Lundi 13 novembre 2006

Le geste de diffuser sciemment et de façon ciblée sur internet un document dont le contenu peut nuire à un candidat à l’investiture d’un parti politique pour une élection démocratique est  condamnable, non au plan de la loi  seulement au nom de l’honneur. Ceux qui pratiquent cette méthode en pensant faire de la politique mettent en valeur, en creux, ce qu’est déjà la nouvelle façon de faire de la politique. Quand le combat est âpre, l’élégance est de rigueur ! Pas de cadeau, mais pas de saloperies ! On peut discuter très vivement, s’interpeller sur le fond comme sur la forme, mais il faut rester dans les limites du jeu. Qaund on triche, on est mort ! 

 

Ainsi est mort celui (ou ceux) qui a voulu sur le net mettre en difficulté Ségolène Royal au sujet de propos tenus en réunions en janvier relevant, semble-t-il, plus d’une réflexion à haute voix que d’une proposition de programme. 

 

Mort, parce que ne comprenant pas ce qu’est le net où on ignore les conséquences de la diffusion d’une information que tout le monde peut s’approprier et commenter.

 

Mort, parce que sur le fond,  il est normal et c’est même un devoir de poser des questions qui dérangent.

Ainsi l’école, forcément, suscite une réflexion. Cette réflexion ne peut être coupée de la réflexion globale sur la société. Ce serait un erreur de penser que l’éducation soit responsable de tous les  maux comme aussi d’espérer qu’elle puisse à elle seule renverser la tendance. Mais on ne peut s’économiser le débat : sur son efficacité, sur les conditions de travail des enseignants, sur la relation enseignants/parents, sur les méthodes pédagogiques, sur les enseignements fondamentaux, sur la carte scolaire, sur la motivation et la rémunération des enseignants, sur leur prise de responsabilité. Et tout ça à l’intérieur d’un statut qui forcément doit évoluer pour conserver l’essentiel et amener des améliorations sur une dynamique de carrière.

Aussi la réflexion à haute voix sur la possibilité de proposer à des enseignants volontaires de donner des cours particuliers à des élèves en difficulté sur les fondamentaux, sous réserve qu’elle soit gratuite pour les élèves et rémunérés pour les enseignants, peut être discutée. Au final, c’est peut-être une très mauvaise idée, mais si c’est une idée intéressante, pourquoi ne pas l’expérimenter. (Une fois réglé le problème budgétaire du coût d’une généralisation de cette proposition).

 

Il n’y a pas de tabou, pas de domaine qui ne puisse être exploré par les candidats à une telle responsabilité. C’est ça la modernité : accepter de regarder, et puis décider.

 

Ségolène a raison sur la méthode (ça ne veut pas dire qu’elle ait raison sur ses propositions). Mais je l’ai dit ici plusieurs fois : ce n’est pas sur le fond que se fera le choix final (le fond est changeant, lié objectivement aux circonstances, à la conjoncture, je ne parle pas d’opportunisme !) mais sur la manière.

 

Et sur la manière, la goujaterie n’aura pas de prise sur l’élégance !

 

   

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 11 novembre 2006

De toutes les dates de l’histoire de France, celle  du 11 novembre 1918, plus que toute autre, nous marque dans notre chair.  Par-delà le souvenir d’histoires racontées par les survivants, gueules cassées, mutilés ou miraculés, c’est la mémoire de l’incroyable machine à broyer, d’un Hiroshima laborieux, d’une tuerie universelle qui nous assaille.

Troips coups ont sonné en 1914 : le 16 mars Henriette Caillaux tue Gaston Calmette, le directeur du Figaro, favorisant la mise à l’écart de son époux, le ministre sarthois pacifiste Joseph Caillaux, le 28 juin, l’archiduc François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo, et le 31 juillet Jaurès tombe au café du croissant.

 

 

 

Puis ce qui a longuement été préparé de part et d’autre se met en marche aveuglément, sans se rendre compte de ce qui est à l’œuvre.

 

 

 

La première fois que l’on parle de mondialisation, c’est à propos de la guerre. Le conflit est mondial,  le conflit est partout. Cette guerre fut une guerre de terriens, de paysans enterrés dans les tranchées, brûlés, gazés, sacrifiés. Mon grand-père, pour s’engager devança l’appel.

Avant de partir, il se fit arracher beaucoup de dents malades. Mécanicien, il servit dans l’aviation. Il y avait beaucoup d’accidents, les avions n’étaient pas très puissants.Mais il s’en sortit. Une chose m’a toujours marqué : en flânant dans le village d’où votre famille est originaire, vous trouverez votre nom sur le monument aux morts. Cela ne s’efface pas facilement et les morts, les blessés, les traumatisés de la grande guerre hantent encore notre mémoire. Les morts pour la France, les morts pour rien sont encore bien présents et peuvent nous interroger sur les leçons que nous avons tirées de l’histoire.

