Avant de reprendre le chemin de la poésie en Europe et de terminer sur cette conversation (le vrai titre est Correspondance) à trois entre Boris, Marina et Rainer, quelles leçons pouvons-nous tirer de cette élection européenne en France ?
L’abstention gagne du terrain. Et pourtant toute la France est derrière ses agriculteurs producteurs de lait contre les grandes surfaces. Ne sommes nous pas face à un problème typiquement européen ? L’agriculture est un sujet historiquement européen, comme le fut la communauté charbon-acier. Et quoi qu’on en pense, comment ne pas considérer que seule l’Europe peut apporter une réponse à la hauteur du problème ? Alors pourquoi se désintéresser, pourquoi ne pas voter alors que l’offre politique est abondante ?
Que font en France les responsables politiques des formations, des institutions, des gouvernements ?
Une seule joie, les deux grandes tendances qui pavoisent, l’Ump et Europe Ecologie peuvent réellement prétendre être des Européens. La première en raison du bilan positif de Nicolas Sarkozy pendant sa présidence de l’Europe, la seconde parce que Cohn-Bendit, militant européen infatigable, incarne à lui seul la rédemption franco-allemande et un besoin de civilisation à construire dans la paix et le respect de tous les individus, après toutes les négations de l’homme.
Les socialistes, que j’avais dans ce blog soutenus, se sont pris une bonne « branlée ». Qui aime bien, châtie bien. Le
peuple, plus lucide que moi, n’a pas hésité à sortir la boite à gifles.
Nous connaissons ses raisons et ne pouvons lui en vouloir.
En même temps, méfions nous des commentaires hâtifs. L’UMP fait un bon score mais il est tout seul et il y a une abstention énorme, donc très peu de légitimé. Le conglomérat Ecolo « Dany, Eva, José », que j’aime bien séparément, ne me paraît aucunement crédible en parti de gouvernement. C’est bon pour le parlement européen, compte tenu du fonctionnement actuel, mais comment pourraient-ils porter leur « programme » au sein d’un gouvernement de la France ?
Une opposition au gouvernement actuel et il en faut une, car sinon, on va finir par avoir une gouvernance de
conseillers, de technocrates, devra construire un projet en ratissant large, puisqu’il y a une majorité potentielle qui ne trouve pas à s’incarner. Pour créer l’unité, il faut se rassembler
sur des valeurs comme la droite a su le faire. La droite s’est réunie sur la valeur travail. La gauche doit reprendre cette valeur travail en y rajoutant les aspects « reconnaissance,
rémunération » pour ceux qui travaillent dur. Elle doit remettre à l’ordre du jour les valeurs d’équité, d’égalité. Les écarts de rémunération ne sont justifiés par rien, même pas par la
naissance, comme on le faisait croire sous l’ancien régime. Ils ne sont justifiés que par le système. Certains ont intérêt à ce que cet écart existe. Ainsi, alors que le monde entier stigmatise
les banquiers, on ne bronche pas à l’annonce des rémunérations extravagantes des footballeurs payés au Smic (à savoir un smic mensuel de l’heure, en considérant qu’ils travaillent 24 heures par
jour). Mais l’entreprise Real Madrid pourra justifier ce salaire mirobolant en tant qu’investissement qui permettra au club de gagner encore plus d’argent. On nous ramène la logique en lieu et
place de l’éthique.
La folie nous guette. C’est pour cela qu’il y a encore de la place pour une pensée plus humaniste, plus socialiste et que le spectre de la SFIO se désintégrant est une chimère. Les idées justes renaissent avec d’autres oripeaux s’étant débarrassées des caciques, des éléphants et des bêtes à pouvoir.
L’imagination devrait bientôt reprendre son terrain de jeu. A quand une opposition crédible sur le court central des idées et non sur
le petit terrain mesquin des attaques contre la personne du président ?
Le pays l’attend. Nous l’espérons.
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