Mercredi 26 décembre 2007
 

En 2001, le contexte était un peu compliqué. Guy, maire sortant et président de la Communauté de Communes se présentait au Conseil Général. Son argument, un peu en avance à l’époque, reposait sur le fait que les fonctions de Conseiller Général et de Président de la Communauté de Communes étaient proches au point de se confondre. De ce fait, il lui était difficile de briguer le mandat de maire de Brûlon. Ce choix était aussi lié à sa personnalité, plus enclin à prendre en main les leviers de l’action qu’à vivre la proximité immédiate des citoyens, malgré son attachement viscéral à Brûlon.

Mon soutien lui était entier, comme l’était depuis le départ mon soutien à Daniel.

Cependant, lors des différentes réunions préparatoires à l’élection (casting final de la liste, « promesse », i-e, « document programme » à l’intention des électeurs), ce n’était pas clair du tout. Un flou était entretenu, concernant la personne qui endosserait la fonction de premier magistrat.

Lors d’une réunion chez Guy, j’avais à la fin, en bon néophyte, posé la question essentielle : « Si nous l’emportons, qui sera le maire de Brûlon ? », Guy avait répliqué : « On mange la galette ! »
C’était une soirée où on n’y voyait plus très clair. Chez Daniel, nous avions mangé des rillettes et fait un peu de musique, mais nous ne se nous satisfaisions pas de cette situation.

Alors, la semaine suivante, chez Catherine, j’étais décidé à mettre les pieds dans le plat. Et à être positif. Plutôt que de s’ébrouer à chercher toutes les raisons pour lesquelles l’un moins que l’autre n’aurait pas la carrure, mieux valait mettre en avant les raisons qui me faisaient soutenir Daniel. Je ne me rappelle plus le détail de ce que j’ai pu avancer, mais en gros ce sont les mêmes raisons qui ont fait qu’il s’est très facilement affirmé comme le 40ème maire légitime de Brûlon. Aucun des arguments apportés par les sceptiques ne tient la route sept ans plus tard. Guy avait indiqué qu’il souhaitait que Daniel lui succède. Mais on sentait aussi, d’une façon très diffuse, une certaine défiance vis-à-vis de Guy. Pourtant, je pensais que son projet politique avait du sens et je n’imaginais pas que des brûlonnais responsables puissent, même secrètement, souhaiter sa chute. Mais ce sont les hommes (et les femmes) qui font la politique.

Au cours de cette réunion, on parla des adjoints. Je compris à travers les objections à ma candidature que des camps étaient constitués : on ne voulait plus de Guy et de ses préoccupations culturelles, ni de son projet de rapprochement avec Loué. J’aurais mieux accepté des ambitions portées par d’anciens conseillers qui auraient en bon droit fait valoir sur mes prétentions une expérience qui me faisait défaut. De curieuses alliances faillirent se nouer ! Au final, la personnalité de Daniel semblait se dégager. Je n’avais pas de visibilité sur un poste d’adjoint. ; Nous avions un peu avancé, semblait-il, mais sur la « promesse », il avait fallu un peu en rabattre, question patrimoine et culture ! En façade, l’unité semblait parfaite.
La suite nous rappela cette bonne vieille maxime des luttes politiques : « On n’est pas faible parce que divisé, on est divisé parce que faible ! »
La suite au prochain numéro : Malheur au vaincu !

 
 
 
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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