Samedi 16 juin 2007
Lundi 18 juin 20 h : réunion adjoints

Jeudi 21 juin (11h) : permanence de l'architecte conseil des petites cités de caractère

Jeudi 21 juin 19 h 30 (Prieuré) : Conseil municipal

Samedi 23 juin 18 h 30  (Place de l'église) :  fête de la musique
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 12 juin 2007
Le nouveau monde existe. Mais il faut nous rejoindre. Je me cogne à toutes ces vitres écrans d’ordinateurs.  J’entrevois des jardins, des instants de lumière, des rues animées où des gens s’engouffrent dans les cafés en riant, je ne fais que les voir, je ne les entends pas.

Je les vois moi aussi et même je les entends. Certains lèvent le poing d’autres marchent en silence. Je ne sais où ils vont. Ils semblent marcher depuis si longtemps. Ils marchent tous les jours depuis que je les regarde depuis que je suis né et peut-être même avant. Certains soirs je croyais qu’ils avaient disparu. On voyait un soleil se coucher dans le désert. Et puis il y avait ce bruit de la marche qui reprenait. Plus je pense à toi, plus j’essaye de rassembler mes pensées pour t’approcher (dire à quelqu’un qu’on l’aime, c’est un peu lui dire qui on est), plus ils reviennent en masse toujours plus nombreux et ils marchent sans fin comme pour épuiser les nerfs de la mémoire.


Derrière les ronces les fils électriques les barbelés
le monde avance en claudiquant
une femme vient vers nous
elles marche sur une route
sa voix tombe en poussière
à ses mains on accroche le chagrin d’une rose noire

nous marchons comme des automates
plus rien de fluide

les mots se taisent

Plus rien ne peut dire
le chagrin de ses mains
ce que l’étoffe de son regard abrite

la terre se résigne
une blessure porte son nom à la tête
le sang écrit les nouvelles du monde

des regards fusillent le ciel
du sable plein les poumons

on déchire des cartes postales
les lettres de guerre

la rue s’accroche au soleil vivant
comme à un cerf-volant

Nos paroles sont incertaines. Je ne sais pas si l’on existe, comme si nous n’étions pas de chaque côté du miroir, que nous étions le miroir lui-même,  sa face la plus tranchante. Nous habitons les mots nous sommes des souvenirs des ronds de fumée dans la légende des indiens.

Nous sommes ce monde qui voit mais ne peut plus agir.


par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 5 juin 2007


PRIERE D'INSERER


Vendredi 8 juin à 20h30

   église de Brûlon

 

Connaissez-vous le luth à bourdon, le cornet à bouquin,
le tympanon
?

C’est une vingtaine d’instruments que nous propose de découvrir
l’ensemble Suonare e Cantare.

Voyage dans l’espace- nous sommes à Naples- et dans le temps-
au XVIème siècle-pour écouter des chants d’inspiration populaire.
Un programme chaleureux et festif  qui fera rêver petits et grands.

Tarif : gratuit pour les enfants de 6 à 12 ans.

Adhérents : 3 euros (1) (2) ;
personne accompagnant un enfant : 5 euros.(2)
Ou tarif Centre Culturel : 9,5 euros pour les moins de 26 ans ;.
13 euros , plein tarif.

1)   Vous pouvez adhérer le soir du spectacle


2) 
Ce sont les associations Vègre et Champagne et Chevillé
au fil du temps qui vous offrent la différence de tarif.


 

Fais passer à ton voisin !

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 3 juin 2007
Au moment où la 4ème circonscription de la Sarthe est sous le feu des projecteurs en raison de la présence des stars, il nous est difficile de  ne pas accorder une petite place aux candidats plus modestes. Quand, en plus, il s'agit de personnes que nous cotoyons dans les activités associatives et auxquelles nous reconnaissons les qualités de dévouement et d'efficacité, cela devient une sorte d'obligation morale. Comme d'habitude, on ne partage forcément les idées, mais les idées restent à partager. Un peu de vert, dans le cocktail rose et bleu :

Elections législatives

 

 

Bonjour,

 

Candidat aux élections législatives de juin 2007 dans la 4eme circonscription de la Sarthe pour "Génération écologie", je vous propose l'essence du programme ici que je développerais en cours de campagne dans les professions de foi, les tracts ou les affiches.

