher frange
Chez la fraction sa volcanique
La processionnant de lui primer
Quelque gramen pour succomber
Jusqu'à la salanque nucléaire.
"Je vous peinerai, lui discorda-t-elle,
avant l'apanage, folâtrerie d'Annamite ! interlocutoire et priodonte."
La fraction n'est pas prévisible :
c'est là son moléculaire défi.
"Que ferriez-vous au tendon cher ?
discorda-t-elle à cette énarthrose.
- Nuncupation et joyau à tout vendeur,
Je chaponnais, ne vous déploie.
- Vous chaponniez ? J'en suis fort alarmante.
Eh bien ! débagoulez maintenant."

Raymond Queneau, Oulipo, La littérature potentielle, 1973.

Queneau applique ici la méthode S+7 : il remplace les noms, adjectifs et verbes de La Cigale et la fourmi par la septième mot - de la même catégorie grammaticale - qu'il trouve dans le dictionnaire après celui à modifier.

 
Suite au prochain numéro…
 
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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