Jeudi 8 février 2007

 

La différence d’approche entre le parti du centre et ses deux rivaux (UMP et PS) sur le thème de l’Europe pourrait se résumer, en caricaturant un peu, à ceci : pour les Socialistes, et Umpistes, l’Europe est d’abord une contrainte dont il faut bien s’accommoder et parfois une vache à lait qu’il faut traire jusqu’à la dernière goutte,  alors que pour F Bayrou et ses amis, c’est plus qu’un idéal, c’est une nécessité, autant dire un moyen.

 Entre ces deux visions, l’analyse pas à pas apporterait bien des nuances !

 Au PS, par exemple, on parle de gouvernement économique, semble-t-il, sur la zone euro, qui appliquerait la politique de la France Socialiste.  C’est une autre façon de « subir » l’Europe : rêver d’un fonctionnement qu’à son seul intérêt ou à ses seules idées. C’est un leurre total car autant déjà, sur le plan hexagonal, on a du mal à croire les promesses des politiques qui sont censés avoir une marge de manœuvre sur ce qu’ils nous promettent, plus encore au niveau Européen, nous savons qu’ils n’ont pas cette marge de manœuvre !

 Sur le plan budgétaire, je trouve François Bayrou discret. Il ne parle d’augmentation du budget européen qu’à propos de la politique agricole commune (ce n’est pas rien, même si la  part du budget de l’agriculture dans le budget général diminue) qui, selon lui, doit être fondée sur les prix, pas sur les aides et nécessitera une augmentation de la contribution des états membres. (Combien ?)Il prend une position très courageuse, à contre-courant (du Giscard, pur jus !) sur les OGM, qu’il ne voue pas, a priori, aux gémonies. Il développe également une vision sur cette nouvelle politique agricole (sécurité des approvisionnements, environnement, présence agricole sur les territoires) sans qu’on voie très bien comment cela peut se mettre en place.

 Autre thème très fort chez le candidat UDF : celui de l’immigration. La préférence communautaire, un peu d’ordre social chez nous avant d’accueillir toute la misère du monde ! (Ce thème est aussi développé par l’UMP qui parle d’approche internationale et d’agence mondiale de l’immigration)

 On n’accueille pas la misère : elle vous grimpe sur le cou, comme du lierre ! Quelle mère, dans n’importe quel pays du monde, hésitera à passer à travers les clôtures électriques, les murs, entre les soldats, si elle est persuadée, à tort ou à raison, que pour ses enfants, c’est la chance d’un meilleur avenir ? Mais on trouvera toujours des gens qui rêvent de passer un nœud au cou du vent.

 Forcément, il va falloir tout gérer en même temps :  l’assaut de plus en fort de l’immigration clandestine, les flux à l’intérieur de l’Union, les aides aux pays « origines de l’immigration », le refus des aides aux pays pratiquant le dumping social (ce sont parfois les mêmes), les besoins  d’immigration de la France (on a besoin de main d’œuvre !), et les conséquences sociales intérieures de tout ça ! Bon courage !

 Sur les institutions européennes,  pour faire simple, on « réécrit une texte cohérent » qui en fait est  la partie de la constitution « Giscard » limitées aux institutions.  La politique étrangère, comme la défense, apparaît comme une compétence de l’Europe, et pour relier cette politique de l’Europe à la démocratie française, F Bayrou propose un agenda de travail public, des institutions européennes et une association des parlements nationaux.

 Conclusion : l’Udf me paraît plus européenne que le parti socialiste et l'Ump, mais….

 

  

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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