C'est un programme qui affirme clairement sept urgences à traiter immédiatement :

1)      Sauver la planète : lutter contre le réchauffement climatique, c’est une politique énergétique et d’aménagement du territoire ambitieuse et cohérente : c’est la mise en œuvre d’une Politique de Développement Durable

2)      Mettre en œuvre une politique de préservation de la biodiversité à la hauteur des enjeux : c’est le défi majeur de la décennie

3)      Etablir le lien nécessaire entre Ecologie et Economie c’est trouver un mode de vie compatible avec une économie éco-citoyenne : c’est le concept du Développement Durable

4)      Réconcilier le peuple français avec la Politique et rétablir la démocratie : ce sont les règles de la nouvelle gouvernance

5)      Relever le défi de la santé, de la recherche et de l’éducation : c’est le fondement de l’égalité des chances

6)      Modifier les comportements des citoyens et des collectivités : c’est l’exemplarité de l’Etat, l’éco-citoyenneté et l’éco-responsabilité

7)   Positionner la France en Europe : c’est faire entendre notre voix par l’exemplarité devant la mondialisation
 

A bientôt pour des propositions politiques

 

Suite du programme

 

Une politique énergétique pour lutter contre le réchauffement climatique

 

Définir une vraie politique énergétique cohérente, liée à une politique pertinente de l’aménagement du territoire, du transport et de la protection du patrimoine naturel est le défi de notre société.

Se rendre moins dépendant des énergies fossiles et assurer à tous une qualité de vie en faisant face aux conséquences liées au changement climatique est l’objectif.

Je propose d’agir sur trois points en parallèle :

1)                 définir une politique énergétique française laissant une part plus importante aux énergies renouvelables

2)                 unir les forces européennes autour d’une politique d’approvisionnement commune, évitant soigneusement les situations quasi monopolistiques

3)                 repenser notre système de consommation car la première source d’énergie restera la chasse aux gaspillages individuels et surtout collectifs

 

La politique énergétique de la France doit en terme de production se réorienter. Le nucléaire a des vertus mais aussi des dangers. Aujourd’hui, il est indispensable mais ne doit pas être pour autant banaliser. Nous devons sortir en priorité de l’ère des énergies fossiles par le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, géothermie, biomasse …) et le soutien de leur utilisation par incitation financière, notamment auprès des particuliers.

 

Une politique des transports

 

Le transport représente économique et socialement l’élément essentiel de l’équilibre d’aujourd’hui. C’est la liberté de mouvement des personnes aussi bien localement qu’au niveau de la planète. C’est aussi l’élément clé de l’économie parce qu’il détermine le volume d’échange de marchandises. C’est le principal outil de l’aménagement du territoire, en même temps que l’instrument des délocalisations massives. Les paradoxes sont nombreux car le transport, c’est aussi l’emploi, en même temps qu’un des principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre.

Décrétons l’état d’urgence et mettons en œuvre une nouvelle politique des transports qui permette à notre pays de conserver la qualité de vie d’aujourd’hui, tout en étant exemplaire en terme de développement durable.

Arrêtons d’imaginer la construction de nouveaux aéroports.

Ne laissons pas la SNCF définir le schéma d’aménagement de notre territoire par l’implantation des lignes TGV et l’abandon des lignes régionales, et par la création de gare au milieu de la campagne. Il centralise la France autour de Paris. Le ferroutage, le transport fluvial et le transport combiné doivent être favorisés en harmonie avec les projets européens par la mise en place d’aides et de taxations régressives au profit des professionnels préférant ces modes de déplacement.

L’achat par les particuliers de véhicules propres devra être incité par l’attribution d’une aide financière conséquente.

Les plans de déplacement urbains doivent prendre en compte les composantes intercommunales et proposer un réseau de transport du qualité, accessible à tous, y compris aux communes périphériques aux grandes agglomérations.

 

 

CHRISTOPHE LEMAITRE

 


 
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 28 mai 2007

Sans notes, l’ordre du jour étant assez soft, voici un aperçu (incomplet) du dernier conseil municipal de Brûlon.

