Le 18 mars 2001 (jour anniversaire de la commune de Paris de 1871), Fabien (Divers Droite) battait Guy (Divers Droite) par le score sans appel de 58, 5% contre 41,4% et 35, 11 % d’abstentions. Cette défaite sévère portait un coup d’arrêt à une ambition politique.
L’élection du maire eut lieu dans la foulée. C’est l’une des rares séances où il y a de la galerie. Le public a été rarement présent lors de nos débats, sauf intervenants ou personnes concernées par une délibération.
La tension était perceptible. En préparation à cette élection, des entrevues, échanges avaient eu lieu, auxquels je n’avais pas participé. Je ne fais donc qu’en rapporter les
conclusions, à savoir qu’il était entendu que Daniel et Gilbert, qui l’un comme l’autre pensait pouvoir l’emporter, se présenteraient simultanément au poste de premier magistrat de la
commune de Brûlon. Et que celui qui ne serait pas élu se présenterait au poste de premier adjoint.
Je crois me souvenir avoir glissé à Gilbert, alors que chacun prenait sa place « Être ou ne pas être, voilà la question ! » et qu’il me répliqua « Le cœur a ses raisons que la
raison ne connaît pas ! »
On procéda à l’élection. Auparavant Guy, qui occupait (protocole) la place du maire en bout de table, voulut dire quelques mots pour préciser en s’adressant au public qu’il ne serait pas
candidat contrairement à ce que certains avaient pu colporter. Cette intervention crispa fortement Gilbert dont la tension intérieure à ce moment était vive. A l’appel à candidatures, les deux
candidats se déclarèrent, ce qui déclencha frissons et murmures dans le public.
Chacun de nous vota sur de petits papiers. Le dépouillement commença : Gilbert, Daniel, Gilbert, Daniel, …..A la fin, 8 contre 7 en faveur de Daniel. Guy lui proposa immédiatement de prendre sa place. Visiblement ému, le 40ème maire de Brûlon indiqua qu’il parlerait un peu plus tard.
Alors, on procéda à l’élection des adjoints. Comme convenu, on s’attendait à ce que Gilbert se porte candidat au poste de premier adjoint. Mais déçu et vexé, il fit la tête qu’il secoua négativement. Alors Guy lui souffla la place. Le poste de deuxième adjoint revenait à Catherine qui l’obtint sans difficulté. (Gilbert refusant toujours de se porter candidat). Troisième adjoint : ce pouvait encore être lui. Je me penchais vers lui, mais il ne voulut rien entendre. Guy et Daniel me firent signe. Je me portai candidat. Au premier tour, majorité relative. Au deuxième tour, toujours majorité relative. Il y aurait du avoir un troisième tour. Mais la secrétaire de Mairie, perturbée par cette séance peu courante, me déclara élu au deuxième tour. Personne ne dit rien dans le conseil, seul un ancien maire, dans le public, me le fit remarquer. Et voilà quels furent mes débuts dans l’arène !
Les photos que la presse fit pour annoncer la nouvelle municipalité témoignent de notre désarroi : les mines déconfites des uns et des autres montrent qu’après la belle unité, ce n’était pas le scénario envisagé. Qu’allait-il bien se passer ?
La suite au prochain numéro !
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