Lundi 14 novembre 2005

PLANQUE TES MOTS 

 
Planque tes mots, dis-je

Planque tes mots
dans la gangue langue des habitudes

 poésie est l’apanage de la solitude

la saveur des mots cool s’écoule 
sans peur sans fleur sans éditeur  

 

ceux qui riment ont la frite la frime
le rythme

ont fait le cheap chic clip
d’une beauté nostalgique

 A la gare de l’esprit
 
les aiguilles marquent minuit 
 
moins le car de police 
 
qui cherche l’alibi

 et nous qui sommes-nous pour parler 
grandes gueules ouvertes 
 
à tous les vents mauvais

qui nous emportent  

 

de ça de là 
 
pareils 
à la feuille morte ?

Debout dans la lumière 
tous les prix littéraires
 
comme des toréadors 
jouent à stop stop stop 
 
ou encore  

 

pas de lézard Nanard 
ton art n’est pas le fruit du hasard

 dérape dérange démange les anges 
et leurs bêtes à bon dieu

 on se moque des mots du coeur 
qui s’impriment dans la déprime

c’est pas d’la frime 
les mots du coeur 
ont la douleur 
qui craque
sous la langue de fer
des somnifères
qui légifèrent

O que ma quille éclate ! O que j’aille à la mer !

 Tous les minables jetables expulsables 
te racontent
l’histoire incroyable 
du coeur cannibale 
qui a jeté les armes les larmes le dream le drame 
 
du vague à l’âme à la dérive 
en prime il rime et il rame 
sur la rive où ses rêves s’achèvent 
dans une rave party 
de rien il raconte des histoires de rien 
son spleen pas clean fureur intime

 l’émotion des mots sonne 
sans mentir il parle comme un homme 
surtout quand il est ivre 
de vin de poésie ou de vertu 
pas de valium 
Il est le ténébreux le veuf l’inconsolé 
il marche dans la rue comme n’importe qui
pourrait fermer les yeux 
et passer aux aveux 
résiste face aux verrous 
ne revendique rien pour lui-même 
il dénonce 
coup de semonce

 pas de réponse 
au bord du fleuve 
vacille et vitupère

 donnez-lui à boire dit mon père !

 

 

 A la fin tu es las de cet ancien monde

 qui gronde en cage

  otage de l’image

 naufrage de la rage

 Amère la mer le vent salé

 du sens et du non sens

 raisonne dans la zone

 où chacun n’est plus soi

 Don’t make the remake

 mais taxe la syntaxe

 les mots bouillonnent

 you are on your own !

 

 

 

 

 

 

par bernard gueit publié dans : poème
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