Mardi soir à Saint-Symphorien, l’Europa jazz a fait escale dans le cadre du régional tour. Le Claude Tchamitchian New Lousadzak nous a régalés de ses « Human Songs » Cette formation est composée de pointures autour de Claude Tchamitchian, contrebassiste et compositeur. Aux guitares, Raymond Boni et Rémi Charmasson, à la voix et à la trompette Mederic Collignon, aux saxophones Lionel Garcin et Daunik Lazro, à la batterie Ramon Lopez et au tuba Daniel Malavergne. Les musiciens jouent les compositions de Tchamitchian et ils enregistreront à Paris dans la foulée. Ce fut un long set où beaucoup d’histoires furent racontées, où beaucoup de portes s’ouvrirent. C’est une musique sans concession qui nécessite de l’écoute, de l’attention, mais qui reste accessible. On traverse des émotions, des toboggans, plusieurs sortes de jungles, on se retrouve primitif, on passe par des moments si calmes et d’autres plus rudes, on ne reste pas immobile, on participe au voyage. J’ai ressenti un grand respect entre les musiciens, une grande conscience, qui autorise la plus grande liberté. Ce fut un très beau et bon moment. J’ai eu la chance de dire des poèmes en compagnie de trois de ces musiciens dans des spectacles. Avec Raymond Boni au Mans, avec Claude Tchamitchian et Raymond Boni sur le toit de la cité radieuse « Le Corbusier » à Marseille ; avec Rémi en Provence et à l’île du planier. Je connais Raymond Boni depuis 1968 à Toulon, à l’époque de la mansarde. On l’avait rencontré au bar du Neptunia, sur le port. C’était déjà un excellent guitariste, il jouait avec les gitans. Je m’en souviens à l’Early bird à Antibes, un soir où Archie Shepp était là, un peu allumé. Raymond avait joué avec un verre sur le manche de la guitare. Il cherchait des sons. Il ne faisait aucune concession. Il n’a pas changé. On a parlé un peu après le concert, de la situation, de son fils contrebassiste. Il disait qu’il fallait à peu près 20 ans de musique pour atteindre le niveau. C’est un véritable artiste.
Et moi, j’étais déjà si mauvais poète que je ne savais pas aller jusqu’au bout ! (B Cendrars)
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