Jeudi 23 février 2006

Dans un livre publié en 1999, Ignacio Ramonet (Attac, Le Monde Diplomatique) dénonce les manipulations dont sont victimes les citoyens sous le double effet de la logique de l’information devenue « marchandise » et de l’avènement du multimédia qui réalise la convergence des médias textes, sons et images vers un seul support numérique échangeable à la vitesse de la lumière. A l’appui de nombreux exemples (les faux charniers de Roumanie lors de la chute des Ceaucescu, les interviews bidons de Fidel Castro par PPDA, les reportages arrangés où de vrais gendarmes jouent les faux bandits, les images rendues télégéniques), mais aussi la façon dont sont exploités (ou créés ?)les événements mondiaux (la chute du mur de Berlin, la première guerre du golf, l’affaire Lewinsky-Clinton, la mort de Diana,), il s’attache à montrer comment les empires médiatiques de plus en plus en plus concentrés autour de la TV , la téléphonie, l’Internet organisent le grand mensonge mondial. (Winston Churchill n’aurait plus de mot ! Cf : article précédent.). En particulier, en observant la télévision, qui n’est pas là pour informer, mais pour divertir, et qui décide de l’actualité du moment,  Ignacio Ramonet pointe que la règle du direct, du live, de l’instantané, de la connectivité, de l’image en temps réel empêche toute prise de recul, toute réflexion, et abuse nos sens, en les privant du correctif nécessaire de la raison. On vous l’a montré donc, c’est vrai. Vous avez vu le témoin (il n’est pas journaliste) parler à la télé, donc c’est vrai. Les images, insensées, suffisent à dire la vérité. Mais le plus dur, c’est lorsqu’il confie : « Nous demandions à nos parents, à propos des crimes nazis, qu’avez-vous fait ? et ils nous répondaient : nous ne savions pas. Nos enfants nous demanderont : lors du génocide du Rwanda, qu’avez-vous fait ? Nous répondrons : nous nous occupions de Stéphanie de Monaco. » (Brrrr !)

Ce livre nous interpelle, nous autres, internautes par mode ( ?), curiosité ( ?), blogueurs par plaisir (écrire ?), ou par vanité (se montrer ? être visible ?). Dans un des premiers articles du blog publié le 10 décembre 2005 (réunion d’adjoints du 8), j’avais évoqué ces questions. J’ai écrit qu’Internet apportait cette instantanéité (« C’est romantique, Internet, un simple clic, et c’est en ligne » cite Ignacio Ramonet de la bouche d’un personnage peu sympathique). Avec Internet, tout citoyen peut être à la tête d’un média mondial. On en voit le danger : si les lecteurs sont amenés à prendre le blog pour autre chose que ce qu’il est, à savoir un moyen qu’a une personne d’exprimer des idées, d’échanger (commentaires autorisés), de donner éventuellement de l’information, mais en en précisant le contexte subjectif (c’est mon journal d’élu de campagne), alors il y a manipulation.
Mais ce n’est pas le média qui manipule, c’est l’homme ! C’est le contraire de mon projet.

 

 

 

 

Ignacio Ramonet

 

 

La tyrannie de la communication

 

 

Editions Galilée
ISBN : 2-7186-0512-X

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Voir tous les articles

Recherche

publier sur le web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus