Vendredi 2 décembre 2005
Quoi de neuf ? Quoi de neuf ? Pas grand-chose finalement ! et si ! Je n’en sais pas beaucoup plus que vous, parfois moins ! A quoi ça sert un adjoint à la culture, aux associations et au tourisme, entre 23 heures et 2 heures du matin ? (je me permets de citer le blog d’Alain Lambert :   A quoi ça sert un ministre…. à peu près aux mêmes heures !!!)
 
Nous sommes seuls. Sans doute le maire est seul,  le président de la communauté de communes aussi. Seul par rapport à qui ? Aux citoyens, aux membres des assemblées, à eux-mêmes ? Par rapport à leur vie de famille qu’ils sacrifient ? Cherchent-ils inconsciemment cette solitude ? Y-a -t-il un meilleur lieu pour en jouir que lorsqu’on est au milieu de la foule ? Y-a -t-il une meilleure cachette pour une aiguille que dans la boite à aiguilles ? Cette carapace indispensable à l’exercice de la fonction, admirable parfois, n’est elle pas absolument vitale comme le masque des apiculteurs ?.Appartenant à tout le monde, ils n’appartiennent à personne : je leur souhaite de tout cœur de s’appartenir, ne serait-ce qu’un tout petit peu ! Pour le petit Brûlonnais, le journal municipal, j’ai rencontré plusieurs maires de la communauté de communes. Dans ma vie, j’ai rencontré beaucoup de gens, et professionnellement, j’ai été amené à devoir en interviewer plus d’un. A chaque fois, j’ai été impressionné par cette tranquille assurance des maires. La démocratie leur donne une légitimité qui les transcende, ainsi que je l’avais immédiatement senti pour l’actuel maire de Brûlon. Avant les élections, certains étaient assez critiques : ils ne voyaient pas ce que la fonction était capable de transformer chez une personne. Ainsi, lorsque vous votez pour un candidat ou une candidate, ne vous attardez pas à ce qu’il est, regardez devant vous ce que la fonction sera capable de lui apporter et décidez vous par rapport au futur et non pas au passé.  Beaucoup de jeunes qui ne marchent pas au lycée deviennent brillants en fac parce qu’ils font ce qu’ils ont toujours rêvé de faire et plus ce qu’ils détestaient.
 
Les maires qui sont en première ligne et qui sont les seuls à réellement exercer la responsabilité dans les communes sont souvent taxés d’exercice solitaire du pouvoir. Ils décident souvent seuls ou ont l’impression, simplement parce qu’ils nous parlent, en toute transparence, de leurs diverses rencontres avec l’administration, les partenaires, les citoyens, qu’ils sont au maximum de ce que la démocratie permet. Ne leur en voulons pas : mais soyons lucides : si certains maires restent secrets, applaudissons ceux qui parlent, mais ne confondons pas le statut de spectateur des faits et actions du maire avec celui d’acteur. Au conseil municipal, il ne faut pas être comme à la télé ! Il faut s’exprimer ! Au risque de dire des bêtises, évidemment, et j’en assume une large part, mais c’est le lieu où la parole publique résonne et prend du sens sans micro, sans chaîne de télé, et où les mots de l’un pèsent aussi lourds que les mots de l’autre et où le pouvoir, si on le veut, peut-être partagé par tous.
 
Qui s’étonnera que les poètes dont la mission est de "donner un sens plus pur aux mots de la tribu » s’intéressent à cette académie démocratique et populaire ?
par bernard gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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