Le président de la Communauté de Communes fait le compte rendu de la dernière réunion (cf. le blog du mardi 8 mai : « Com Com à Saint-Ouen » ).

On enchaîne assez vite sur les 3 (concurrence légale oblige) devis du pont bascule. Les agriculteurs présents apportent l’éclairage technique. Il en résulte qu’il vaut mieux opter pour une structure métallique qu’une dalle en béton (because démontage/remontage éventuel plus simples). Il y a deux devis « structure métallique » contre un « structure béton » et entre les deux devis «structure métallique » l’investissement est assez proche, la différence se faisant sur l’entretien. Nous apprenons que l’entretien comporte un contrôle annuel et une « révision » tous les deux ans (poids et mesures).Il y a une différence sur les forfaits contrôle et révision et d’autre part un écart sur les coûts d’intervention en cas d’appel en exploitation courante.

Avant décision, le maire souhaite organiser une rencontre avec les deux prestataires.

Le Maire fait le point sur les travaux « Mairie, station d’épuration, avenue de la libération, plan d’eau ».

Globalement, ça suit son cours : à la mairie, on a fini la démolition, on peut donc commencer la « remolition » (sic). Une question métaphysique cependant nous taraude : la cave de la mairie qui servit à entreposer le charbon présentant un danger pour les engins en raison d’un effondrement possible doit donc être comblée temporairement. Cette situation transitoire doit-elle être considérée comme définitive ? La cave a une histoire : nous allons l’enterrer. Suspense : Oui (Ouf) ! disent les conseillers.

La station d’épuration fait l’objet d’une demande de permis de construire, au plan d’eau les travaux avancent, la petite butte est rasée, le chemin piétonnier « poussettes/handicapés » est sur le point d’être réalisé. Le maire indique qu’en ce moment, il y a, de la part des personnes actives de la commune et en particulier des employés communaux,  un effort très important.

La suite de l’ordre du jour nous permet de mettre à disposition de la base de loisirs des tentes marabout, d’évoquer le choix des lampadaires sur l’avenue de la libération (On aime bien les candélabres qui permettent et d’éclairer la route depuis le haut du mât et de baliser le chemin piétonnier par une lampe tournée vers le trottoir, mais le coût nous reste sur l’estomac.)

Si les catalogues nous renseignent sur les capacités imaginaires des designers dans le domaine, ils ne nous éclairent pas sur le prix. L’adjointe va se renseigner auprès de la DDE sur des modèle qui rentreraient dans le budget initial : 2000 euros la bête.

Les travaux de l’avenue de la libération auront lieu en octobre (quelque inconvénient pour la circulation). Info : le conseil général se lance dans les travaux de la route entre Chevillé et Brûlon (de la déviation en perspective !)

Questions diverses : les chemins de Brûlon pourraient être mieux entretenus. On en revient  à la question de la prise de compétences par la Com Com et à l’exercice de cette compétence. Le président de la Com Com (et comment je partage ce point de vue !) explique que dès lors que les chemins ont été transférés à la communauté de communes, ce ne sont plus les maires qui décident. Les maires quand ils participent à la décision le font en tant que Conseiller Communautaire. C’est pourquoi la commission voirie, fort justement, n’est pas composée de tous les maires, mais de représentants qui agissent au nom de l’intérêt général. Bien sûr, il faut vérifier que chacun joue bien le jeu, ce qui ne serait pas tout à fait le cas. Mais si on est convaincu de l’intérêt des communautés de communes, c’est bien à travers ce processus innovant d’exercice des compétences qu’on pourra avancer. 

 

Un peu de solidarité : à propos du Téléthon la commune de Beuzeville (76), qui par l’intermédiaire d’un Jacques de Brûlon, souhaite démarrer une course relais le vendredi 7 décembre à 12 heures depuis l’espace Multifonctions, sollicite un minimum d’aide pour organiser son départ (après la course qu’elle a organisée au départ de la tour Eiffel ou du Mont-Saint-Michel). A cette occasion, quelques associations de Brûlon réunies le 22 mai au prieuré ont émis des idées pour redémarrer le Téléthon qui s’est essoufflé à Brûlon. Chiche ?  

