Alors que l’Espace Multifonctions de Brûlon accueillait samedi soir la prestigieuse organisation de l’élection de Miss Sarthe, nous sommes allés voir les amis de
Dans le petit théâtre de la maison d’Auvers où brûlent de grosses bûches dans la cheminée, éclairage aux bougies, assis pratiquement à la table des Thénardier, nous assistons, impuissants, à la maltraitance de Cosette. Arrive Jean Valjean, silencieux, qui observe et intervient pour protéger l’enfant. Misère contre misère. Ceux qui luttent, ceux qui profitent ou qui essaient de profiter. C’est qu’il a donné de sa personne à
Catherine, récitante, Caroline (la Gazette) et Gérard aux photos noir et blanc projetées sur le mur préparent et installent l’ambiance. Où l’on revoit à Paname, le guet-apens où paraît être tombé Jean Valjean, sous l’œil « en vrille » de Javert, inquiétant personnage, trouble et pervers.
Gavroche, qui pourrait parler des « keufs » comme des « cognes » , lucide et sans espoir en dehors des barricades, fait le tour de la situation, avec l’impatience de sa jeunesse.
Quand Jean Valjean, après s’être brûlé volontairement au fer rouge, lance : vous êtes des misérables, comment prendre cette invective ? Le dictionnaire donne deux sens au mot : un synonyme de miséreux qui excite la pitié, privé des ressources indispensables à la vie et un autre sens, scélérat, homme de rien. Les hommes que cette misère mène au fond du trou de l’humanité peuvent-ils être rachetés ? Les Thénardier pourraient-ils être réhabilités (responsables, mais pas coupables). Victor Hugo nous parle-t-il d’une misère si loin de la nôtre ? En France ? Dans le monde ?
A chacun sa vérité : après avoir applaudi les acteurs (un excellent Thénardier), la jeune relève de la troupe, la costumière, en buvant le coup de cidre, on n’apporte pas de réponse. Si ce monde est plein de paillettes, il sécrète aussi des Cosettes, des Thénardiers, des Jean Valjeans, des Gavroches et des Javerts jouant leur rôle tout simplement.
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