En 2001, le contexte était un peu compliqué. Guy, maire sortant et président de la Communauté de Communes se présentait au Conseil Général. Son argument, un peu en avance à l’époque, reposait sur
le fait que les fonctions de Conseiller Général et de Président de la Communauté de Communes étaient proches au point de se confondre. De ce fait, il lui était difficile de briguer le mandat
de maire de Brûlon. Ce choix était aussi lié à sa personnalité, plus enclin à prendre en main les leviers de l’action qu’à vivre la proximité immédiate des citoyens, malgré son attachement
viscéral à Brûlon.
Mon soutien lui était entier, comme l’était depuis le départ mon soutien à Daniel.
Cependant, lors des différentes réunions préparatoires à l’élection (casting final de la liste, « promesse », i-e, « document programme » à l’intention des électeurs), ce n’était pas clair du tout. Un flou était entretenu, concernant la personne qui endosserait la fonction de premier magistrat.
Lors d’une réunion chez Guy, j’avais à la fin, en bon néophyte, posé la question essentielle : « Si nous l’emportons, qui sera le maire de Brûlon ? », Guy avait
répliqué : « On mange la galette ! »
C’était une soirée où on n’y voyait plus très clair. Chez Daniel, nous avions mangé des rillettes et fait un peu de musique, mais nous ne se nous satisfaisions pas de cette situation.
Alors, la semaine suivante, chez Catherine, j’étais décidé à mettre les pieds dans le plat. Et à être positif. Plutôt que de s’ébrouer à chercher toutes les raisons pour lesquelles l’un moins que l’autre n’aurait pas la carrure, mieux valait mettre en avant les raisons qui me faisaient soutenir Daniel. Je ne me rappelle plus le détail de ce que j’ai pu avancer, mais en gros ce sont les mêmes raisons qui ont fait qu’il s’est très facilement affirmé comme le 40ème maire légitime de Brûlon. Aucun des arguments apportés par les sceptiques ne tient la route sept ans plus tard. Guy avait indiqué qu’il souhaitait que Daniel lui succède. Mais on sentait aussi, d’une façon très diffuse, une certaine défiance vis-à-vis de Guy. Pourtant, je pensais que son projet politique avait du sens et je n’imaginais pas que des brûlonnais responsables puissent, même secrètement, souhaiter sa chute. Mais ce sont les hommes (et les femmes) qui font la politique.
Au cours de cette réunion, on parla des adjoints. Je compris à travers les objections à ma candidature que des camps étaient constitués : on ne voulait plus de Guy et de ses préoccupations
culturelles, ni de son projet de rapprochement avec Loué. J’aurais mieux accepté des ambitions portées par d’anciens conseillers qui auraient en bon droit fait valoir sur mes prétentions une
expérience qui me faisait défaut. De curieuses alliances faillirent se nouer ! Au final, la personnalité de Daniel semblait se dégager. Je n’avais pas de visibilité sur un poste
d’adjoint. ; Nous avions un peu avancé, semblait-il, mais sur la « promesse », il avait fallu un peu en rabattre, question patrimoine et culture ! En façade, l’unité
semblait parfaite.
La suite nous rappela cette bonne vieille maxime des luttes politiques : « On n’est pas faible parce que divisé, on est divisé parce que faible ! »
La suite au prochain numéro : Malheur au vaincu !
Dommage de ne pas avoir mis les choses à plat!
Le mandat a prouvé qu'il n'y avait eu aucune répercussion sur la vie municipale.
Quant à l'existence de ton blog, moi je pense que tu peux continuer à l'alimenter sans souci. Je t'y encourage.
Changer son nom est une évidence mais le rendez-vous nous manquerait....
Merci, Dominique.
Répondre à chacun et à tous !
Le blog continuera, sans doute, en essayant d'éviter le piège du
"tautisme" ! C''est un néologisme, entendu à la radio, basé sur la contraction du mot tautologie (un vice logique, nous dit le Robert, consistant à présenter comme ayant un sens, une proposition dont le prédicat ne dit rien de plus que le sujet), et autisme, terrible maladie d'altération de la relation à l'extèrieur.
Pour la mise au clair, je suis d'accord avec toi : il vaut mieux, y compris pour la population, qui n'élit pas son maire au suffrage direct, annoncer la couleur.
Mais elle nécessitait de gérer des hypothèses : Guy est élu au conseil général ou Guy n'est pas élu.
Il aurait fallu traiter chaque cas séparément et en tirer toutes les conséquences, non seulement à la mairie (c'était la responsabilité de la liste), mais aussi à la Communauté de Communes et cela nous échappait. Honnêtement, je n'avais envisagé qu'une hypothèse : la victoire de Guy ! Du coup, quand le résultat est tombé, je n'avais pas beaucoup d'idées !
Mais, gardons un peu de suspense, l'histoire continue...