Traité de constitution Européeene
FRANCOIS BEAUGEY, d'Asnières sur vègre et partisan du non « Déclaration de guerre »
Je suis viscéralement Européen. Mais je suis hostile à l’esprit de ce Traité de Constitution. Les deux premières parties du rexte débutent par de très beles déclarations de principe, je ne peux le nier. Mais le texte tel qu’il apparît dans la troisième partie, est une véritable déclaration de guerre qui soumet toute politique à la loi impitoyable du marché. Je veux que l’Europe soit un phare social pour le monde avec des services publics qui servent l’homme et non les marchés.
Je m’adresse aux jeunes. J’ai beaucoup de petits enfants et je pense surtout à eux. U jeune qui fait la lecture de ce projet est bercé entre l’ilmlusion idiote de devenir multimilliardaire et celle, beaucoup plus plausible, de devenir un exclu de la société.
Ce traité n’offre rien de nouveau aux jeunes. Il propose uniquement de s’asseoir sur le ventre de ses voisins. Le modèle de société dont s’est inspirée cette Constitution, c’est le modèle ultra libéral américain. Paupérisation, criminalité, guerre internationale, sous couvert de mensonges… C’est ce que tout le monde peut constater. Est-ce vraiment cela que l’on souhaite à l’Europe ? Je ne pense pas.
Pour moi, le traité est ringard. C’est le travail d’un groupe de persones très âgées. Il n’y a dans ce projet aucun enthousiasme alors qu’il devrait en déborder. L’Europe a été le berceau de l’humanisme. L’Europe dont ont besoin les générations à venir est une Europe de l’entente, de la solidarité et du travail dans la coopération, pas dans l’hostilité.
Mes modèles européeens sont Vincent de Paul, Montaigne et Cervantès. C’est un humanisme qui permet de se rencontrer. Il s’adresse aussi bien aux croyants qu’aux agnostiques. On nous dit ici et à Paris qu’être partisan du « non » est une connerie (je passe sur la discourtoisie). J’y vois le signe d’une agressivité fondamentale chez les partisans du Oui.
Je suis surpris. Les médias anoncent que le Non va déclencher un cataclysme. Pourquoi prendrait-on le risque de remetre entre les mains du peuple français la possibilité de déclencher un tel péril.
(article publié dans « les Nouvelles », propos recueillis par Samuel Quignon)
BERNARD GUEIT , de Brûlon, et partisan du "Oui"« Déclaration de PAIX »
Regardez les monuments aux morts de vos villages. Vous y lirez votre nom. Demandez vous quel âge avaient ces malheureux et si pour eux l’Europe était trop libérale ?
C’est sur les ruines encore fumantes, vestiges de ce désastre humain, que fut la succession des deux guerres mondiales (le monde contre le monde) qu’est née l’idée d’une Europe en paix.
Car l’Europe est une idée, une idée en marche, qui ne s’arrête pas à la ratification d’un traité, ou à l’adhésion d’un pays.
La paix, les droits de l’homme y compris des personnes appartenant à des minorités, les droits de l’enfant, l’égalité entre les sexes, la non discrimination , la liberté d’opinion, de culte, la peine de mort exclue du jugement des hommes, l’état de droit, la démocratie, cela fait-il peur ? Et un niveau élevé de protection de la santé, de protection environnementale, faut-il être contre ?
Les partisans du non critiquent le titre III, c'est-à-dire, ce qui existe déjà, et qui est repris dans le projet de traité constitutionnel.
Quand nous étions enfant, quand nous venions nous plaindre pour des broutilles, ma mère qui avait connu la guerre et la faim dans Toulon occupé nous disait : « Il ne vous manque que les puces pour vous gratter ! »
Comment oser dire que le bilan de l’Europe est négatif ? Les fonds structurels européens ont permis à l’Espagne de se développer à la sortie de l’anesthésie Franquiste et aujourd’hui c’est une locomotive, le modèle social européen est-il si mauvais qu’il ait poussé les peuples
des républiques socialistes à abattre le mur qui les séparait de la liberté, et que dire des malheureux du monde entier, prêts à prendre le risque de mourir en fuyant la famine et la guerre dans l’espoir d’une nouvelle vie. ?
Brûlon aurait-il eu sa réserve d’eau et Loué son centre culturel sans une aide à hauteur de 25% des fonds européens ?
Le pacte de stabilité, qui permet de faire converger les économies, l’Euro qui dans sa zone supprime les aléas financiers du risque de change, la politique agricole commune qui a soutenu massivement la modernisation de l’agriculture et particulièrement l’agriculture française, et a représenté la plus grosse part du budget de l’union, l’Europe de la culture (voyez les beaux projets de Sablé avec Prague), l’Europe des universités avec le LMD qui permettra à tout étudiant d’aller faire sa troisième année de licence dans le pays de l’union de son choix et à cela va s’ajouter avec le traité pour la constitution la nomination d’un ministre des affaires étrangères pour la conduite d’une politique commune dont le monde a tant besoin.
Pour fonctionner à 25, puis à 27, puis à 30 l’Europe a besoin de se doter d’un mode de fonctionnement.
Définir ce qu’est une majorité qualifiée, mettre plus de démocratie participative, mieux définir les rôles des différentes institutions qui la composent. C’est cela l’enjeu .
On ne pèse pas la jeunesse d’une idée à l’aune de l’âge de celui qui la porte, mais on peut mesurer l’âge d’un homme à la jeunesse de ses idées. L’Europe est une idée jeune parce qu’elle est mouvement. Dire Oui, c’est marcher debout les yeux ouverts, en apportant sa pierre à un monument pour la paix.
(Article paru dans les « nouvelles » propos recueillis par Samuel Quignon)
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