Les petits musées de province ont ceci de charmant qu’ils recèlent en des espaces à taille humaine des trésors ! Il n’est pas besoin de suivre de longues files d’attente, on a l’impression de connaître (ou l’avoir déjà vue) la jeune fille qui vous ouvre la porte ou vous délivre votre billet. A Granville, il est un beau musée qui porte le nom de son donateur : Musée d’art moderne Richard Anacréon. Enfant de la ville (comme Christian Dior), Richard Anacréon dont les parents possédaient un commerce dans
Cet été, l’exposition du musée avait pour thème « Ecumes de mer ». L’affiche, dont j’avais attribué instinctivement le modèle à Albert Marquet était en fait de Maurice Denis, artiste de Granville. A l’intérieur j’ai aimé ces Dufy, un très joli Van Dongen représentant deux visages de femmes parallèles avec quelque chose de très fin et de très élégant, un manuscrit d’Eluard très émouvant, (mais tous les manuscrits de poètes m’émeuvent) et des gravures sur bois, sur cuivre, pour des illustrations de livres de Suarès, de Saint-John Perse et de Colette. Un prix spécial à l’oeuvre de Mathurin Méheut, le nouveau port de Toulon et la vieille ville, au début des années 50. Il y avait beaucoup d’autres belles choses à voir, mais si, ici, on ne dit pas tout c’est parce qu’il faut toujours aller et revenir dans ces adorables musées de province où l’on découvre toujours quelque chose de ce qu’on connaît un peu et qu’on aime beaucoup, passionnément….
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