Lundi 30 octobre 2006
La saison morte est sous nos pieds. Chante la mort, chante la vie et puis la mort ! le temps qui roule, le temps qui rit, nous jette un sort. Au cimetière, on rapproche les tombes, ça évite que l’herbe folle pousse trop entre les chagrins. Nous marchons sur le sable mouillé, dans le silence des chrysanthèmes, d’immenses flaques d’eau stagnent au milieu des morts. Plus haut, le village se serre autour de son église.
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 29 octobre 2006

Bon vent à François Angoulvant qui s'élance aujourd'hui à bord de "Fermiers de Loué-Sarthe" dans la route du rhum !

François est adjoint à Saint Pierre des Bois et fait partie du bureau du syndicat d'initiative Vègre et Champagne !

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 28 octobre 2006

Nous avons sans doute un peu avancé dans notre démarche de ZPPAUP (petit rappel : il s’agit de la fameuse Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager !). C’est un document d’urbanisme complétant le PLU et régissant les zones de protection du patrimoine. Elles ne sont pas obligatoires mais ont l’intérêt de se substituer d’une façon plus raisonnée au périmètre « standard » des 500 mètres autour des sites classés.

 

Le conseil municipal, à l’issue de réunions de travail avec la mission d’architectes, avait décidé de reprendre la main pour être proactif sur le dossier et faire des propositions plus conformes à ses attentes.

 

Une réunion où les conseillers étaient conviés mardi soir a permis, ensemble, de définir ce que devrait être, selon nous, le périmètre principal de protection. Il correspond en gros à l’itinéraire des circuits de visite de Brûlon des guides habitants de l’association du patrimoine et du syndicat d’initiative.

 

Sur ce périmètre, la commune s’engagerait à donner l’exemple pour les aménagements publics.  Le niveau de protection du patrimoine serait « élevé » (conforme aux prescriptions actuelles de l’ABF)

 

En revanche, et en redonnant la main aux architectes pour délimiter les zones complémentaires,  les personnes réunies ont  souhaité marquer l’importance économique et le fait social que représente l’entreprise FPEE sur le territoire de la commune et en tirer les conséquences sur une possible utilisation du PVC sur ces zones (sous certaines conditions de forme et couleurs à définir)

 

Conformément à la demande du maire exprimée en fin de réunion, un document synthétisant la proposition a été remis au maire par l’adjoint concerné en vue d’un échange avec l’ensemble des conseillers lors du prochain Conseil Municipal.

 

Affaire à suivre ! 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Vendredi 13 octobre 2006

Le pont, cette chose humaine, enjambe la rivière de 5 arches, petits mais solides. Pont romain dit le peuple, pont roman, disent les doctes. Combien de personnes sont passées sur ce pont, foule humaine, au cours des siècles ? Marchands, esclaves, amants, cavaliers, piétons, soldatesque ? On dit que Du Guesclin…La rivière en dessous est belle, très naturelle. Elle est là depuis beaucoup plus longtemps que le pont, lui-même très ancien. Elle est là et elle n’est pas là. Sa vie se joue d’amont en aval, c’est comme ça qu’elle vieillit. Elle naît et meurt au même moment, mais  pas au même endroit. En remontant, voici sa jeunesse impétueuse, ses hésitations, sa fragilité. Plus bas, elle a pris de la force et sait ce qu’elle veut. Le pont voudrait retenir le temps qui passe sous ses arches, entre ses jambes de pierre.Et la conserver pour toujours à lui.  Mais elle veut vivre, il n’y a que lui qui vieillit et qui regarde le temps s’enfuir, à reculons. Nous en fûmes les témoins, quelques herbes vertes et moi, le 7 octobre 2006, à Asnières.

par Bernard Gueit publié dans : poème
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Jeudi 12 octobre 2006

La rivière coule dans ton âme comme un déversoir de Dieu. Après la chute, sa puissance mue en  parole invisible du silence, rien qu’allusion et bulle de sanglot. Dans son lit, les herbes paresseuses se couchent dans le sens du courant. La rivière écorche le temps d’une blessure légère, une goutte de sang d’eau vive dont la tige rejoindra le soleil. Comment vivre au milieu des hommes ?

par Bernard Gueit publié dans : poème
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Mercredi 11 octobre 2006

J'ai un peu lâché le blog (On ne devrait jamais se laisser aller à quelque tyrannie que ce soit).
Heureusement, notre nature, comme l'a si bien vu La Rochefoucauld , nous sauve : "Ce qui nous empêche de nous adonner à un seul vice, c'est que nous en avons plusieurs ".

