Vendredi 22 décembre 2006

Quand les anges descendent sur la terre
on les distingue à leurs ailes qu'ils dissimulent derrière de larges épaules

ou repliées sous des robes de laine élancées

 

Ils parlent peu, mais ils sourient, énigmatiques,

quand leurs mots sonnent comme de la musique
 

 

S'ils connaissent la maladresse dans les choses de la vie

ils savent surtout combien sont lourd

certains objets que nous cachons au fond des chagrins

 

Leur force c'est la légèreté

qu'ils communiquent à tout ce qu'ils touchent
comme est légère
la vague de cristal qui fait tourner la terre

Les anges sont parmi nous
silhouettes transparentes approchant les ombres des hommes

Ils nous voient nous jetant
aveugles
contre des murs de sang

Ils nous voient buvant des barils de pétrole

Ils nous voient parlant pour ne rien dire

Les anges ne pleurent pas la vie
ne se lamentent pas
ne jugent pas

Ils laissent souvent leur part à de plus transparents qu'eux

Parfois nous sommes des anges quelques instants
à faire tourner la terre sous nos pieds
à brûler des ailes naissantes
pour éteindre des incendies criminels

 

Mais nous n'avons pas ce don d'éternité
notre étoffe s'épuise sous l'effet de serre

Reste le souvenir d'un oxygène si pur
et d'un souffle léger
comme un baiser sur la bouche

par Bernard Gueit publié dans : poème
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