Suite de l’exercice de comparaison des propositions des candidats autour du deuxième domaine : le cadre européen. (CF articles précédents de novembre). « Complémentaire au domaine 1 (le cadre institutionnel de
C’est également, au moins en lien très fort avec ce domaine que se posent les questions de politique étrangère et de défense. »
Après avoir comparé les propositions UMP et PS sur l'Europe qui nous avaient laissés sur notre faim, voici celles de F Bayrou (et de l'UDF). Le document utilisé est un extrait de l'avant-projet UDF intitulé "La France Ensemble".
LA POLITIQUE INTERNATIONALE DE
Le premier, d’ordre institutionnel, concerne la conduite de la politique étrangère de notre pays. Le principe d’un « domaine réservé » est d’un autre âge. Il est certes légitime que le Président ait un rôle d’impulsion et assume, en cette matière, une responsabilité majeure en raison de son élection. Mais la politique étrangère ne saurait être interdite à ceux qui représentent aussi le peuple. Aussi, nous souhaitons que, chaque année, un discours sur l’état du monde soit prononcé par le Président et donne lieu à un débat et, le cas échéant, au vote d’une résolution exprimant les orientations du Parlement. Comme on l’a vu avec les frontières de l’Europe et l’adhésion de
LA FRANCE DANS LE MONDE ET DANS l’EUROPE
Depuis l’écroulement du mur de Berlin, l’environnement international a beaucoup changé : effacement de la menace soviétique qui avait longtemps cimenté le camp occidental, élargissement de l’Europe à des pays privés de liberté, émergence de nouveaux géants (
COMMENT MAÎTRISER CE PHÉNOMÈNE SUR UN TERRITOIRE DE LIBRE CIRCULATION DES HOMMES ?
· L’immigration : il faut construire une politique commune de visas, de lutte contre l’immigration clandestine mais aussi, corollaire indispensable, de codéveloppement avec les pays d’origine.
Avant d’accueillir une nouvelle maind’oeuvre étrangère, il faut d’abord offrir leur chance aux millions d’exclus qui, aujourd’hui, désespèrent de retrouver leur place et leur dignité dans les pays européens. L’ « immigration choisie » est au mieux un slogan, au pire un leurre. Nous lui préférons une politique d’échanges équilibrés. Sans attendre la mise en place de cette politique européenne, nous avons besoin de mieux coordonner les services concernés, aujourd’hui éclatés entre plusieurs ministères. Nous y gagnerions en lisibilité et en efficacité, c’est-à-dire en vision prospective.
La politique nationale d’immigration s’adresse d’abord aux pays d’émigration
: nous devons la bâtir pour partie avec eux, sur des principes clairs et certains : la maîtrise de l’immigration clandestine, en métropole et peut-être plus encore dans les Dom-Tom, qui doit être assortie de réponses rapides ; la lutte contre les filières et les trafics d’êtres humains ; la lutte contre le travail clandestin ; la mise en oeuvre de partenariats et d’accord de coopération avec les pays concernés qui dépassent la seule logique des subventions, qui se préoccupent d’abord des femmes et des hommes, qui facilitent les aller-retour et associent les diasporas. Elle doit également s’accompagner d’une intégration réelle : un contrat d’intégration c’est bien, il y a encore mieux : un programme d’intégration. Il doit porter sur deux aspects : la langue
française, et les valeurs de société qui sont les nôtres.
· Une nouvelle politique agricole commune : notre ligne politique est de changer de politique agricole.