 J'ai dix mille choses à dire (à écrire) comme tout le monde. C'est ça qui est bien : ne pas être différent.
Je n'ai pas lâché la poésie, bien sûr, et je reprendrai tranquillement le cours de ses avatars en Sarthe dont je fus le témoin et parfois même un des acteurs. 
 

J'ai récemment voulu écrire sur les paysages. Mais avant, il faudrait que je lise l'ascension du Mont Ventoux par Pétrarque (un très court récit) dont les doctes disent qu'il est "l'invention du paysage".  

En attendant, autour de nous, il y a de quoi faire. J'ai un grand attachement sentimental au village d'Asnières car je lui trouve (pure imagination ?) les attraits d'un village provençal ! Il y a entre l’austérité des cyprès du cimetière, l’imagerie populaire (à destination du peuple) de la fresque à laquelle pourraient répondre des ex-voto, le murmure des fontaines, la nonchalance du soleil  tombant sur le banc qui regarde la rivière, les senteurs des jardins, comme une tentative de recréer le paradis perdu de mon enfance varoise.  

Quand l’enfance revient comme ça, par grandes vagues ou « bouffées de chaleur », on n’est pas loin du gâtisme ! Mais qu’y pouvons-nous ?

Alors, travail en cours, work in progress, un tout début de suite poétique intitulée « Au bord de l’eau »

 

La suite au prochain numéro ! 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 8 octobre 2006

Au menu du conseil municipal extraordinaire du jeudi 5 octobre, un problème de mathématiques :
Si pour des travaux estimés à 845 000 euros, les parties étaient d’accord pour déterminer le montant d’une mission en appliquant un taux de 10,43 % sur une assiette ramenée à 820 000 euros, soit 85 526 euros, quel serait le montant équitable supplémentaire de la mission, si l’estimation finale était portée à 933 000 ?
L’approche mathématique devrait être sans ambages et capable de trancher sur le fond et dans le vif aussi clairement que 2 et 2 font 4. Mais de même que les axiomes de la géométrie plane ne valent pas un clou quand on est dans l’espace (adieu les lignes droites quand tout est courbe), la bonne règle de trois fait parfois figure de cheval homonyme où s’engouffrent les protagonistes selon leur vision.

 

 Le contexte peut également obscurcir l’objectivité naturelle de la science mathématique qui, lorsqu’elle ne fait pas de sentiment, se fout habituellement de la moitié comme du quart !
Cependant, pour la beauté de l’exercice et indépendamment de la leçon de morale qui pourrait accompagner la résolution du problème, nous aimerions démontrer qu’il n’y a qu’une seule solution. Essayons :
 1ère hypothèse, il y a deux inconnues

 

 Le taux et l’assiette.
Cette hypothèse ne peut être retenue car le taux a fait l’objet d’une négociation approfondie et ne peut plus être remis en cause.

 2ème  hypothèse, il n’y a qu’une inconnue :

 

Puisque ce n’est pas le taux, c’est donc l’assiette.
Comment la déterminer ?

a)Doit-on considérer que le rabais initial sur l’assiette précédente doit être reconduit proportionnellement à la nouvelle ?
b) Doit-on considérer que la nouvelle assiette (933 000) est désormais la bonne base, mais alors que fait-on de la négociation précédente ?
c)Doit-on renégocier ?

 

Au final, il est évident qu’il y aura renégociation. La bonne assiette ne peut être 933 000 car elle fait table rase d’une négociation antérieure, ce qui ne peut être acceptable (retour sur la parole donnée). En revanche, le changement d’assiette ne peut avoir pour conséquence de reconduire automatiquement dans la même proportion ce qui avait été accepté, puisque les bases ont changé. 

