Dimanche 25 novembre 2007

« Il nous avait appris à aimer le paysage tous ces chemins ces haies vives ces vallées ces anciennes fermes aux histoires extraordinaires qu’il nous faisait découvrir. L’horizon, comme ses années à lui jadis, était proche, on pouvait le toucher de la main, lui donner une petite tape amicale sur son museau. Au fur et à mesure que lui disparaît de notre champ visuel, on dirait que la terre a tourné et qu’elle n’est plus la même. Il n’y a plus que des buttes étrangères, des bois sévères aux arbres glacés, des clôtures, des barrières…Il n’y a plus les rosés dans les prés à portée de cueillette, la bonté des chevaux montant vers nous lentement en secouant la tête, ni la curiosité des veaux engourdis nous suivant du regard. Les engins défoncent le chemin sans dire bonjour écrasant les pauvres haies et les pauvres hères qu’elles abritent.

Seul un coq parfois relève le défi, défrayant la chronique. »
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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