Mardi 7 mars 2006

Lui 
La terre et ses ondulations et son rythme de fossés de champs ouverts sur le ciel  ses terrasses brunes et ses tapis verts ou jaunes selon l’œil des saisons  son mouvement d’horloge lent et solennel son église intérieure dans la brume d’automne douce comme un miel d’abeille je te reconnais là mon pays que je n’ai pas eu je suis assis sur ton ventre lourd j’entends le battement de ton pouls et je sens la chaleur de tes paumes je file sur le  ruban gris  de la petite route mouillée Je revois les bosquets dans les phares les petits bois les croix des chemins montois les calvaires fleuris à l’angle des carrefours les chemins de ferme et les bâtisses au fond du paysage les moulins cachés sur la rivière et tous ces secrets enfouis dans les pierres tous ces mots qui gardent leur mystère ces élans ces départs du coeur  mon pays que je ne connaîs pas tu es lent et seul et portes de multiples visages de l’automne à l’été  un long passé de cicatrices dans les haies dans les labours dans les granges dans les étables  je t’endends mon pays qui n’est  pas le mien ruminer l’herbe de ta pensée je t’endends  remuer l’espoir tous les matins s’entourent d’un halo de lumière tous les  matins brillent de mille feux  quand le soleil accrochant sa barbe à la cime des arbres escalade le ciel comme un dieu 

par Bernard Gueit publié dans : poème
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