Jeudi 16 novembre 2006

Entre le battement de cils des papillons

Et le pas des soldats dans la ville
 

 

Ce début de civilisation qui se noie

En nous

Ces premiers mots inscrits sur les palissades

Loin avant le port avant la gare

Avant la ruelle familière

Si le temps s’écarte un peu des sentiers battus

Il y a un continent de chansons et de chambres 

Dans les rues que regarde la mer

Dans son miroir

Où l’on rentre chez soi

Ces premiers mots inscrits

Sur de blanches palissades

Ces premiers signes de la langue maternelle

Entre les tanks qui rugissent

Et les cris du concert des nations

Quand le soleil tombe sur la ville

Quand tout semble arrêté

Dans un midi funeste

Un laurier rose qui guette

Le battement de cils d’un papillon

Un continent de chansons et de rues

De maisons et de chambres

Où l’on entend l’amour à pas de loup

Descendre

Du ciel

Soupirer dans l’attente

Se sauver en plein jour

Effraction de la nuit du mirage et du songe

C’est la terre ou ce n’est pas encore elle

Les mots qui s’envolent aux fenêtres

Comme des drapeaux

 

Et ces frères qui portent sur leurs épaules

La mort de l’un d’entre eux

Ci- la peur qui s’installe dans les téléviseurs

Ah ! Une ronde de chansons et de pleurs

Entre le cil des papillons et le vol bleu de l’hirondelle

Quand on rentre chez soi loin du port

Des odeurs familières

En offrant les lettres

Et les blessures qu’on a reçues

A la tête

En apportant un continent de rues

De balcons et de chambres

de jardins

Pour s’écouter

Et entendre  la parade de la mer

La parole rejoint les murs

Des lettres qu’ils ont reçues

Des blessures à leur tête

Les papillons le laurier rose

Où l’on rentre chez soi

Loin des sentiers battus

C’est ma terre et ce n’est pas encore elle

Loin du port de la gare de la petite ruelle

Des chambres où descend  l’amour

Du ciel à pas de loup

Des jardins où l’on s’assemble

Pour boire l’air frais du soir à grandes goulées

Et ces frères qui portent sur leur visage la mort de l’un d’entre eux

Civilisation qui se noie

Et les mots qui éclaboussent  les murs

De chansons de rues de palabres de maisons en plein jour

Où les fontaines s’assemblent pour pleurer dans le noir

Leur soleil déchiré

Entre le cil des papillons  l’aéroport bombardé

De la chaîne des vivants des blessés et des morts

Et des cris du concert des nations

Derrière les mots qui écrasent  les murs

Il  y a un continent de chansons

Où les sirènes entament leurs prières sans fin

Les cercueils fendent la foule le poing levé

Quand on rentre chez soi

Les yeux exténués

Du soleil blanc dans la ruelle

Des cafés pleins à craquer

Et le rythme qui appelle

Les tambours sur la peau de l’été

 

par Bernard Gueit publié dans : poème
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Commentaires

Très sympa ce poème.. A bientôt Daniel

commentaire n° : 1 posté par : daniel le: 15/06/2008 21:28:45

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