Samedi 10 juin 2006

Ça  y est ! En même temps que la Coupe du monde de foot, la campagne électorale des présidentielles est lancée. Même si la liste des candidats n’est pas totalement arrêtée, même si les partis n’ont pas encore indiqué quel chevalier ou gente dame portera leurs couleurs, les médias ont donné le top. Nous avions eu quelques galops d’essai (interviews de candidats à la candidature), de candidats qui se sont auto investis, mais les uns et les autres ne s’étaient pas encore vraiment jaugés de façon à identifier qui était pour chacun son  principal concurrent. Dès lors que l’image des vainqueurs potentiels se dessine (on n’est que deux au deuxième tour) la scène s’installe, les projecteurs se tournent, les premiers rôles  entrent en lice tandis que les figurants, maquilleuses, costumières, techniciens restent au second plan ou dans les coulisses. C’est une élection très importante, tant il y a un consensus pour considérer qu’une page doit se tourner. Majorité et opposition reconnaissent des institutions à bout de souffle, un rôle de contrôle par le parlement insuffisant, une crise de confiance, une exigence de justice, un besoin de sécurité. Les Français ont-ils encore envie d’une France qui prétende jouer les premiers rôles toujours et partout comme si on devait éternellement vivre sur cet héritage Gaullien, issu de la deuxième guerre mondiale ? Les français n’attendent –t-ils pas autre chose : des actions plus proches de leur vie quotidienne, faite pour beaucoup d’entre eux de soucis : soucis de travail, de fin de mois, d’enfants en difficultés, d’absence de perspectives. Peuvent-ils encore accepter sans ecoeurement et sans dégoût les licenciements d’un côté, les magouilles de l’autre ? L’argent doit-il servir à autre chose dans les entreprises qu’à investir dans l’outil de production, dans la qualité, la compétitivité, l’innovation et puis ensuite prioritairement à rémunérer et récompenser ses salariés, et enfin, mais quand même un peu après à rémunérer ceux qui amènent de l’argent dans l’entreprise, les actionnaires ?  N’y-a-t-il pas besoin de renforcer les secteurs de l’économie sociale ? Jusqu’où doit-on aller dans les déréglementations ? Tous les secteurs de la vie sociale doivent-ils être considérés comme des espaces mercantiles ? (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas obéir à des logiques de bonne gestion ). Quel rôle la France veut-elle jouer en Europe ? Comment rattraper, positivement, ce qui fut une avertissement donné par le peuple, hélas, contre son propre intérêt, le non à la constitution européenne ? De quelle rupture parle Sarkozy, membre influent du gouvernement et chef de la majorité ? Les propositions du parti socialiste sont-elles comme l’a affirmé MAM face au compagnon de Ségolène, sans imagination, et marquées par un esprit de restauration, le mot retour étant cité maintes fois, disait-elle ? Si Nicolas est président, François Fillon sera-t-il premier ministre ? Après Vaira Vike-Freiberga, présidente de la lettonie, d’ Ellen Johnson-Sirleaf présidente du Liberia, de Michelle Bachelet, présidente du Chili, Ségolène Royal sera-t-elle la première femme présidente de la France ?  (Il y a quelques années, Jacques Chirac avait prédit : la prochaine présidente sera Martine Aubry ! )Echapperons-nous à un second tour catastrophe Le Pen-José Bové ? Quelle place sera faite au débat d’idées dans cette campagne ? Qu’est-ce que chaque candidat proposera pour réduire la dette ?

 

 

 

Il n’est pas d’usage qu’un élu local fasse part de ses propres idées politiques. Sans doute par crainte que cela ait des conséquences pour lui : on ne politise pas les élections municipales car, en fait, la synergie d’une équipe tient à bien d’autres choses, malheureusement rarement réunies. En fait, ce qui est vrai d’un conseil municipal, l’est aussi du pays. A partir du moment où les gens en place ont vraiment envie d’agir dans l’intérêt public national, la couleur est sans importance. L’idéologie disparaît devant les choix pratiques. Ce que les maires des banlieues étaient capables de faire ensemble lors de la crise de novembre témoigne suffisamment que face au péril, la république se rassemble. Sur le blog, nous essaierons d’analyser et de discuter des propositions et des arguments qui nous sont donnés par les candidats et ceux qui les soutiennent, sans parti pris, mais en essayant d’aller au fond. Cela n’a pas grande conséquence, cela n’influencera pas le vote, ce sera une contribution au débat auquel vous êtes bien sûr cordialement invités. 

