Enfin, la voici. Après avoir longtemps attendu, différé, réfléchi, d’une seule traite, ma vision personnelle de ces 7 années passées en tant qu’adjoint aux associations, à la culture et au tourisme
de notre bonne ville de Brûlon.
D’abord, pour le maire Daniel Coudreuse et son équipe, ce mandat fut un mandat de réalisations. S’il fallait le qualifier, j’oserais dire qu’il accomplit en lui donnant tout son sens le projet
initié par M Mary. De la création de richesses (la zone industrielle) à l’investissement social (l’Espace Vègre et Champagne) la trajectoire1981/2008 ne peut être mieux représentée que par la
route qui va relier les deux infrastructures. Au delà des rapprochements purement arithmétiques entre le coût de l’investissement de l’Espace et le montant de la taxe professionnelle acquittée
par FPEE, cette trajectoire donne du sens à la présence du patron de cette société locomotive de la zone industrielle sur la liste du maire sortant. On objectera que la communauté de communes est
de fait le porteur de ces projets, mais la communauté de communes n’est que le filtre qui permet de faire émerger au bon niveau les projets les plus structurants du territoire que lui apportent
les communes. Brûlon a porté très fort le besoin d’Espace Multifonctions, la communauté de communes l’a peu à peu intégré comme un équipement indispensable à son territoire
Je crois que cet esprit du mandat, qui avait encore quelque part les pieds dans les années 1980, a rendu plus difficile mon intégration dans ce qu’on appelle la municipalité, c'est-à-dire la
réunion du maire et des adjoints. Il y avait un écart de vécu entre le noyau et moi. Je n’ai jamais ressenti cette différence avec le conseil municipal, peut-être parce que nombre de conseillers
n’avaient pas participé aux mandats de M Mary.
C’est (peut-être ?) une des raisons parmi d’autres, qui m’ont empêché, parfois seulement, mais de façon tranchée, à partager la vision commune.
A cela s’est ajoutée la conception personnelle que j’avais du rôle d’un adjoint dans une commune dynamique qui fait des choix et qui s’expose aux risques : prendre du recul.
Pour aggraver mon cas, j’avoue que je ne m’intéresse pas aux détails.
Ce n’est pas un secret, je ne me suis pas entendu avec tout le monde. J’ai essuyé quelques reproches (un manque de présence) que j’ai préférés jeter au feu. Pour ne garder que les bons souvenirs.
Alors sur ce bilan, je souhaite prendre ma part dans l’obtention de la subvention Feder pour la réserve d’eau, dans la réflexion autour de l’achat du prieuré, dans la réussite de l’organisation
de la coupe d’Europe de VTT, dans les efforts pour décider le conseil de prendre le virage de la ZPPAUP, dans l’implication pour les petites cités de caractère, sur l’ensemble du dossier de
financement de l’Espace, dans la mise en place du syndicat d’initiative, des visites commentées de Brûlon, dans notre présence auprès de la Vallée de la Sarthe sur les programmes Leader+, dans la
discussion finale précédant le vote du PLU, et dans ce qui me plaisait le plus : faire mûrir, faire avancer, apporter l’eau de la réflexion au moulin de l’action.
Mais il y a aussi, une part d’ombre à cette lumière. Je ne fus pas assez convaincant sur deux ou trois points.
Pour en rester à ce qui était de mes compétences, je ne conçois pas de véritable politique culturelle ou touristique, c'est-à-dire d’ambition dans ces domaines, qui puisse s’exercer dans le cadre
étroit de Brûlon ou de sa communauté de communes. Compte tenu de notre faible population mais composée d’individus qui ont les mêmes besoins que s’ils étaient plus nombreux, il y a un travail de
positionnement des sujets à faire sur lequel j’ai échoué.
C’est à ce moment de conscience, où je commençais à respirer plus mal, que l’idée du blog surgit comme une bouffée d’air.
Je reconnais, que suite à ces échecs notamment sur le sujet culturel, j’ai fait la «grève» car je pensais qu’il valait mieux attendre que de faire quelque chose d’étriqué qui n’aurait fait que
renforcer ce repli sur soi que je combattais.
En grève sur le plan culturel, délégué au tourisme au plan communautaire (hors compétence commune), il ne me restait que les associations dont j’ai toujours cherché à défendre les intérêts
notamment lors des votes de subvention.
On me reprocha ainsi de faire peu de choses, alors que si peu de choses m’étaient confiées !
Quand j’avais un dossier intéressant, je trouvais le temps malgré mes obligations professionnelles, lorsque je n’eus plus rien, je n’avais plus de temps ! Je me suis parfois ennuyé.
Mais arrêtons là ces élans rousseauistes. Nous avons ri, aussi, nous avons eu des discussions passionnantes et passionnées, sur l’Europe, sur l’agriculture, sur l’environnement, sur un peu
tout !
Et si c'était à refaire, je le referais.
Nous avons assisté à la présentation de la liste hier, qui s’est bien renforcée avec notamment l’arrivée de jeunes femmes aux compétences pleines de promesses.
Je suis convaincu que l’alchimie de cette nouvelle équipe fera aussi bien là où nous avons réussi et mieux là où nous avons échoué.
Au maire, aux anciens qui restent, aux nouveaux qui arrivent, le «journaleux d’un élu de campagne » leur souhaite d’abord d’être élu et une pleine réussite dans la conduite des affaires
municipales.
Le petit feuilleton du « Journal d’un élu de campagne » s’achève ici.
Pardonnez l’outrecuidance de son auteur qui signe ci-dessous, le 23 février 2008 :
Bernard Gueit, brûlonnais.
Grande Amitié
Daniel