Samedi 29 décembre 2007

En l’absence de Lénine (voir article précédent), nous eûmes, me semble-t-il, une ultime réunion de la liste pour analyser la situation. (les témoins de ces péripéties peuvent contribuer à corriger ce qu’il ne faut prendre que comme une contribution sans prétention à la mémoire de l’histoire locale)
Guy devait-il s’accrocher au deuxième tour ? Quelle était la cause de sa défaite ? Guy payait peut-être la frustration des Brûlonnais vexés qu’il choisisse des postes plus prestigieux que « simple maire » ? Les élus communautaires lui reprochaient-ils ses méthodes ? Etaient-ils encore victimes du syndrome « Brûlon va tout récupérer au détriment des petites communes ? ». Les cousins saboliens se méfiaient-ils d’un pôle Loué-Brûlon, moins politiquement souple que celui dont ils ont finalement hérité ? Mais on eut beau refaire le match, le résultat resta inchangé ! Alors, quelque chose éclata au grand jour. Gilbert apporta froidement son analyse : « Brûlon doit peser fort sur la conduite des affaires de la Communauté de communes, car les élus Brûlonnais ont une expérience de la gestion de la zone industrielle, ont une maturité dans ce domaine que n’ont pas encore tous les collègues élus communautaires. Les gros projets (comme la salle des fêtes) doivent être portés par la Communauté de Communes car une grande partie des ressources qu’avait créées Brûlon ont été logiquement transférées, avec la compétence économique, à la Communauté de Communes. Or, pour briguer le mandat de président de communauté de communes, mieux vaut être maire de Brûlon. » Et Gilbert se tourna alors vers Daniel : « Auras-tu, si tu es maire, l’ambition d’être aussi président de la Communauté de Communes ? » Daniel s’était complètement concentré et projeté dans la fonction de maire dont il se faisait une très haute et très belle idée, la Communauté de Communes, c’était autre chose.

Alors, si Daniel ne briguait pas la Communauté de communes et qu’il fallait, pour qu’elle n’échappe pas à Brûlon, que le maire de Brûlon soit candidat, la conclusion allait de soi : Gilbert se devait d’être candidat au poste de maire de Brûlon.
En tout cas, c’est ainsi que les choses (toujours en l’absence de Lénine) nous furent présentées.

La suite au prochain numéro.

 
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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