Nous voulons qu’elle soit à nouveau fondée sur les prix et non plus sur les aides, qui déstabilisent le marché, découragent les producteurs et font artificiellement monter les prix pour les consommateurs. La politique agricole devra répondre à la triple exigence de la sécurité des approvisionnements en produits sains, des conduites protectrices de l’environnement et le choix d’un tissu dense d’agriculteurs au sein d’un monde rural vivant. A court terme, seront privilégiés la défense de la diversité, la gestion des risques, l’organisation des professions et des interprofessions pour équilibrer la puissance des centrales d’achat, la simplification et l’harmonisation des labels, la définition de contrats d’objectifs par filière, la simplification des contraintes administratives et réglementaires, la clarification des rémunérations des fonctions non productives de l’agriculture, et le développement d’une grande politique de recherche française et européenne dans le domaine des biocarburants, des biomatériaux, de la chimie du végétal, des biotechnologies et du génome. Nous rendrons, en liaison avec nos partenaires européens,
L’Europe est bien un moyen pour écrire l’avenir, non pour le subir. Or elle est en panne depuis que l’on a décidé de l’élargir avant de réformer ses institutions. Nous savions au printemps 2005 qu’il n’y avait pas de « plan B ». Les Français le constatent cruellement. Les égoïsmes nationaux reprennent le dessus, le scepticisme gagne
· un nouveau traité constitutionnel : les européens attendent un projet de société qui fonde un espace organisé, un pôle de stabilité et d’équilibre, non un marché ouvert à tous vents. C’est pourquoi, nous souhaitons que soit réécrit un texte simple et cohérent qui pose les principes d’une organisation efficace et démocratique et qui définissela vocation de l’Europe. Aujourd’hui, après l’échec du référendum, l’Union européenne élargie fonctionne toujours avec des institutions communautaires inadaptées, malmenées par des forces centrifuges, par des propensions au repli national, qui conduisent inévitablement au démantèlement de l’ensemble. La consolidation de ces instances qui incarnent la double légitimité européenne, le Parlement européen pour les peuples, le Conseil européen et le
Conseil des Ministres pour les Etats, est donc plus que jamais à l’ordre du jour. Il convient d’abord de consolider la démocratie européenne en étendant la procédure de codécision Parlement- Conseil, à tous les domaines qui relèvent de la compétence de l’Union. Il convient ensuite de conforter le Conseil des ministres afin de faciliter le processus de décision, mis à mal par les traités de Nice et d’Amsterdam. Cet objectif rend nécessaire l’abandon de la règle de l’unanimité qui paralyse encore trop souvent l’action européenne dans des domaines stratégiques. Il nécessite également la mise en oeuvre d’un système de votation à la double majorité Etats-population (la décision est acquise lorsqu’elle recueille l’accord d’une majorité d’Etats représentant une majorité de la population) afin d’assurer aux grands pays un poids décisionnel correspondant à leur taille démographique. Autre réforme indispensable, la remise en cause de la rotation accélérée (six mois !) de la présidence du Conseil au profit d’une durée plus raisonnable (18 mois ou deux ans), afin d’assurer une continuité de l’action comme sa meilleure lisibilité.
Cette réforme devra s’accompagner de la création d’un poste de ministre des affaires étrangères de l’Union, disposant d’une compétence regroupant les domaines économique et politique, et assurant à l’Europe la cohérence de sa politique extérieure et sa visibilité à l’égard des pays tiers. Reste
Ceux qui, comme l’UDF, ont toujours pensé l’Europe comme un espace politique cohérent récusent évidemment cette option. L’adhésion de
proposons de le soumettre à référendum le même jour que l’élection des
députés au Parlement européen (2009).
· un agenda de travail public : le calendrier de travail des institutions européennes doit être rendu public pour permettre une perception claire des enjeux. Six mois avant, sera annoncée toute décision en préparation, les ministres devront rendre compte aux parlementaires des conseils européens. Ainsi, l’opinion connaîtra mieux les circuits européens qui lui paraissent aujourd’hui mystérieux et les gouvernements ne pourront plus comme ils le font trop souvent se cacher derrière leurs petits doigts.
· une association des parlements nationaux : le mécanisme de consultation du Parlement, amélioré ces dernières années, n’est guère satisfaisant, le pouvoir de suggestion et de correction demeure limité. La réussite de l’Union suppose pourtant l’adhésion des élus nationaux. C’est pourquoi, nous proposons leur association aux décisions européennes plus en amont, au moment où s’en dessinent les prémices.
L’Europe est une oeuvre inachevée, même si le chemin parcouru depuis Jean Monnet et Robert Schuman dans la voie de la réconciliation et de la solidarité entre les peuples est considérable. Elle est, à ce titre, fragile. Si les égoïsmes nationaux ou les seuls intérêts financiers prenaient le dessus, on pourrait détricoter, morceau par morceau, l’ensemble patiemment édifié jusqu’ici : le marché unique, l’euro, la politique agricole commune, les fonds de cohésion ne sont pas des acquis irréversibles.
Nous avons donc conscience que l’Europe va jouer sa dernière chance. Celle-ci dépend en grande partie des pays qui ont accepté de s’unir dans l’euro. Elle dépend aussi de
Dans la complexité et la brutalité du monde qui nous entoure, le projet européen n’est pas seulement un idéal. Pour nous qui le soutenons depuis l’origine par conviction, comme pour les réalistes sensibles au seul rapport des forces, c’est une nécessité.
Relations internationales :
· suppression du domaine réservé
· conditionnement de l’aide publique au respect de la démocratie L’Union européenne :
· élever au niveau européen les questions de défense et d’immigration
· réformer
· promouvoir l’adoption par référendum d’un nouveau traité institutionnel visant à doter l’Europe de plus d’efficacité et de la rendre plus démocratique
· assurer la transparence du débat européen et associer les parlements nationaux
Commentaires à suivre sur ces propositions !
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