Entre le battement de cils des papillons
Et le pas des soldats dans la ville
Ce début de civilisation qui se noie
En nous
Ces premiers mots inscrits sur les palissades
Loin avant le port avant la gare
Avant la ruelle familière
Si le temps s’écarte un peu des sentiers battus
Il y a un continent de chansons et de chambres
Dans les rues que regarde la mer
Dans son miroir
Où l’on rentre chez soi
Ces premiers mots inscrits
Sur de blanches palissades
Ces premiers signes de la langue maternelle
Entre les tanks qui rugissent
Et les cris du concert des nations
Quand le soleil tombe sur la ville
Quand tout semble arrêté
Dans un midi funeste
Un laurier rose qui guette
Le battement de cils d’un papillon
Un continent de chansons et de rues
De maisons et de chambres
Où l’on entend l’amour à pas de loup
Descendre
Du ciel
Soupirer dans l’attente
Se sauver en plein jour
Effraction de la nuit du mirage et du songe
C’est la terre ou ce n’est pas encore elle
Les mots qui s’envolent aux fenêtres
Comme des drapeaux
Et ces frères qui portent sur leurs épaules
La mort de l’un d’entre eux
Ci- la peur qui s’installe dans les téléviseurs
Ah ! Une ronde de chansons et de pleurs
Entre le cil des papillons et le vol bleu de l’hirondelle
Quand on rentre chez soi loin du port
Des odeurs familières
En offrant les lettres
Et les blessures qu’on a reçues
A la tête
En apportant un continent de rues
De balcons et de chambres
de jardins
Pour s’écouter
Et entendre la parade de la mer
La parole rejoint les murs
Des lettres qu’ils ont reçues
Des blessures à leur tête
Les papillons le laurier rose
Où l’on rentre chez soi
Loin des sentiers battus
C’est ma terre et ce n’est pas encore elle
Loin du port de la gare de la petite ruelle
Des chambres où descend l’amour
Du ciel à pas de loup
Des jardins où l’on s’assemble
Pour boire l’air frais du soir à grandes goulées
Et ces frères qui portent sur leur visage la mort de l’un d’entre eux
Civilisation qui se noie
Et les mots qui éclaboussent les murs
De chansons de rues de palabres de maisons en plein jour
Où les fontaines s’assemblent pour pleurer dans le noir
Leur soleil déchiré
Entre le cil des papillons l’aéroport bombardé
De la chaîne des vivants des blessés et des morts
Et des cris du concert des nations
Derrière les mots qui écrasent les murs
Il y a un continent de chansons
Où les sirènes entament leurs prières sans fin
Les cercueils fendent la foule le poing levé
Quand on rentre chez soi
Les yeux exténués
Du soleil blanc dans la ruelle
Des cafés pleins à craquer
Et le rythme qui appelle
Les tambours sur la peau de l’été
Très sympa ce poème.. A bientôt Daniel