Ce matin, la cérémonie enchaîne messe avec les musiciens, dépôt de gerbes, discours de ministre lu par le maire, sonnerie aux morts, Marseillaise, vin d’honneur.

 

 

 

On dit qu’à Verdun, s’ils se relevaient tous, il n’y aurait pas assez de place.

 

 

 

 

 

  


par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 31 octobre 2006

Toussaint, belle Toussaint !

Fête des morts et des rebelles 

fleurit l’or jaune des chrysanthèmes, 
pour les dames du chemin

comme luit l’or rouge sous les casques

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 30 octobre 2006
La saison morte est sous nos pieds. Chante la mort, chante la vie et puis la mort ! le temps qui roule, le temps qui rit, nous jette un sort. Au cimetière, on rapproche les tombes, ça évite que l’herbe folle pousse trop entre les chagrins. Nous marchons sur le sable mouillé, dans le silence des chrysanthèmes, d’immenses flaques d’eau stagnent au milieu des morts. Plus haut, le village se serre autour de son église.
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 29 octobre 2006

Bon vent à François Angoulvant qui s'élance aujourd'hui à bord de "Fermiers de Loué-Sarthe" dans la route du rhum !

François est adjoint à Saint Pierre des Bois et fait partie du bureau du syndicat d'initiative Vègre et Champagne !

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 28 octobre 2006

Nous avons sans doute un peu avancé dans notre démarche de ZPPAUP (petit rappel : il s’agit de la fameuse Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager !). C’est un document d’urbanisme complétant le PLU et régissant les zones de protection du patrimoine. Elles ne sont pas obligatoires mais ont l’intérêt de se substituer d’une façon plus raisonnée au périmètre « standard » des 500 mètres autour des sites classés.

 

Le conseil municipal, à l’issue de réunions de travail avec la mission d’architectes, avait décidé de reprendre la main pour être proactif sur le dossier et faire des propositions plus conformes à ses attentes.

 

Une réunion où les conseillers étaient conviés mardi soir a permis, ensemble, de définir ce que devrait être, selon nous, le périmètre principal de protection. Il correspond en gros à l’itinéraire des circuits de visite de Brûlon des guides habitants de l’association du patrimoine et du syndicat d’initiative.

 

Sur ce périmètre, la commune s’engagerait à donner l’exemple pour les aménagements publics.  Le niveau de protection du patrimoine serait « élevé » (conforme aux prescriptions actuelles de l’ABF)

 

En revanche, et en redonnant la main aux architectes pour délimiter les zones complémentaires,  les personnes réunies ont  souhaité marquer l’importance économique et le fait social que représente l’entreprise FPEE sur le territoire de la commune et en tirer les conséquences sur une possible utilisation du PVC sur ces zones (sous certaines conditions de forme et couleurs à définir)

 

Conformément à la demande du maire exprimée en fin de réunion, un document synthétisant la proposition a été remis au maire par l’adjoint concerné en vue d’un échange avec l’ensemble des conseillers lors du prochain Conseil Municipal.

 

Affaire à suivre ! 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Vendredi 13 octobre 2006

Le pont, cette chose humaine, enjambe la rivière de 5 arches, petits mais solides. Pont romain dit le peuple, pont roman, disent les doctes. Combien de personnes sont passées sur ce pont, foule humaine, au cours des siècles ? Marchands, esclaves, amants, cavaliers, piétons, soldatesque ? On dit que Du Guesclin…La rivière en dessous est belle, très naturelle. Elle est là depuis beaucoup plus longtemps que le pont, lui-même très ancien. Elle est là et elle n’est pas là. Sa vie se joue d’amont en aval, c’est comme ça qu’elle vieillit. Elle naît et meurt au même moment, mais  pas au même endroit. En remontant, voici sa jeunesse impétueuse, ses hésitations, sa fragilité. Plus bas, elle a pris de la force et sait ce qu’elle veut. Le pont voudrait retenir le temps qui passe sous ses arches, entre ses jambes de pierre.Et la conserver pour toujours à lui.  Mais elle veut vivre, il n’y a que lui qui vieillit et qui regarde le temps s’enfuir, à reculons. Nous en fûmes les témoins, quelques herbes vertes et moi, le 7 octobre 2006, à Asnières.

