Samedi 7 janvier 2006

Ainsi, très jeune je me suis crue poète.

 

 Et j’ai aimé les nuits, belles et sombres, où  mon soleil brillait à l’intérieur aussi fragile que les feux des barques de pêcheurs,

Et l’air du large m’ouvrait  sa porte,

Et je marchais seule sur les cordages du temps,

En m’éloignant j’espérais que la tempête se calmerait,
et que le jour en m’apportant ses présents d’algues et ses odeurs salées

me déposerait sur la joue de la ville sans me faire mal

sans que je crie sans que quiconque se porte à mon secours

sauf pour rire dans la vague

  

Alors pour faire venir le jour

Et dans le tintement de chaînes de la nuit

Je me disais des histoires

 

Ils devaient venir de très loin

Ils naviguaient au fond du ciel

Leur bateau louvoyait entre les récifs des étoiles

Des vents violents les poursuivaient

Mais ils n’avaient pas peur pour eux Ils disaient n’avoir peur que pour moi, peur de ne pas arriver à temps

Ils regardaient, depuis là haut le grand précipice de la mer

Ils me cherchaient des yeux

Ils avaient fait un très long voyage

Ils m’apportaient des idées nouvelles

Curieusement, ils parvenaient à descendre le long des grands bras de la nuit jusqu' au quartier du port d’où s’élançaient mes rêves Ils étaient là. Je les sentais au bout de mes doigts. 

 Alors la vie pouvait commencer.

par Bernard Gueit publié dans : poème
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