Mardi 18 décembre 2007
  Lorsque Daniel me fit un appel du pied pour rejoindre la liste à laquelle il appartenait pour les élections municipales de 2001, j’en fus naturellement flatté. Il y aurait beaucoup à écrire sur ce penchant masculin à se sentir important avec pas grand-chose, mais nous n’y pouvons rien. Pour la même raison que le léopard meurt avec ses taches, il y a quelque chose en nous de Tennessee.

Cependant, je réfléchissais. Et il me paraissait assez peu sérieux d’envisager une candidature sans projet ou, a minima, sans ligne directrice. Afin d’apporter une réponse un tant soit peu formalisée, j’ai rencontré Guy et Daniel pour leur exposer la vision que j’avais à l’époque d’une action culturelle en milieu rural. Car, il faut que je vous précise que c’est sur ce périmètre que j’étais censé apporter de la nouveauté.


J’avais une vision idéaliste (à quoi ça sert de se lancer dans l’action sans idéal ?) que j’avais posée sur le papier en vue de cet entretien. Il est, fidèlement, reproduit ci-après :    

Pour une politique, en milieu rural, de la culture qui a pour objectif à Brûlon :

1-       la qualité de la vie des habitants (enfants, adolescents, adultes actifs et retraités)

se traduisant par :

- des activités accessibles à tous

- des manifestations pour découvrir

- des spectacles pour se détendre

- des moments conviviaux pour bien vivre à Brûlon

           

2-       une amélioration méritée de la notoriété de Brûlon s’appuyant sur :

- la mise en valeur du patrimoine

- l’hébergement / organisation en pays Brûlonnais de manifestations reconnues

- une qualité de l’accueil 

Les clés du succès :
 

-          l’écoute des habitants

-          l’ouverture vers l’extérieur :

-          communes de la communauté Vègre et champagne et Communauté de Loué

-          partenariat

-          mise en réseau des entités organisatrices de manifestations culturelles en milieu rural
     


Je ne renie rien. Les choses furent plus dures que je ne l’avais imaginé. J’ai manqué aussi d’un soutien que je tenais alors pour acquis, celui de Guy, avec l’ouverture sur Loué qui me paraissait indispensable.Daniel et surtout Guy n’ont pas vu d’objection à cette orientation très sommaire et très solitaire.On parla aussi sérieusement de mon positionnement au sein de l’équipe municipale. Très franchement, je considérais que le temps nécessaire à ce que l’on attendait de moi méritait compensation financière. Il est évident pour toute personne élue au sein d’un conseil municipal qui prend à cœur sa mission, qu’elle ne pourra le faire qu’au détriment de sa vie familiale et/ou de sa vie professionnelle. Sans aller jusqu’à professionnaliser le « métier », il n’est pas anormal qu’une rétribution financière compense ces sacrifices. C’est donc, sans scrupule aucun, et aussi parce que je voulais peser sur les orientations que j’ai sollicité immédiatement un poste d’adjoint. Les choses n’étaient pas très claires concrètement, Mais il n’y avait pas d’objection, restaient à voir les modalités pratiques. On parla alors d’un possible quatrième adjoint.

C’est avec cette perspective que je me rendis en toute innocence aux réunions préparatoires à la finalisation de la liste, à l’écriture de la « promesse » et à bien d’autres choses pour lesquelles l’apparente bonhomie de nos quiets villages ne se laisse en rien dépasser par les villes retorses.

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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