Lundi 28 novembre 2005
 
Les conseils municipaux les plus longs ne sont pas forcément ceux où on prend de grandes décisions. Ce sont ceux où on discute beaucoup. On peut être frappé d’ailleurs  de constater que des sujets à faible enjeu financier peuvent créer plus d’animation au conseil que des sujets à plus fort impact budgétaire.
 
C’et très intéressant car s’y révèle l’écart abyssal entre les valeurs qui structurent l’approche des problèmes par la France d’en bas et la  « méthode »  de l’approche des préoccupations des Français par la France d’en haut.
 
L’écart réel s’augmente dans les consciences de la représentation que haut et bas se font de l’approche de l’autre.
 
En conseil municipal, il n’y a pas de petit sujet : les questions diverses, qui sont les remontées issues de la vie quotidienne,  peuvent amener autant d’échanges que le vote de la vente d’un bâtiment communal qui ne va pas toucher immédiatement la vie quotidienne des gens, mais aura un impact positif sur le budget de la commune.
 
En fait, les enjeux ne sont pas perçus de la même façon. Les conseillers, qui représentent les citoyens, sont très attachés à la notion de justice, d’égalité. Ils ne veulent pas de passe-droit, et pour le vérifier, ils souhaitent de la « transparence » (le mot est un peu fort) mais tout au moins qu’on leur explique des situations un peu compliquées.
 
Doit-on considérer que cela est seulement dû à l’héritage culturel de la coutume de la province du Maine, dont Anne Fillon dit qu’elle est « dramatiquement égalitaire » ?
 
Pour partie peut-être, mais cette démarche de recherche d’égalité, de justice des citoyens au regard de la gestion communale est pour le moins légitime et conforme au mandat municipal qu’ont accepté les conseillers.
 
Cela dit, il serait peut-être bon que les soi-disant élites se penchent sur les comptes rendus de conseils municipaux de France et de Navarre (ceux qui retraceraient suffisamment  le détail des débats) : de la part de ceux qui la vivent, ceux qui vivent de la politique y pourraient lire en creux de véritables cahiers de doléances.
 
 A titre d’exemple, deux débats non exhaustifs du conseil municipal de Brûlon du 24 novembre 2005 sur des sujets aussi différents que la signalétique ou l’aide aux associations  témoignent de cette préoccupation de justice et d’équité.
  
 
 
 
 
 
 
«Compte rendu non officiel, partiel et partisan »
Conseil municipal du 24 novembre 2005
14 présents sur 15
 
1-Signalétique

Il existe aujourd’hui des matériels sympas de signalétique, donnant un aspect plus accueillant au bourg  en rendant un service important aux usagers, aux touristes et aux professionnels en terme d’orientation.
 
Aux entrées du bourg, des panneaux inviteront l’automobiliste à s’arrêter en mettant visuellement en avant les attraits de la commune (patrimoine, avec l’image du prieuré, histoire avec un télégraphe, et loisir détente avec Canoë et VTT, dans la ligne du projet de requalification de la base de loisirs)
 
Passés les panneaux d’entrée, on identifie du point de vue géographique deux grands besoins :
 
-la partie bourg avec les administrations, les commerces et officines, l’espace multifonctions, le stade et les différents lieux accueillant du public.
-la partie  plan d’eau, base de loisirs, camping de l’autre côté de la départementale.
 
 
 Le débat porte sur les commerces qu’il faudrait signaler, une fois passés les panneaux d’entrée du bourg.  Tous les commerces ? On risque de s’y perdre. Il faudrait signaler l’hôtel restaurant ! Mais si on en met un, que vont dire les autres ? Et si on indique les commerces en direction du centre, qu’en pensera celui situé sur la départementale ?
Doit-on signaler la pharmacie : oui, mais ce n’est pas un commerce !
( pourtant ce serait  pratique que ce soit signalé, surtout la nuit !)
 
Il faudra se donner une règle : signaler les commerces appartenant directement à l’économie touristique ? (Quelle participation financière de leur part ?)
 
Doit-on mettre commerces ou tous commerces ? Tous commerces, c’est un peu présomptueux ! Va pour commerces ! Faut-il ajouter « marché » ? Le marché ne ferait pas l’unanimité des commerçants, mais c’est l’association des artisans commerçants qui a souhaité le relancer !
 
