Mercredi 10 mai 2006

Pardon pour les droits d'auteur. Mais la poésie peut (doit) circuler sous le manteau. Tant que ne sont pas lésés les droits des poètes. Ainsi, ce beau poème de Pierre Reverdy, notre voisin de Solesmes, un des plus brillants qui fut dans la première et quelque moitié du siècle que nous avons laissé derrière nous. Toutes les poésies luttent contre l’esclavage et l’un des poètes à qui je dois beaucoup  (Pierre Tilman) a titré un jour : « L’esclavage n’a pas été aboli ». (Post-scriptum : je suis toujours à la recherche d'un numéro de la revue Nord-Sud  que Reverdy avait créée avec Vicente Huidobro dans les si belles années créatives de ce jeune  20ième siècle)  

 

Tard dans la vie Je suis dur
Je suis tendre
Et j'ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place ou la foudre a frappé trop souvent
Un coeur ou chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement

(Pierre Reverdy)

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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