Ce matin lundi 23 janvier 2006, jour le plus triste de l’année, rapportait France-Inter, selon un chercheur anglais, TGV 7h59, direction Paris. Ce matin,
la France
est fatiguée, à part quelques jeunes, un écouteur dans les oreilles, pas de pc portable ou de dossier ouvert, beaucoup ont la tête en arrière, les yeux fermés, ils somnolent au seuil de la nouvelle semaine. Que se passe-t-il dans leur tête, dans cet espace qui ne dure que 55 minutes exactement où l’on voit défiler, mais à toute vitesse, la copie du paysage, autour de Chartres,
la Beauce
, où les rêves s’étirent comme un banc de brume, jusqu’à devenir le fil du baladeur MP3, la boucle brune de la jeune femme qui passe en titubant dans ce bateau ivre émergeant de l’atlantique.
La France
est fatiguée jusqu’au fond des yeux, et pourtant elle (beauce) bosse. A quoi l’amuse- t-on ? TGV 7h59, j’ai sauté dedans quand j’ai vu que le 8h 19 avait 30 minutes de retard. Je valide le journal municipal « Le Petit Brûlonnais » année 2005 pour l’imprimeur, je lis un peu des "fils de
la Médina
", de Naguib Mahfouz, je ferme les yeux, je pense à Gorelli, et son TGV Poème « Plus l’homme va vite, moins il a de temps pour savoir où il va »
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