Le pont, cette chose humaine, enjambe la rivière de 5 arches, petits mais solides. Pont romain dit le peuple, pont roman, disent les doctes. Combien de personnes sont passées sur ce pont, foule humaine, au cours des siècles ? Marchands, esclaves, amants, cavaliers, piétons, soldatesque ? On dit que Du Guesclin…La rivière en dessous est belle, très naturelle. Elle est là depuis beaucoup plus longtemps que le pont, lui-même très ancien. Elle est là et elle n’est pas là. Sa vie se joue d’amont en aval, c’est comme ça qu’elle vieillit. Elle naît et meurt au même moment, mais pas au même endroit. En remontant, voici sa jeunesse impétueuse, ses hésitations, sa fragilité. Plus bas, elle a pris de la force et sait ce qu’elle veut. Le pont voudrait retenir le temps qui passe sous ses arches, entre ses jambes de pierre.Et la conserver pour toujours à lui. Mais elle veut vivre, il n’y a que lui qui vieillit et qui regarde le temps s’enfuir, à reculons. Nous en fûmes les témoins, quelques herbes vertes et moi, le 7 octobre 2006, à Asnières.
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