 

Ainsi la leçon de mathématique se termine en fait en leçon de morale. L’équité comporte la reconnaissance du passé, la vision objective de la nouvelle situation, et la volonté commune d’aboutir à un accord. Faute de quoi, la mathématique reste « sèche » et donne raison à Rabelais : "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme !"    

 

 

 

          

 

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 19 septembre 2006

Le relais du souffle de l’espoir 2006 organisé dans le cadre des virades de l’espoir pour vaincre la mucoviscidose passera sur la commune de Brûlon le 23 septembre 2006 (jour du comice)

 

 

 

L’heure de passage prévue est 13h 50 (provenance : Chantenay et direction Viré)

Un point de rendez-vous pour les futurs relayeurs ou organisateurs qui servira également de point d’acueil lors du passage du relais sera mis en place Esplanade de l’espace multifonctions.(sur la route de Viré)

 

Une petite boite à dons sera mise en place à cet endroit pour soutenir la lutte contre cette terrible maladie.

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 18 septembre 2006

Les petits musées de province  ont ceci de charmant qu’ils recèlent en des espaces à taille humaine des trésors ! Il n’est pas besoin de suivre de longues files d’attente, on a l’impression de connaître (ou l’avoir déjà vue) la jeune fille qui vous ouvre la porte ou vous délivre votre billet. A Granville, il est un beau musée qui porte le nom de son donateur : Musée d’art moderne Richard Anacréon. Enfant de la ville (comme Christian Dior), Richard        Anacréon dont les parents possédaient un commerce dans la Haute ville fonda à Paris vers 1940 au 22, Rue de Seine, une librairie à l’enseigne « L’Originale ».  Son activité lui permit d’entrer et de rester au contact de nombreux écrivains, artistes, illustrateurs. Il recueillit et conserva bon nombre de tableaux, d’oeuvres d’art, d’éditions originales (souvent illustrées), de manuscrits, de photos, d’autographes, d’artistes comme De Vlaminck, Utrillo, Van Dongen, F Carco, Paul Eluard, Paul Valery, Paul Claudel, Jean Cocteau, Colette….

Cet été, l’exposition du musée avait pour thème « Ecumes de mer ». L’affiche, dont j’avais attribué instinctivement le modèle à Albert Marquet était en fait de Maurice Denis, artiste de Granville. A l’intérieur j’ai aimé ces  Dufy, un très joli Van Dongen représentant deux visages de femmes  parallèles avec quelque chose de très fin et de très élégant, un manuscrit d’Eluard très émouvant, (mais tous les manuscrits de poètes m’émeuvent) et des gravures sur bois, sur cuivre, pour des illustrations de livres de Suarès, de Saint-John Perse et de Colette. Un prix spécial à l’oeuvre de Mathurin Méheut, le nouveau port de Toulon et la vieille ville, au début des années 50. Il y avait beaucoup d’autres belles choses à voir, mais si, ici, on ne dit pas tout c’est parce qu’il faut toujours aller et revenir dans ces adorables musées de province où l’on découvre toujours quelque chose de ce qu’on connaît un peu et qu’on aime beaucoup, passionnément….

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mercredi 6 septembre 2006

Les inaugurations sont une bonne occasion de se réjouir. Celle de l’Espace Multifonctions, aboutissement d’un travail important pour les responsables de la collectivité locale méritait bien ce moment de bonheur partagé. Cette salle, « tant attendue qu’elle aurait pu s’appeler Désirée », comme le maire l’a dit dans son discours était devenue un sujet majeur dans les conversations des Brûlonnais. Et sa construction conditionnait la rénovation de la mairie, qui ne sera pas un luxe pour les administrés.  Ne boudons pas notre plaisir et que les trois mousquetaires Gilbert, Daniel et Fabien auxquels il faut ajouter le quatrième en la personne de Marcel soient, avec la population en ce jour, très heureux, est bien mérité !