 

 

 

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Jeudi 8 juin 2006

Lorsqu’on parle trop, on finit par bavarder. Le bavard qui s’écoute n’écoute pas assez les autres. Un peu de silence fait du bien. On a parlé en son temps du règne du spectacle, de l’image, reflet inversé de la réalité (comme dans un miroir) qui, même partielle, éclatée, fragment,  veut se faire passer pour la totalité, illusion concrète, domination absolue  du mensonge sur la vérité. Le son (quand vous lisez, entendez-vous les mots qui claquent comme vos chaussures, marchant dans  une rue déserte) contribue aussi à faire tourner sur elle-même cette grande toupie illusoire : le bla-bla, les mots creux, la cosse vide des idées…Il faut plus de recul : plus de réflexion (réfléchir sans être le reflet).  Pas à pas, je voudrais écrire le journal de ce petit  élu des grandes campagnes. La modestie de la situation est formidable : l’angle de vue est panoramique. Mais la difficulté est entière : on parle souvent plus haut que soi, ce n’est pas satisfaisant. Mieux vaudrait se taire et pourtant, on s’est décidé aussi à parler !  Aujourd’hui, plus que jamais, se pose la question du sens de ce que nous faisons ? Parler pour ne rien dire ? Ne rien dire pour écouter ? Ecouter pour comprendre ? Comprendre pour proposer ? Parler !

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 30 mai 2006

Quelques mots en cachette : dimanche soir, en allant à Etival chercher, retour d'Allemagne, fille et copine de, dans la voiture, sur les ondes de France Culture, je reconnaîs la voix Cévenole, chaude et lumineuse,de Francis Combes, éditeur au Temps des Cerises, interrogé à propos de Maiakovski. Cela nous concerne tous : "La barque de l'amour se brise contre la vie courante.." Entre vingt et ving cinq minutes de bonheur !

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 27 mai 2006

Crains, un jour, qu’un train ne t’émeuve plus ! (G Apollinaire)

 

 

L’enquête publique pour le TGV-Ouest débutera en Sarthe le premier juin. Elle fait suite aux études menées par la SNCF   (Réseau Ferré de France) dans les années 90,  à la période de concertation de 2003, et s’inscrit dans la planification du projet. Comme tout grand projet concernant l’aménagement du territoire, ce sujet a cristallisé des passions, a suscité des engagements très forts et très sincères de certains opposants, a suscité inquiétudes, parfois amertume chez les élus. Le paradoxe est que c’est un sujet éminemment local (impact communal) de par ses conséquences visibles bonnes ou surtout mauvaises et  c’est également un sujet national. Entre les deux tous les échelons de notre organisation politique sont concernés (plus particulièrement département et région)

 

La notion d’intérêt général se dissout un peu dans toutes ces strates. Et pour les élus qui cumulent les mandats, on voit bien là le paradoxe : peut-on défendre au plus proche de son territoire une position et tenir un autre discours à Nantes, ou à Paris ? Les élus ténors de la Sarthe avaient adopté une position commune, consistant à mettre en avant, sans refuser ouvertement le TGV (avons-nous oublié avec quel emphase, il fut accueilli au Mans en 1983 ?) d‘autres priorités, dont une meilleure interconnexion du réseau Ouest en région parisienne. D’autre part, le Conseil Général et la Ville   se préoccupent du maintien de la desserte du Mans, en raison du projet de contournement. Dès l’arrivée du TGV au Mans, le projet de contournement était inscrit et des terrains avaient été gelés. Le gain de temps obtenu d’ailleurs entre Paris et Rennes se fait pour une bonne partie par l’absence d’arrêt au Mans.

 

Mais aujourd’hui le projet est bien là ! Les associations et en particulier l’une d’entre elles qui fédérait les initiatives, repartiront au combat en utilisant les mêmes arguments : face à une destruction de paysages, à la détresse qu’on va créer, il y a une alternative consistant à rénover la ligne et à mettre en place un TGV utilisant une technologie spéciale (le pendulaire) qui permet de rouler très vite, y compris sur des courbes à « faible » rayon. En quelque sorte le pendulaire serait au réseau ferré classique ce qu’est l’adsl au fil de cuivre. On ne modifie pas fondamentalement l’infrastructure, on fait des aménagements. Ca coûte moins cher et tout le monde est content.

