Jeudi 8 juin 2006

Lorsqu’on parle trop, on finit par bavarder. Le bavard qui s’écoute n’écoute pas assez les autres. Un peu de silence fait du bien. On a parlé en son temps du règne du spectacle, de l’image, reflet inversé de la réalité (comme dans un miroir) qui, même partielle, éclatée, fragment,  veut se faire passer pour la totalité, illusion concrète, domination absolue  du mensonge sur la vérité. Le son (quand vous lisez, entendez-vous les mots qui claquent comme vos chaussures, marchant dans  une rue déserte) contribue aussi à faire tourner sur elle-même cette grande toupie illusoire : le bla-bla, les mots creux, la cosse vide des idées…Il faut plus de recul : plus de réflexion (réfléchir sans être le reflet).  Pas à pas, je voudrais écrire le journal de ce petit  élu des grandes campagnes. La modestie de la situation est formidable : l’angle de vue est panoramique. Mais la difficulté est entière : on parle souvent plus haut que soi, ce n’est pas satisfaisant. Mieux vaudrait se taire et pourtant, on s’est décidé aussi à parler !  Aujourd’hui, plus que jamais, se pose la question du sens de ce que nous faisons ? Parler pour ne rien dire ? Ne rien dire pour écouter ? Ecouter pour comprendre ? Comprendre pour proposer ? Parler !

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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