Lui
Je suis loin si loin de la mer des méridiens et des princesses des villes je n’entends plus ta radio tes chansons ton
rire la fête de tes yeux les vagues je ne vois plus tes cils comme des cordages
J’ai parlé trop loin trop haut et mon cri s’est perdu dans l’espace
Ici la plaine m’égare je ne reconnaîs plus le ciel je ne vois que son gris métal et ses moutons qui passent lentement
Je cherche l’été avec des mains d’aveugle je traduis les mots un par un en triant des aiguilles et en accompagnant des corps vieillissants près du
puits je sépare les pieres usées du reste du tas de pierres et la nuit je t’appelle en scrutant les étoiles si je pouvais m’accrocher à leur échelle cosmique si je pouvais remonter lentement vers
le ciel sauter dans leur chariot et prendre la voie express repèrer ton visage à l’écume du jour et descendre en mouette jusqu’au port jusqu’aux fenêtres qui s’ouvrent sur le nouveau monde le nouveau monde le nouveau monde
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