 

Je ne suis pas assez au fait de cette technologie pour pouvoir affirmer qu’elle est effectivement la solution, mais je pense qu’elle a du être étudiée sérieusement. Si elle est effectivement une solution  possible, pourquoi n’a-t-elle pas déjà été mise en œuvre sur les autres lignes ?  Et pour ceux qui disent : « Oui, mais il faut faire travailler les copains » on doit bien aussi avoir des copains dans le pendulaire ? Alors si on admet que le pendulaire n’est pas la solution, que nous reste-t-il ?

 

Pour moi, c’est le dilemme entre le cœur et la raison : mon cœur pense à ces beaux paysages, aux villages dont les noms évoquent la rivière, à ces imposants corps de ferme, au calme de la campagne, aux étendues d’herbage ou de culture, aux chemins VTT ou de simple promenade. Et je me dis, non le TGV ne passera pas.

 

Mais ce type d’attitude m’inquiète. Ne serait-elle pas que le signe d’un rejet de la modernité, d’un refuge dans des valeurs traditionnelles qui n’existent pas en réalité, sauf dans le souvenir ? Lors de l’inauguration de l’énorme citerne Vitogaz, le directeur de cette société déclara dans son discours  qu’il aimait les plates formes portuaires, les camions qui roulent sur les autoroutes. Discours provocateur que j’avais admiré car à une certaine époque, pour avoir voulu faire rentrer les mots de la technologie dans la poésie, nous fûmes, Gorelli et moi, considérés comme tout, sauf des poètes.

 

 Dans l’assistance, les éleveurs de volailles de Loué qui avaient souhaité la construction de cette citerne qui sécurise l’approvisionnement des poulaillers en gaz de chauffage n’avaient pas paru choqués des paroles de l’orateur.

 

Nous sommes dans un monde industriel, et particulièrement  à la campagne ! Nous avons besoin des sorties d’autoroute. Nous avons également besoin de l’Adsl . Nous utilisons déjà le TGV car nous vivons de plus en plus éloignés les uns des autres. Que cela soit sur le plan professionnel ( combien d’allers-retours le Mans/Paris par jour ?)  ou personnel, nous voyageons et nous voyagerons de plus en plus. Faut-il s’en plaindre ? Sans TGV, le siège des Mutuelles du Mans serait peut-être parti à Paris ! Sans TGV, le quartier Novaxis ne se serait pas développé. Les bretons, comme tous les français ne peuvent rester en dehors de ces aménagements qui réduisent les distances.

 

Voilà pourquoi, je suis resté, tout en étant à l’écoute, à l’écart du combat contre le TGV.

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Vendredi 26 mai 2006

Les décisionnaires ont la responsabilité de se rendre compte de la résonance que peuvent engendrer certains de leurs choix. Il existe une loi  permettant au chef de l’Etat d’amnistier individuellement une personne qui aurait rendu de grands services à la France  .On peut commencer par s’interroger sur la pertinence de cette loi pour ne pas faire retomber sur le seul chef de l’Etat toutes les critiques, comme c’est la mode aujourd’hui, y compris chez ceux qui pourraient faire leur l’adage de la paille et de la poutre. Une fois de plus, il est grand temps que les parlementaires s’interrogent sur leur rôle réel dans ce pays. Cependant, dans le contexte actuel où un sentiment de déliquescence de la République  s’installe dans l’opinion avec tous les risques qu’on connaît, où la crise de confiance (quel euphémisme !) se creuse, faut-il agiter le chiffon rouge ? Le sentiment se propageant qu’il y a deux poids et deux mesures, qu’on expulse les enfants scolarisés des sans-papiers pendant qu’on amnistie les copains, qu’une entreprise pourrait  licencier alors que ses dirigeants engagés dans une lutte sans merci pour la conquête du pouvoir  finissent dans un jeu de billards à n bandes par éclabousser notre démocratie, engendre une vague scélérate à l’effet destructeur. Bien sûr, posément, on peut prendre chaque fait séparément et tranquillement démontrer qu’il n’y a aucun lien entre tout ça et qu’il faut bien se garder de faire l’amalgame. D’autre part, même s’il y avait, allez on le concède, quelques cas isolés de dysfonctionnements, on ne peut en déduire que la justice ne fonctionne pas dans ce pays. Mais au final, c’est un peu court pour restaurer cette fameuse confiance. Quand le mal est fait, il faut alors des actes très sérieux et à forte portée symbolique pour que le peuple consente à de nouveau apprécier ses représentants. La démocratie en aura-t-elle la force ?         

