Vendredi 3 mars 2006

Te voilà débarquant d’un pas imaginaire
dans un sillage de bruits au milieu d’une ville
où parler fait escale quelques jours sans dormir
une ville à voix haute où s’amarre le soleil
une porte poussiéreuse où les guitares klaxonnent
une fille secoue sa crinière de sel rose

les jonques bleues des sirènes glissent le long des trottoirs
une ville qui tangue à la houle du ciel

les marins les taxis les dockers les barmaids
les poissons aux dents jaunes pollués jusqu’aux os
cette ville est un port


Ne bouge pas d’ici

très près du lieu où les bêtes vont boire
se trouve le grand échangeur
dansent les pas perdus 
en surface de la nuit
dans la grande salle d’attente du monde
on écrase les cigarettes
sur le cœur

 

 

par Bernard Gueit publié dans : poème
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