Lundi 11 décembre 2006

Comparaison (Comparaison n’est pas raison !) :

 

Le PS veut augmenter le budget européen, y compris par l’emprunt, faire décider d’un SMIC européen. Il souhaite également revoir le pacte de stabilité zone euro, installer une agence de l’armement (France, GB, Allemagne). Il n’est pas très clair vis-à-vis de la Turquie qui soit relève de l’examen des candidatures actuelles, soit relève des partenariats stratégiques des rives sud de la méditerranée (question à poser !) Sur ce point l’UMP est plus claire : elle souhaite réorienter les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union en négociations  sur un partenariat stratégique.

Sur la répartition des fonds structurels, il y a entre les deux partis une divergence de taille : le PS opte pour la  mise en place d’un plan d’investissements massifs envers les 10 nouveaux entrés et les futurs entrants afin d’atténuer le dumping instauré par ces pays, et ce à l’instar de ce qui a été fait en son temps pour la Grèce , l’Espagne, le Portugal. A l’UMP, on dit plutôt : plus d’attribution de fonds structurels aux pays qui pratiquent le dumping social, fiscal ou environnemental !
Il y a une critique commune vis-à-vis de la Banque Centrale Européenne, dont les statuts (PS) doivent être révisés tandis que l’UMP propose que sa politique monétaire soit plus équilibrée entre la lutte contre l’inflation et le soutien de la croissance et de l’emploi.

 

Le Ps réclame une harmonisation par le haut des droits sociaux et une directive sur les services publics. Il souhaite également plus de protectionnisme (tarif extérieur commun), une harmonisation des fiscalités. Enfin il souhaite revenir sur le traité constitutionnel le débarrassant de tout ce qui n’était pas du domaine purement institutionnel, pour, après négociation, le  soumettre au peuple Français par référendum.
L’UMP ne parle pas (en tout cas dans le document synthétique que nous utilisons) de protectionnisme. En revanche, elle fait appel à la jeunesse pour qu’elle se saisisse de l’Europe en allant passer un semestre de scolarité dans un pays de l’union au cours de sa formation.

 

Sur le fonctionnement de l’Europe, l’UMP souhaite un accord institutionnel, persuadée que les Français n’ont pas dit non à la constitution, mais à une certaine Europe. (Et peut-être pour certains cadres du parti, les Français auraient dit « non » à J Chirac ?)


Commentaires :

 

Sur l’augmentation du budget de l’Europe, il faut être clair : cette augmentation proviendra d’une augmentation globale de la contribution de ses états membres. Donc globalement une diminution des marges de manœuvre des Etats. Après, il faut déterminer à 25, bientôt 27, la part de chacun : qui paye plus, qui paye moins ?

Revoir le pacte de stabilité (pour les pays les plus riches !) : c’est peu solidaire des pays entrants.
Pour l’harmonisation sociale, il me semble que les efforts faits en Grèce, Espagne et Portugal ont marché. La conjoncture le peut-elle aujourd’hui ? En tout état de cause, ça veut dire que nous aurons encore à souffrir pour que les investissements faits chez nos voisins portent leurs fruits, les rendent plus consommateurs des biens et services que nous produisons et moins « faussement concurrentiels » de part leurs faibles coûts sociaux.

La critique de la Banque Centrale Européenne me paraît très hypocrite. Cette institution indépendante a une mission : lutter contre l’inflation, c'est-à-dire contre la hausse des prix, facteur de baisse de pouvoir d’achat d’une part, mais aussi d’incertitudes pour les entreprises  quant à  l’évolution des coûts. Bien sûr cette « nouvelle dame de fer », un peu  doctrinale, s’accommode mal des petits arrangements politiques des uns et des autres qui s’assoient volontiers le temps d’un mandat sur une aussi peu exaltante réalité que la fixation des taux directeurs. Mais je resterais prudent sur le sujet et serais plus « Européen » en acceptant cette règle du jeu économique qu’en son temps, seul Jacques Delors avait eu le courage et le talent de « cuisiner » à la française.

Conclusion provisoire : un peu déçu par les propositions des deux préférés de la presse ! L’Europe ne semble pas être un vrai sujet. On a un peu la trouille depuis le référendum. (Sacrés Français !). Alors vite, on oublie et sur ce sujet on cherche notre miel ailleurs, chez Bayrou ?  

À suivre !  

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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