Mardi 18 avril 2006

Cette année là, Jack Lang, ministre de la culture avait décidé que le 23 avril serait la journée nationale de la poésie. A partir de cette information, Christian Gorelli, encouragé par le succès de la nuit de la poésie du mois d’octobre 82, avait eu l’idée de décréter 1983 « Année de la Poésie au Mans ». Pour la communication, une affiche avait été réalisée par les mêmes graphistes, Sylvie et Joël Jupin, qui avaient créé celle de la « Nuit », un dépliant reprenant le dessin de l’affiche (des personnes marchant dans une atmosphère urbaine), enfin la télé régionale avait fait un reportage où on nous voyait notamment corriger l’orthographe de la plaque de rue dédiée à « Beaudelaire ». L’initiative conçue et réalisée par le collectif Poésie et la revue Parole  restait sous l’animation de C Gorelli. Le programme de cette année poésie s’annonçait particulièrement riche. Le samedi 29 janvier à 21 h la Nuit de la nouvelle poésie française lançait le programme avec les poètes Vénus Khoury-Ghata, Gérard Noiret, Jean-Michel Maulpoix, Jean-Pierre Lemaire accompagnés de Paule D’Hériat, comédienne, Achille Awado, chanteur, Jacques Ferré, Guitariste. Le dépliant annonçait mystérieusement un invité surprise « le poète de 11 heures ». Le prix de l’entrée était fixé à 10 F, la soirée comprenait également une vente et signature de livres. La Nuit de la Poésie Française investit le Hall d’exposition du Palais des Congrès et de la Culture du Mans. Avec le recul, la venue de ces poètes au Mans en dehors d’un autre événement culturel important (24 heures du livre par exemple) représentait quelque chose d’exceptionnel.

La soirée fut assez difficile en raison d’un concert qui se déroulait ce soir là dans la grande salle du palais, et  bien sûr, la poésie ne pouvait pas rivaliser avec les watts. Le poète de 11 heures devait être Marcel Tavé dont le passage à la direction culturelle du palais des congrès et de la culture du Mans fut très bref. Dans le numéro 13 de Parole, il donna un poème « Une comptine du père Ubu » en hommage peut-être à son patron d’un moment. Cette année poésie, Christian Gorelli dans le poème qui ouvrait le numéro 13 de la revue, l’avait évoquée : 
 « …Nous interviendrons dans l’instant, soufflant sur des brindilles….Nous métamorphoserons les pylônes. Ils sont l’alphabet de l’époque, ses cris et son discours. Traversent les passants
Vous ne changerez la vie que si vous vivez l’échange » et ce à quoi mon poème répondait « On fera quelque chose, avec vos silences magnifiques, et mieux qu’un feu et mieux qu’un poème et mieux qu’un lit »
Beaucoup d’autres manifestations étaient annoncées, mais avant de vous en parler, les poètes de ce 29 janvier méritent tous un petit arrêt sur image, que je vous proposerai cette semaine. 

La suite au prochain numéro

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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