Vendredi 10 mars 2006

Lui

Je suis loin si loin de la mer des méridiens et des princesses des villes je n’entends plus ta radio tes chansons ton rire la fête de tes yeux les vagues je ne vois plus tes cils comme des cordages
J’ai parlé trop loin trop haut et mon cri  s’est perdu dans l’espace
Ici la plaine m’égare je ne reconnaîs plus le ciel je ne vois que son gris métal et ses moutons qui passent lentement
Je cherche l’été avec des mains d’aveugle  je traduis les mots un par un en triant des aiguilles et en accompagnant des corps vieillissants près du puits je sépare les pieres usées du reste du tas de pierres et la nuit je t’appelle en scrutant les étoiles si je pouvais m’accrocher à leur échelle cosmique si je pouvais remonter lentement vers le ciel sauter dans leur chariot  et prendre la voie express  repèrer ton visage  à l’écume du jour et descendre en mouette jusqu’au port jusqu’aux fenêtres qui s’ouvrent sur le nouveau monde le nouveau monde le nouveau monde

 

par Bernard Gueit publié dans : poème
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