 


Toutes les associations et bénévoles sont conviés
Le Mardi 26 juin à 20 h 30 au Prieuré de Brûlon
pour la préparation de cette manifestation généreuse

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 20 mai 2007

Week-end politique exceptionnel à Brûlon au début de cette campagne législative !

Vendredi Soir Stéphane Le Foll, venu sans son suppléant Gérard Saudubray, paraissait bien seul dans la salle du Prieuré. En dehors de son premier cercle familial ou très amical, à peine 6 personnes venues l’écouter. Il est pourtant connu comme étant le bras droit de François Hollande

La division du parti socialiste si prégnante, si intolérable à l’issue de l’échec de Ségolène Royal qui est une défaite nette, mais qui n’est tout de même pas une déroute, fait sans doute son œuvre. Pourtant les éléphants qui nous trompent énormément savent bien où sont les responsabilités. Cela semble curieux  que le candidat socialiste ne dispose pas de plus de moyens pour réellement figurer dans cette bataille de la 4ème circonscription de la Sarthe où le Président de la République n’a bénéficié que d’une toute petite majorité de suffrages et où il affronte le premier ministre lui-même également venu à Brûlon, mais le lendemain, pour annoncer sa candidature et visiblement avec plus de soutien.

A Brûlon donc, en miniature, un petit résumé d’un enjeu national !

 

Malgré une déception qu’on peut comprendre, Stéphane Le Foll a respecté son public et nous sa donné, assez magistralement, sa vision des choses. Ainsi oppose-t-il à la conception individualiste du « Travaillez plus, vous gagnerez plus » à laquelle il reproche en sus de plomber les comptes sociaux, puisque les heures supplémentaires seront exonérées de charges y compris retraites, une autre approche donnant-donnant.

D’accord pour redorer la valeur travail, mais avec une philosophie différente : en proposant d’exonérer de charges les entreprises si en contrepartie elles créent des emplois qui eux seraient assujettis aux cotisations,  mot qu’il préfère à celui de charges, trop négatif.

En effet, pour le candidat socialiste, la logique d’une perte de recette des comptes sociaux privilégiée par la stratégie Sarkozyste trouvera sa compensation dans une diminution des prestations de santé (franchises), de retraites (revenu de remplacement diminué et années de travail augmentées), TVA sociale, impôt injuste, car plus dur à supporter par les faibles revenus.
Stéphane Le Foll rappelle également que bon nombre de personnes et notamment les femmes, que les grandes surfaces ou entreprises de main d’œuvre utilisent volontairement à temps partiel aimeraient travailler plus. La droite a critiqué les 35 heures, pourquoi ne les a-t-elle pas supprimées purement et simplement ? L’annualisation du temps de travail donne de la souplesse aux entreprises, ce qui permet d’éviter « en moyenne » les heures supplémentaires.

A l’objection que les entreprises ont du mal à trouver de la main d’œuvre qualifiée et préfèreraient faire travailler celle qu’elles ont plus longtemps, il rappelle que la formation est un axe clé des propositions de la gauche.
Honnête, il reconnaît qu’il y  a eu des erreurs, dans l’application des trente-cinq heures, qu’on a manqué de souplesse, mais il pense qu’il faut comparer objectivement  les résultats obtenus par le gouvernement Jospin et ceux résultant des gouvernements Raffarin et Villepin auxquels ont largement contribué MM Sarkozy et Fillon.

Après quelques coups de griffes sur le bouclier fiscal, l’affirmation d’une vision agricole qui doit rester alimentaire (le biocarburant, c’est bien, mais à un moment, il va falloir se poser la question, soit on mange, soit on roule en voiture), le candidat échange avec nous sur l’Europe. Il est député européen : il  pense qu’il ne faut pas rejeter systématiquement sur les commissaires, l’absence du politique dans les décisions européennes : toutes les décisions sont le résultat d’une orientation politique. Aux politiques de prendre leurs responsabilités.

