Le geste de diffuser sciemment et de façon ciblée sur internet un document dont le contenu peut nuire à un candidat à l’investiture d’un parti politique pour une élection démocratique est condamnable, non au plan de la loi seulement au nom de l’honneur. Ceux qui pratiquent cette méthode en pensant faire de la politique mettent en valeur, en creux, ce qu’est déjà la nouvelle façon de faire de la politique. Quand le combat est âpre, l’élégance est de rigueur ! Pas de cadeau, mais pas de saloperies ! On peut discuter très vivement, s’interpeller sur le fond comme sur la forme, mais il faut rester dans les limites du jeu. Qaund on triche, on est mort !
Ainsi est mort celui (ou ceux) qui a voulu sur le net mettre en difficulté Ségolène Royal au sujet de propos tenus en réunions en janvier relevant, semble-t-il, plus d’une réflexion à haute voix que d’une proposition de programme.
Mort, parce que ne comprenant pas ce qu’est le net où on ignore les conséquences de la diffusion d’une information que tout le monde peut s’approprier et commenter.
Mort, parce que sur le fond, il est normal et c’est même un devoir de poser des questions qui dérangent.
Ainsi l’école, forcément, suscite une réflexion. Cette réflexion ne peut être coupée de la réflexion globale sur la société. Ce serait un erreur de penser que l’éducation soit responsable de tous les maux comme aussi d’espérer qu’elle puisse à elle seule renverser la tendance. Mais on ne peut s’économiser le débat : sur son efficacité, sur les conditions de travail des enseignants, sur la relation enseignants/parents, sur les méthodes pédagogiques, sur les enseignements fondamentaux, sur la carte scolaire, sur la motivation et la rémunération des enseignants, sur leur prise de responsabilité. Et tout ça à l’intérieur d’un statut qui forcément doit évoluer pour conserver l’essentiel et amener des améliorations sur une dynamique de carrière.
Aussi la réflexion à haute voix sur la possibilité de proposer à des enseignants volontaires de donner des cours particuliers à des élèves en difficulté sur les fondamentaux, sous réserve qu’elle soit gratuite pour les élèves et rémunérés pour les enseignants, peut être discutée. Au final, c’est peut-être une très mauvaise idée, mais si c’est une idée intéressante, pourquoi ne pas l’expérimenter. (Une fois réglé le problème budgétaire du coût d’une généralisation de cette proposition).
Il n’y a pas de tabou, pas de domaine qui ne puisse être exploré par les candidats à une telle responsabilité. C’est ça la modernité : accepter de regarder, et puis décider.
Ségolène a raison sur la méthode (ça ne veut pas dire qu’elle ait raison sur ses propositions). Mais je l’ai dit ici plusieurs fois : ce n’est pas sur le fond que se fera le choix final (le fond est changeant, lié objectivement aux circonstances, à la conjoncture, je ne parle pas d’opportunisme !) mais sur la manière.
Et sur la manière, la goujaterie n’aura pas de prise sur l’élégance !
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