Samedi 10 juin 2006

Ça  y est ! En même temps que la Coupe du monde de foot, la campagne électorale des présidentielles est lancée. Même si la liste des candidats n’est pas totalement arrêtée, même si les partis n’ont pas encore indiqué quel chevalier ou gente dame portera leurs couleurs, les médias ont donné le top. Nous avions eu quelques galops d’essai (interviews de candidats à la candidature), de candidats qui se sont auto investis, mais les uns et les autres ne s’étaient pas encore vraiment jaugés de façon à identifier qui était pour chacun son  principal concurrent. Dès lors que l’image des vainqueurs potentiels se dessine (on n’est que deux au deuxième tour) la scène s’installe, les projecteurs se tournent, les premiers rôles  entrent en lice tandis que les figurants, maquilleuses, costumières, techniciens restent au second plan ou dans les coulisses. C’est une élection très importante, tant il y a un consensus pour considérer qu’une page doit se tourner. Majorité et opposition reconnaissent des institutions à bout de souffle, un rôle de contrôle par le parlement insuffisant, une crise de confiance, une exigence de justice, un besoin de sécurité. Les Français ont-ils encore envie d’une France qui prétende jouer les premiers rôles toujours et partout comme si on devait éternellement vivre sur cet héritage Gaullien, issu de la deuxième guerre mondiale ? Les français n’attendent –t-ils pas autre chose : des actions plus proches de leur vie quotidienne, faite pour beaucoup d’entre eux de soucis : soucis de travail, de fin de mois, d’enfants en difficultés, d’absence de perspectives. Peuvent-ils encore accepter sans ecoeurement et sans dégoût les licenciements d’un côté, les magouilles de l’autre ? L’argent doit-il servir à autre chose dans les entreprises qu’à investir dans l’outil de production, dans la qualité, la compétitivité, l’innovation et puis ensuite prioritairement à rémunérer et récompenser ses salariés, et enfin, mais quand même un peu après à rémunérer ceux qui amènent de l’argent dans l’entreprise, les actionnaires ?  N’y-a-t-il pas besoin de renforcer les secteurs de l’économie sociale ? Jusqu’où doit-on aller dans les déréglementations ? Tous les secteurs de la vie sociale doivent-ils être considérés comme des espaces mercantiles ? (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas obéir à des logiques de bonne gestion ). Quel rôle la France veut-elle jouer en Europe ? Comment rattraper, positivement, ce qui fut une avertissement donné par le peuple, hélas, contre son propre intérêt, le non à la constitution européenne ? De quelle rupture parle Sarkozy, membre influent du gouvernement et chef de la majorité ? Les propositions du parti socialiste sont-elles comme l’a affirmé MAM face au compagnon de Ségolène, sans imagination, et marquées par un esprit de restauration, le mot retour étant cité maintes fois, disait-elle ? Si Nicolas est président, François Fillon sera-t-il premier ministre ? Après Vaira Vike-Freiberga, présidente de la lettonie, d’ Ellen Johnson-Sirleaf présidente du Liberia, de Michelle Bachelet, présidente du Chili, Ségolène Royal sera-t-elle la première femme présidente de la France ?  (Il y a quelques années, Jacques Chirac avait prédit : la prochaine présidente sera Martine Aubry ! )Echapperons-nous à un second tour catastrophe Le Pen-José Bové ? Quelle place sera faite au débat d’idées dans cette campagne ? Qu’est-ce que chaque candidat proposera pour réduire la dette ?

 

 

 

Il n’est pas d’usage qu’un élu local fasse part de ses propres idées politiques. Sans doute par crainte que cela ait des conséquences pour lui : on ne politise pas les élections municipales car, en fait, la synergie d’une équipe tient à bien d’autres choses, malheureusement rarement réunies. En fait, ce qui est vrai d’un conseil municipal, l’est aussi du pays. A partir du moment où les gens en place ont vraiment envie d’agir dans l’intérêt public national, la couleur est sans importance. L’idéologie disparaît devant les choix pratiques. Ce que les maires des banlieues étaient capables de faire ensemble lors de la crise de novembre témoigne suffisamment que face au péril, la république se rassemble. Sur le blog, nous essaierons d’analyser et de discuter des propositions et des arguments qui nous sont donnés par les candidats et ceux qui les soutiennent, sans parti pris, mais en essayant d’aller au fond. Cela n’a pas grande conséquence, cela n’influencera pas le vote, ce sera une contribution au débat auquel vous êtes bien sûr cordialement invités. 

 

 

 

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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