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 20 mai 2006

Jeudi en fin d'après-midi la commission municipale s'est réunie pour étudier le projet de courrier aux parents dont les enfants fréquentent la cantine scolaire. Ce courrier est une proposition (aucune obligation) d'opter pour le prélèvement mensuel des frais de cantine scolaire. Les parents n'ont plus à se déplacer pour régler, moins de risque d'oubli, une facilité de gestion pour l'administration et pour les familles. Beaucoup de communes ont déjà ou sont en train d'opter pour ce service moderne. Ce projet de courrier sera soumis à l’approbation du conseil municipal lors de sa réunion ordinaire du 31 mai. 

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Jeudi 18 mai 2006

Nous avons reçu l’information suivante concernant la publication de la thèse que Mme Tillard a soutenue sur «  La Poésie contemporaine dans la Sarthe de 1985 à 2000 » 

 

Ce sujet, dont je fus un modeste acteur et dont j’ai commencé, vu de l’intérieur, à raconter sur le blog les péripéties, est éminemment politique. Comme tout ce qui concerne les pratiques culturelles vues sous l’angle de la création ou de la diffusion dans le Département, Communautés de Communes et Communes. Comme pour l’eau qui est la première préoccupation du désert, on est en plein milieu de la politique, mais on s’en fout !

 

Voici donc l’annonce pour cette thèse universitaire :   

 

 

« L’étude que nous proposons ici et qui couvre les années 1985-2000, cherche à répondre à la question suivante : y a-t-il une spécificité de la Sarthe en matière de poésie. Nous analysons tout d’abord les pratiques culturelles au sein de ce département, en enquêtant sur la place qu’occupe la poésie dans les librairies, les bibliothèques, en nous intéressant à la politique des subventions accordées par les institutions.

            Au terme s’une enquête menée auprès d’un certain nombre de libraires, de bibliothèques municipales, au Mans, mais également dans les villes petites et moyennes de la Sarthe ( La Ferté Bernard , Mamers, Saint-Calais, Savigné l’Evêque) de municipalités, du Conseil Général, ou de la Maison de la Poésie de Nantes, nous devons conclure que ce département ne diffère pas, à cet égard, de la moyenne nationale : tant dans les bibliothèques que dans les librairies, la place accordée à la poésie ne représente qu’une part très réduite des investissements et des activités.

            Puis nous observons l’existence et les pratiques des associations poétiques, notamment « Donner à voir » qui occupe une position dominante, « Parole » et le »cercle littéraire de la médiathèque du Mans » qui n’ont eu qu’une existence plus précaire. Nous pouvons en conclure que malgré l’énergie déployée par les associations leur influence ne dépasse  guère un cercle restreint du public, et ne déborde pas sur l’ensemble du département.

            Nous avons étudié en second lieu la poésie qui s’écrit dans la Sarthe , entre 1985 et 2000.

            Nous avons procédé pour cela à l’étude critique des poètes les plus représentatifs des différents courants existant dans la Sarthe  : la poésie néo-classique, représentée par Daniel Etoc, Edith Jacqueneaux, ou Catherine paysan ; la poésie lyrique, inspirée, en partie, par l’école de Rochefort, incarnée par Georges Jean ou Dagadès, , ainsi que par l‘association « Donner à voir » qui fédère de nombreuses individualités, unies par la volonté d’une poésie accessible à tous : la poésie engagée du groupe « Parole » qui a joué un rôle important jusqu’en 1987 ; et enfin le « cercle littéraire de la Médiathèque du Mans » , davantage tourné vers une avant-garde héritière de « Tel Quel » et de la revue « TXT », et dominé par la stature de Christian Prigent.