Le marché du samedi existe depuis fort longtemps à Brûlon.. ( signalé dans le Pesche !) Quelques personnes essayent de le relancer en se regroupant un samedi par mois. Un marchand de légumes vient tous les samedis. (Ce n’est pas encore le marché quotidien de Toulon qu’a chanté Gilbert Bécaud, mais n’empêche un marché c’est sympa !)
Bon, on décide (pour l’instant), « Commerces-Marché le samedi ».
 
Pour le reste, ce n’est pas simple, car il faudra faire le jeu de piste dans le bourg. Heureusement que des conseillers de par leur métier sont habitués à circuler sur la commune pour y apporter le courrier !
 
Tant qu’on est dans la signalétique, on pourrait voir à rénover la signalétique des lieux-dits (ceux du cadastre)
 
 
2-De l’aide aux associations
 
 
Ce sujet n’a pas été inscrit en tant que tel à l’ordre du jour. Mais différents échanges ou décisions ayant été prises en conseil, échanges qui ont pu être prolongés lors de l’AG de Brûlon loisirs, il est possible du point de vue de la réflexion de tout regrouper sous un même thème. On aura compris que ce qui importe c’est la réflexion, laquelle ne suit pas la stricte chronologie de l’ordre du jour.
 
Lorsqu’on met un employé communal ou intercommunal à disposition d’un club loisirs, lorsqu’on met à disposition une salle pour une personne privée, mais qui anime un club jouant un rôle éminemment social à l’égard des jeunes filles, quand on donne une subvention en espèces sonnantes et trébuchantes à une association dont le compte est confortable, quand on accepte de prendre en charge du transport pour telle activité, quand on finance des cours de musique individuels (car la discipline ne peut s’enseigner autrement), quand on a affaire à une  association ambitieuse experte en lobbying, on est très rapidement confronté à des problèmes d’équité.  Et bien sûr, on peut être interpellé par ceux qui jugeront ne pas être  assez pris en considération alors que leur association , par exemple, apporte un service indispensable aux enfants (donc aux familles) pendant les vacances.
 
Comment valoriser chaque aide ? Comment la rendre suffisamment publique (visibilité) pour qu’elle n’apparaisse pas occulte (à tort ou à raison), sachant que les citoyens  ne s’y retrouvent pas toujours entre les aides commune/communauté de communes/pays/conseil général ? Comment éviter le sac de nœuds ?
 
Et comment tout cela va s’articuler avec la nouvelle salle et le gymnase ? 
 
De mon point de vue, encore une fois, il faut avoir une approche politique saine. (plus facile à dire qu’à faire, souffle la petite lumière de ma conscience !)
 
Une approche politique, c’est ne pas commencer par étudier le sujet sous l’angle financier, car on va aller directement à la solution sans  lire l’énoncé !
 
C’est éviter les raccourcis démagogiques et les idées faciles (Aider des jeunes non fortunés voulant apprendre la musique avec une exigence de travail, des examens, dans les mêmes conditions que pourraient s’offrir des jeunes plus fortunés, est-ce faire de l’élitisme ? Est-on condamner pour apprendre la musique quand on n’a pas d’argent à devoir défiler devant le monument aux morts ? Certes on n’en meurt pas, mais enfin ! Est-on bien conscient qu’on a changé de siècle !)
 
Il faut prendre les différents besoins et les consolider (les regrouper en les qualifiant, si possible).
Définir la compétence : ces besoins  relèvent-t-ils d’une compétence communale, intercommunale ou est-il du ressort de la personne morale ou physique privée ?
 
Une approche politique saine, c’est rechercher les complémentarités logiques en terme de partage ou d’exercice conjoint de compétence, entre les entités naturellement partenaires (les deux communautés de communes de Loué et de Vègre et Champagne, les deux communes de Loué et Brûlon).
 
Evidemment, à ce moment là on fait entrer la dimension financière, dans une stratégie gagnant/gagnant.
 
On a alors pris suffisamment de hauteur pour faire les choix et pour redescendre au niveau du détail.
 
Ce n’est pas facile, les conditions politiques ne sont pas aujourd’hui réunies. Mais ceux qui veulent avancer devront travailler à les réunir. D’autre part, même avec des conditions plus favorables, il ne faut pas oublier qu’on ne part pas de rien, mais qu’il y a un existant. Si on veut avancer, il faudra certainement remettre en cause une partie de l’existant !
 
Alors peut-être que votre beau parleur fera un peu moins le malin !  
par bernard gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Voir tous les articles

Recherche

Blog : Cinéma sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus