Pouvait-il tomber (hélas !) un meilleur cas d’école pour tous nos candidats à la présidence de
D’abord, c’est très complexe, le citoyen de base (dont votre serviteur) n’y comprend rien. Donc, il est bon pour la manipulation. (La politique est-elle réservée aux élites, aux sachants ?)
Comme nombre d’entre nous, j’apprehendais naïvement Airbus comme une industrie de pointe, vitrine de la technologie, fleuron de la coopération européenne, avec un doux mélange de fonds publics et privés, menant un combat romantique contre le méchant boeing américain, sous les yeux de
Des patrons voyous ? (Non, simple hasard, si les actions furent vendues au moment où le retard de l’A380 ne pouvait plus longtemps être caché), un problème de gouvernance ? Un conglomérat, où
Des salariés qui vont trinquer, des sous-traitants qui vont devoir se regrouper et licencier (sec, pour eux…).De l’argent public investi sur les différents sites passé par pertes et profits.
Il y en a pour tout le monde : pour Sarkozy (les patrons voyous), pour Royal (les fonds publics, la réindustrialisation.), pour Besancenot, Buffet et Laguiller (les profits que gagnent les uns contre les emplois que perdent les autres), les partisans du libéralisme contre l’actionnariat inefficient public, les Lepénistes fustigeant multinationales et Europe, bref tout le monde pourrait jouer sa carte.
Mais derrière les promesses, (les je vous l’avais bien dit), derrière les statistiques, il y a des gens qui vivent. Et qui vont devoir vivre avec tout ce que nous savons (le fleuron de l’industrie…) et les annonces qui ne sont pas que des chiffres, qui deviennent des têtes (overheads), notre tête.
Allez sur le site internet d’Airbus et téléchargez le speech de Louis Gallois à propos de power eight. Cela reste très complexe, mais ça informe.
Louis Gallois explique comme un chirurgien d’où vient le mal. Avec beaucoup de courage, il s’adresse à la famille (y compris à celle qui l’a mis aux commandes). Après avoir souligné ce que coûte à la compétitivité d’Airbus la faiblesse du dollar, il épingle trois causes au problème d’Airbus :
1-Coûts trop élevés (Structure industrielle, organisation pas assez efficace)
2-On fait trop en interne (nous n’obtenons pas les meilleurs coûts de fournisseurs externes mis en concurrence, nous n’avons pas un réseau de partenaires forts, et nous ne pouvons pas faire d’échange de technologie, de système d’information, nous ne nouons pas d’accord sur du long terme, et ne partageons pas le capital risque, les coûts, etc.. )
3-Nous ne sommes pas une compagnie industrielle suffisamment intégrée. Notre organisation industrielle est la même qu’il y a dix ans, au temps du GIA. Cela génère une hiérarchie parallèle, un manque de synergie. Et ce qui est ma préoccupation majeure (celle de de Louis Gallois), les conflits nationaux qui sont un poison pour le futur d’Airbus.
Alors que tous nos candidats se précipitent au chevet du malade, qu’ont-ils fait ou qu’auraient-ils fait quand il était encore temps ?
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