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Jeudi 12 octobre 2006

La rivière coule dans ton âme comme un déversoir de Dieu. Après la chute, sa puissance mue en  parole invisible du silence, rien qu’allusion et bulle de sanglot. Dans son lit, les herbes paresseuses se couchent dans le sens du courant. La rivière écorche le temps d’une blessure légère, une goutte de sang d’eau vive dont la tige rejoindra le soleil. Comment vivre au milieu des hommes ?

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mercredi 11 octobre 2006

J'ai un peu lâché le blog (On ne devrait jamais se laisser aller à quelque tyrannie que ce soit).
Heureusement, notre nature, comme l'a si bien vu La Rochefoucauld , nous sauve : "Ce qui nous empêche de nous adonner à un seul vice, c'est que nous en avons plusieurs ".

 J'ai dix mille choses à dire (à écrire) comme tout le monde. C'est ça qui est bien : ne pas être différent.
Je n'ai pas lâché la poésie, bien sûr, et je reprendrai tranquillement le cours de ses avatars en Sarthe dont je fus le témoin et parfois même un des acteurs. 
 

J'ai récemment voulu écrire sur les paysages. Mais avant, il faudrait que je lise l'ascension du Mont Ventoux par Pétrarque (un très court récit) dont les doctes disent qu'il est "l'invention du paysage".  

En attendant, autour de nous, il y a de quoi faire. J'ai un grand attachement sentimental au village d'Asnières car je lui trouve (pure imagination ?) les attraits d'un village provençal ! Il y a entre l’austérité des cyprès du cimetière, l’imagerie populaire (à destination du peuple) de la fresque à laquelle pourraient répondre des ex-voto, le murmure des fontaines, la nonchalance du soleil  tombant sur le banc qui regarde la rivière, les senteurs des jardins, comme une tentative de recréer le paradis perdu de mon enfance varoise.  

Quand l’enfance revient comme ça, par grandes vagues ou « bouffées de chaleur », on n’est pas loin du gâtisme ! Mais qu’y pouvons-nous ?

Alors, travail en cours, work in progress, un tout début de suite poétique intitulée « Au bord de l’eau »

 

La suite au prochain numéro ! 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 8 octobre 2006

Au menu du conseil municipal extraordinaire du jeudi 5 octobre, un problème de mathématiques :
Si pour des travaux estimés à 845 000 euros, les parties étaient d’accord pour déterminer le montant d’une mission en appliquant un taux de 10,43 % sur une assiette ramenée à 820 000 euros, soit 85 526 euros, quel serait le montant équitable supplémentaire de la mission, si l’estimation finale était portée à 933 000 ?
L’approche mathématique devrait être sans ambages et capable de trancher sur le fond et dans le vif aussi clairement que 2 et 2 font 4. Mais de même que les axiomes de la géométrie plane ne valent pas un clou quand on est dans l’espace (adieu les lignes droites quand tout est courbe), la bonne règle de trois fait parfois figure de cheval homonyme où s’engouffrent les protagonistes selon leur vision.

 

 Le contexte peut également obscurcir l’objectivité naturelle de la science mathématique qui, lorsqu’elle ne fait pas de sentiment, se fout habituellement de la moitié comme du quart !
Cependant, pour la beauté de l’exercice et indépendamment de la leçon de morale qui pourrait accompagner la résolution du problème, nous aimerions démontrer qu’il n’y a qu’une seule solution. Essayons :
 1ère hypothèse, il y a deux inconnues

 

 Le taux et l’assiette.
Cette hypothèse ne peut être retenue car le taux a fait l’objet d’une négociation approfondie et ne peut plus être remis en cause.

 2ème  hypothèse, il n’y a qu’une inconnue :

 

Puisque ce n’est pas le taux, c’est donc l’assiette.
Comment la déterminer ?

a)Doit-on considérer que le rabais initial sur l’assiette précédente doit être reconduit proportionnellement à la nouvelle ?
b) Doit-on considérer que la nouvelle assiette (933 000) est désormais la bonne base, mais alors que fait-on de la négociation précédente ?
c)Doit-on renégocier ?

 

Au final, il est évident qu’il y aura renégociation. La bonne assiette ne peut être 933 000 car elle fait table rase d’une négociation antérieure, ce qui ne peut être acceptable (retour sur la parole donnée). En revanche, le changement d’assiette ne peut avoir pour conséquence de reconduire automatiquement dans la même proportion ce qui avait été accepté, puisque les bases ont changé. 

 

Ainsi la leçon de mathématique se termine en fait en leçon de morale. L’équité comporte la reconnaissance du passé, la vision objective de la nouvelle situation, et la volonté commune d’aboutir à un accord. Faute de quoi, la mathématique reste « sèche » et donne raison à Rabelais : "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme !"    

 

 

 

          

 

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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