C’est un vrai scandale de démocratie politique. Alors que nos gouvernants, nos représentants savent parfaitement (ils l’ont expérimenté) que l’essentiel, désormais, de ce qui va affecter notre vie quotidienne de travailleur, de citoyen, de parent, d’homme et femme du continent politique européen, est décidé par la gouvernance européenne, qu’il il y ait si peu de responsables politiques qui se fassent un devoir de pédagogie démocratique est atterrant. Honte à eux qui profitent en l’entretenant de l’ignorance du peuple. Comment peut-on prétendre le représenter quand, comme une courageuse députée européenne l’a dit, les politiques nationaux s’attribuent en toute démagogie ce qui plaît et font porter à l’Europe le chapeau des mesures impopulaires. Il est grand temps que cette génération soit démasquée, qui n’est ni de gauche, ni de droite, seulement qui actionne en permanence la marche arrière, debout sur la pédale du frein quand on a besoin d’avancer en prenant des risques. L’Europe est une idée neuve parce qu’elle est une utopie. Rien n’oblige, si ce n’est la volonté de construire un espace de vie humaine conforme à des valeurs, de faire l’Europe. Bien sûr un marché de 500 millions de consommateurs, un espace de libre-échange ça attise des convoitises. Mais l’Europe ne se réduit pas à cette seule réalité. Elle est aussi culturelle avec une histoire profondément entremêlée de guerres et aussi d’échanges de savoirs, d’admiration et de respect. L’Europe s’est construite sur un passé de ruines, elle ne peut réaliser son projet qu’en imaginant ses futures cathédrales, ses pyramides d’Egypte et ses absences de murs. Des murs, elle ne devra retenir que les peintures qui les recouvrent, que l’imagination qui les perce, que les foules qui les submergent.
Mais à ce jour, alors que Nicolas Sarkozy avait fait de la Présidence Française un enjeu fort en terme de levier d’action, qu’il a pu
à juste titre tonitruer sur le dynamisme insufflé et certains résultats obtenus, c’est comme si, du moment que ce n’est pas lui (nous ?) qui
était en vedette, il n’y avait plus rien à dire. Les listes UMP qui caracolent en tête des sondages
sont peu connues et assez silencieuses, la plupart des listes concurrentes, en dessous de tout, en ont fait un enjeu national antisarko. C’est assez
triste. Mais pas suffisant pour ne pas voter !
D’ici les élections, on va essayer de comprendre un petit peu. Pour se faire une idée et voter le mieux possible. (Vaste programme ! Comme
disait De Gaulle, à propos d’autre chose)
La suite au prochain numéro…
Commentaires