Gavé de tous les biens de la terre. Et même rassasié, l’homme meurt, et de la même banderille. Et si un tribunal nous jugeait : Au moins avez vous été heureux ? Quel jugement si oui, quelle sentence si non ?
Le monde tressaille. La terre a parfois des hauts le corps, des tressautements, de sourdes explosions qui délivrent des messages, des brûlures, des vagues géantes.
Je suis très près de la nature que je ne comprends pas. Je suis très proche de la matière. Je voudrais que mes phrases aient le même élan que la rivière Vègre à Mondon, je voudrais que mes mots sachent prendre leur appui aussi profondément que la motte féodale de Brûlon conserve ses morts et ses merveilles, et que mes vers soient ciselés comme les ruines célestes du château de l’isle. Et que le poème nous soit contemporain qu’il avance avec nous au bord du précipice, qu’il ait le même vertige quand au bord de l’abîme, il nous faudra des ailes.
Car il s’agit de prendre en compte le monde de Houston à Poillé, d’Abidjan à Pékin, de bagdad à sydney.
Or le monde aujourd’hui se partage entre les vivants, les blessés et les morts.
L’amour est la grande affaire, le grand sentiment qui nous ouvre le corps et libère dans l’esprit les beaux oiseaux de la philosophie. Alors on est plus prêt à affronter la chose.
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