A Daniel Biga
A midi, avant d’aller à la bibliothèque lire les poètes,
J’irai au kiosque (mais il n’y a plus de kiosque) m’acheter un sandwich
Un pan bagna de préférence (mais les meilleurs du monde sont à Nice) au pays de Biga, entre la gare et l’avenue Gambetta,
Ou si je me trompe, à la gare sud, point de départ du train des pignes,
Mais c’est sûr les meilleurs pan bagna du monde sont à Nice, où un traité européen fut signé,
Où il y a un quartier de musiciens et des russes comme la nostalgie n’en fait plus,
Mais je ne suis plus à Nice à étudier les jolies lettres au milieu des plus belles filles de la côte d’azur,
J’irai tout de go un sandwich m’acheter au Mans, pays des rillettes des 24 heures et des ouvriers solidaires,
Mais il n’y a plus de culture ouvrière ni de pan bagna
Moi-même je n’arrive plus à être communiste même entêté, suis quand même anarchiste
Au moins avec mon écharpe noire et mes idées, (c’est très difficile d’être anarchiste, il faut avoir beaucoup trop Conscience (confiance) en l’homme car la différence entre les communistes et nous (les anarchistes) c’est que les Communistes croient qu’une structure va changer l’homme, et nous nous pensons que c’est l’homme qui Changera l’homme et la seule chose qui nous sépare des chrétiens, et sans doute d’autres religions que je Connais moins, c’est que nous les anarchistes, nous allons faire ce boulot là sans Dieu, faites en autant ! )
Quand je mange mon sandwich, en pensant à la fac de lettres de Nice, Boulevard Carlone en 69, quand je pense à la lumière et à notre légèreté, je pleure
Des larmes d’amour, de joie, et d’espoir inassouvi.
Pâques 2005
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