            Nous avons pu constater, malgré cette grande diversité des réalisations comme des personnalités, la prééminence de la poésie lyrique : toute autre forme d’expression, qu’il s’agisse du groupe « Parole » ou du « Cercle littéraire de la médiathèque du Mans » se trouve souvent taxée de parisianisme et peine à trouver son public. A l’issue de notre période, seule « Donner à voir » reste en scène, ainsi que quelques individualités isolées, telles qu’Yves Mazagre.

            Il n’y a donc pas à proprement parler de poésie « sarthoise », mais des pratiques issues de l’histoire littéraire régionale, et inspirées par la volonté de se démarquer de l’influence parisienne. »

Cet ouvrage peut être commandé sur Internet :

WWW.anrtheses.com.fr

Rubrique : thèse à la carte

Discipline : Littérature et Civilisation Françaises/Littérature du 20ème siècle
ISBN : 2-7295-6110-2

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 16 mai 2006

Dimanche matin, comme sans doute beaucoup d’autres français (es), j’étais posté devant l’écran de télé pour connaître, selon le titre du  journal l’Equipe, le choix de Raymond.

Sans être un fana de foot, la mondialisation m’intéresse et au moment où on bascule dans le sprint final, comme l’a indiqué le sélectionneur, il était important de connaître ses choix et leurs motivations. Las ! Outre le fait que les caméras cadraient mal les écrans où apparaissait la photo des joueurs, Raymond ne lut mêmes pas la liste (à part celles des trois gardiens et le nom du titulaire) et ne fit aucun commentaire. Au final, ce n’est que lorsque l’animateur de téléfoot a repris la main qu’on a capté la liste des 23. Pas de commentaires, pas d’échanges avec les journalistes présents à la conférence de presse.

Depuis, nous avons appris à la radio qu’il aurait réservé l’exclusivité de ses commentaires à un autre média. C’est quand même gonflé, non ? Vendre à l’un l’image et à l’autre le son ? L’équipe de France, ce n’est pas l’équipe SFR, ni l’équipe TF1. Les bleus portent un maillot ? Qui a quelque chose à voir avec l’emblème national ? L’équipe de France, c’est quand même un peu du service public ? (un peu quand même, comme aurait dit Coluche) Décidément, la vente à la découpe (du monde) a fait des émules.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?  

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 15 mai 2006

On n’est jamais trop prévoyant. Aussi, afin d’éviter d’être pris au dépourvu au cas où nous remporterions le premier prix du concours du meilleur blog citoyen, je préfère en avoir déjà écrit le discours de réception., alors même que nous ne savons pas si nous serons autorisés à concourir. Peu importe ce qui arrivera, pour ce qui nous concerne, c’est comme si nous y étions, c’est comme si vous y étiez. Voici donc. Nous sommes le 1 er juin 2006 à l’échangeur autoroutier d’Alençon. 

« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, nous sommes totalement surpris par cette récompense à laquelle nous n’avions jamais songé auparavant. Pardonnez notre émotion et puisque vous nous demandez de dire quelques mots, soyez indulgent pour notre maladresse, mais sachez qu’à défaut d’avoir préparé quelque chose, c’est avec notre cœur que nous allons parler. Tout d’abord, merci aux organisateurs (L’Échangeur Basse-Normandie, Adverbe et la ville d’Alençon) pour avoir songé à mettre à l’honneur cette nouvelle forme d’expression de la citoyenneté. Merci en passant  à M Alain Lambert, ancien ministre du budget, dont le blog m’avait convaincu qu’on pouvait parler joyeusement de choses sérieuses. Le hasard veut que ce journal d’un élu de campagne ait 6 mois jours pour jour (il faudra ajuster cela le 1er juin, le blog ayant commencé le 14 novembre). 6 mois, ce n’est rien, et pourtant c’est beaucoup de travail, de doute, de penchant à renoncer. La question qui taraude tout être humain et quoi qu’il fasse, c‘est toujours « A quoi ça sert ? ». En effet, qu’est-ce qui pousse quelqu’un, alors que rien ne l’y oblige, à s’adonner à une certaine discipline, à vouloir mettre en forme quelque chose, si ce n’est quotidiennement, en tout cas, plusieurs fois par semaine,dans quel but, pour quel intérêt, dans quel espoir ?  Ce lieu d’expression, techniquement universel, est-il  réellement le nouveau forum, la nouvelle agora ? S’emplit-il des cris des marchands, des pêcheurs qui apportent leurs poissons ruisselants, des femmes devant les étals, des aèdes, et  des passants qui s’interpellent  sous le soleil ? Quelque tribun montera-t-il sur un tonneau, d’où il voit la mer, pour en appeler à la conscience, à la révolte, ou à la raison ?
Depuis 6 mois,
10 230 pages vues au total , 2 826 visiteurs uniques, et très peu de commentaires. Alors pourquoi continuer ? Ne sommes nous pas seulement des commentateurs du commentaire, tout n’a-t-il pas déjà été dit, disséqué, analysé, qu’avons-nous à dire de plus, nous qui ne sommes ni des éditorialistes, ni des sociologues, qui ne sommes pas payés pour penser, à quoi ça sert, vous dis-je d’en rajouter, impertinents verbeux de propos banals,  de quoi  nous mêlons-nous ? Pourquoi s’entêter ?  Précisément pour ça. On peut toujours se poser la question du « à quoi ça sert de souffler sur des brindilles. » A quoi ça sert d’écrire de la poésie ? A quoi ça sert de s’engager dans les associations ? A quoi ça sert de s’engager dans la vie publique et citoyenne, d’être conseiller municipal ? Et à quoi ça sert de vivre, de faire l’amour, de trinquer avec des amis, de chanter à la fin des repas ? Dans un petit (par le format) livre édité par Parole en 1983 intitulé « Ca brûle fort entre l’homme et son ombre », André Benedetto avait écrit le poème pour un marcheur, sur cette homme qui avait marché pendant 2 mois et demi dans la ville d’Avignon, à quoi ça sert, un poème, à quoi ça sert un homme qui marche dans la rue ? Les 6 mois du blog auront eu au moins un mérite. Ils ont vérifié qu’écrire c’est agir ! Il faut du temps pour le comprendre. Il est très facile de se moquer de quelqu’un qui écrit et de le faire passer pour un beau parleur, somme toute inefficace à  l’action. On ignore cette forme de résistance. Ecrire ce n’est pas comme penser dans son coin. On écrit toujours pour quelqu’un. Prenons y garde ! Le bruit de l’orage précède la foudre. Et cet orage qui gronde, dans ce nouveau forum, il ne se prépare pas dans un ou dans le blog, il se construit dans l’ensemble du mouvement que constitue la nouvelle place des échanges électroniques. Nous sommes ici réunis à l’échangeur d’Alençon  dans ce lieu symbolique des autoroutes de l’information. Je viens d’un village, qui a vu naître dans les années 60 (1700) à quelques dizaines de mètres où mon blog s’écrit laborieusement, l’homme sans qui nous ne serions pas là aujourd’hui. Il s’agit de Claude Chappe, inventeur du télégraphe aérien, reconnu par ses pairs spécialistes des technologies de l’information comme le grand-père d’Internet. Son invention qui accompagna l’époque de trouble et de lumière que fut la grande révolution servit d’abord la République. Les technologies ont évolué, la communication est devenue techniquement plus accessible et plus banalisée. Sommes-nous devenus cependant de meilleurs citoyens ? Plus avisés ? Plus tolérants devant la multiplicité des avis, des points de vue, des opinions diverses ? Plus lucides ? La démocratie y gagnera-t-elle quelque chose ? Nous sommes acteurs et spectateurs de cette mode nouvelle que nous faisons et dont nous avons à préserver la liberté. Cette liberté est déjà convoitée par des esprits mercantiles comme le furent en leur temps les radios dites libres, qui ne le restèrent pas longtemps !  

 

En attendant profitons-en, réjouissons-nous de cette belle manifestation sympathique, ouverte et joyeuse : que les blogs continuent d’émettre sur leurs fréquences persos les idées des uns et des autres !  Nous vous remercions !   

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 14 mai 2006

18/05 : Permanence de L cohin Architecte conseil des petites cités de caractère

18/05 : réunion d'adjoints

31/05 : conseil municipal

20 juin : journée zppaup (avec architecte des bâtiments de France et architectes en charge de la Zppaup)

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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