De toutes les dates de l’histoire de France, celle du 11 novembre 1918, plus que toute autre, nous marque dans notre chair. Par-delà le souvenir d’histoires racontées par les survivants, gueules cassées, mutilés ou miraculés, c’est la mémoire de l’incroyable machine à broyer, d’un Hiroshima laborieux, d’une tuerie universelle qui nous assaille.
Troips coups ont sonné en 1914 : le 16 mars Henriette Caillaux tue Gaston Calmette, le directeur du Figaro, favorisant la mise à l’écart de son époux, le ministre sarthois pacifiste Joseph Caillaux, le 28 juin, l’archiduc François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo, et le 31 juillet Jaurès tombe au café du croissant.
Puis ce qui a longuement été préparé de part et d’autre se met en marche aveuglément, sans se rendre compte de ce qui est à l’œuvre.
La première fois que l’on parle de mondialisation, c’est à propos de la guerre. Le conflit est mondial, le conflit est partout. Cette guerre fut une guerre de terriens, de paysans enterrés dans les tranchées, brûlés, gazés, sacrifiés. Mon grand-père, pour s’engager devança l’appel.
Avant de partir, il se fit arracher beaucoup de dents malades. Mécanicien, il servit dans l’aviation. Il y avait beaucoup d’accidents, les avions n’étaient pas très puissants.Mais il s’en sortit. Une chose m’a toujours marqué : en flânant dans le village d’où votre famille est originaire, vous trouverez votre nom sur le monument aux morts. Cela ne s’efface pas facilement et les morts, les blessés, les traumatisés de la grande guerre hantent encore notre mémoire. Les morts pour
Ce matin, la cérémonie enchaîne messe avec les musiciens, dépôt de gerbes, discours de ministre lu par le maire, sonnerie aux morts, Marseillaise, vin d’honneur.
On dit qu’à Verdun, s’ils se relevaient tous, il n’y aurait pas assez de place.
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