La presse n’a pas souhaité recueillir mes impressions, pensant qu’un élu ne pouvait pas être objectif. Il est possible aussi que s’ils me l’avaient demandé, je ne les leur aurais pas données  en ces termes.

J’ai écouté attentivement les discours des élus de la région, de la circonscription, du représentant de l’Etat. J’ai eu l’occasion d’échanger un peu avec un élu de Loué.

 

Si l’accent a été mis sur l’opiniâtreté de nos mousquetaires,  quelques péripéties du dossier ne pouvaient être citées. Avec le recul, elles sont quand même intéressantes. Ainsi le premier ajournement concernant la subvention du FNADT (volet régional) avait pour cause un engagement insuffisant du pays sur le soutien qu’il apportait à cet équipement structurant. En réalité, on demandait au pays de faire un choix : c’était Brûlon, ou Loué ou Coulans, mais pas Brûlon et Loué et Coulans. Cela veut dire qu’il y avait une interrogation de l’Etat sur la complémentarité et la logique d’aménagement du territoire.
Or le jeune pays « Vallée de la Sarthe  »  pour se constituer avait du s’inscrire dans une logique de reprise de l’existant des projets. Il y avait donc ces trois équipements structurants socioculturels, dont deux à moins de 7 Kms de distance.

La même interrogation s’est posée au regard des fonds européens. Réunis à La Flèche avec le sous préfet de l’époque, sans de véritable représentant du pays, nous avons improvisé un  discours sur la complémentarité et sommes retranchés derrière la charte du pays, le sous-préfet alors, très politiquement, se sentant dégagé.
S’il est important de se remémorer ces épisodes, ce n’est pas pour remettre en cause quoi que ce soit, mais pour essayer de changer les mentalités en ce qui concerne l’aménagement du territoire. L’approche par les besoins, plutôt que par les possibilités de financement, permet de mieux discerner ce qui est indispensable et où. Il est vraisemblable qu’il y ait besoin de deux grands équipements sportifs sur les deux communautés de communes Loué et Brûlon. Il faut certainement aussi une grande salle pour les réunions, les banquets, les fêtes populaires et une salle culturelle pour les spectacles vivants. Le plan de lecture du conseil général prévoit une bibliothèque par canton. Mais c’est une moyenne. On peut aussi travailler plus en réseau avec un  pôle et des satellites. Bref, il y a plusieurs options.

Il faut bien l’admettre et j’en prends ma part de responsabilité (on est responsable quand on n’arrive pas à convaincre !), nous n’avons pas travaillé comme ça. Ni les élus de Loué, ni ceux de Brûlon n’ont avancé dans une logique de mutualisation des besoins.
A décharge, il faut admettre que les uns et les autres avaient à régler des problèmes domestiques. Comme dans les familles royales, le collectivités ont parfois une « branche d’Orléans » qui tire un peu la couverture à elle. Occupées à régler des difficultés internes, les collectivités ne pouvaient se tourner vers l’extérieur.  
Mutualiser les besoins permettrait, en dehors de tout aspect financier qui doit venir forcément après, de définir la dimension, l’implantation, le cahier des charges de  fonctionnement, celui de l’accessibilité par la population des équipements..
Aujourd’hui, les implantations ne sont pas tout à fait terminées car Loué a le projet d’un gymnase. On ne peut donc pas encore travailler sur le fonctionnement ! Voilà sans doute pourquoi les élus de Loué freinent la signature par les collèges d’une convention d’utilisation du gymnase de Brûlon ce à quoi nous pourrions répondre par des réserves sur l’utilisation du centre culturel ou de la médiathèque !
Au risque de passer pour un vilain petit canard (c’est sans doute déjà fait depuis longtemps !), je ne me résous toujours pas à ces modes de fonctionnement qui sont contraires à ce que la population fait naturellement en recherchant le côté pratique. Si ce blog devait jamais servir à quelque chose, je voudrais qu’il serve cette idée tant je pense que les futurs responsables des deux collectivités voisines auront à dépasser les anciennes querelles et les vieilles rivalités.   
 


 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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