Avant de nous quitter, off the record, le candidat laisse percer une certaine amertume vis-à-vis de la situation actuelle au parti socialiste : on imagine !
(Personnellement, si j’ai trouvé intéressants les propos  de S Le Foll, j’ai regretté qu’il n’accorde pas une place plus importante au rôle d’un député. A quoi ça sert, un député, qu’il soit dans la majorité ou dans l‘opposition)? 
 

Changement d’ambiance, le lendemain samedi où l’organisation départementale UMP avait préparé à l’espace multifonctions de Brûlon la venue de François Fillon. La commune se prête au jeu, ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit un premier ministre (!), sarthois et voisin de surcroît. Du stress tangible du côté des responsables UMP en charge de l’organisation, préoccupés le samedi matin de la configuration de la salle en vue surtout de la réalisation d’images, de l’émotion aussi, forcément de la fierté du côté de la commune en charge de l’accueil. On a changé d’échelle, ce n’est plus le ministre de l’éducation ou des affaires sociales qui déplaçait évidemment un peu de sécurité, bien que ces gens fussent toujours discrets, le premier ministre c’est vraiment autre chose.

On attend sous le soleil. Beaucoup de monde, de très jeunes gens avec des portables appareils photos, des gens plus âgés bien mis, une foule sympathique de sympathisants. Ils sont venus pour le voir, il est venu pour les remercier. Le Conseil Municipal attend sagement préparant une sorte de haie d’honneur à la porte de la salle. Les télés et radios sont là, caméras et antennes déployées.

Accueilli par le maire de Brûlon, le nouveau premier ministre se fraie un chemin avec dans son sillage, Marc Joulaud, député de la circonscription. Il serre les mains des chefs d’entreprises, bisouille à tout va, a une parole ou une petite tape amicale pour chacun.

Après des mots très personnels du Maire de Brûlon, Daniel Coudreuse, pour témoigner de sa joie, de sa fierté, de sa reconnaissance, de son admiration et de son fidèle attachement à la personne de François Fillon, le premier ministre prend la parole en s’arrêtant un instant sur cet accueil chaleureux. L’enfant du pays  remercie pour dire qu’il en a besoin de cette amitié car il sait combien la charge sera lourde. Les applaudissements fusent à chaque fin de phrase, boostés par les jeunes de l’UMP.

Puis le discours politique : François Fillon a toujours su prendre de la hauteur, sa nouvelle fonction ne viendra pas contrarier son penchant naturel. Il justifie la composition de son gouvernement d’ouverture avec les symboles forts que sont les nominations de Bernard Kouchner et Rachida Dati à des postes clés, il se déclare non pas un idéologue, un homme d’écoute, mais un réformateur décidé. A titre d’exemple, ok pour le dialogue entre les partenaires pour le service minimum de transports en cas de grève, mais prévient : « si les partenaires ne prennent pas leurs responsabilités, je légifèrerai. » Il annonce qu’il va travailler vite, car la France en a besoin. Il énumère les réformes prioritaires : université, détaxation fiscale et sociale des heures sups, exonération des droits de succession, etc.… ! Au passage, Il fustige la gauche qui « est pour le peuple, mais uniquement quand le peuple vote pour elle ! »

Avec humour, François Fillon rappelle que la dernière fois qu’un sarthois eût l’honneur d’être à sa place,-Joseph Caillaux il y a cent ans-l’épouse de ce dernier avait assassiné le directeur du Figaro. Mais il estime ne rien avoir à craindre de ce côté-là avec son épouse, peu adepte des armes à feu !          

Il dit et redit : je n’ai pas la grosse tête, s’il vous plaît ne m’appelez pas « Premier Ministre », j’en fais le serment, ici à Brûlon, je vous resterai fidèle. Je ne suis pas à Matignon pour le faste, je suis là pour servir la France.

Puis il ajoute : « pour que toutes ces réformes soient réalisables, il y a encore un effort à fournir. C’est la bataille des législatives pour lesquelles je m’engage car il ne me paraît pas normal qu’un premier ministre ne soit pas un élu. Mon expérience, elle me vient de tous ces mandats du peuple que j’ai exercés. Voilà pourquoi, alors que rien ne m’y oblige, je viens chercher auprès de vous la légitimité des urnes ! » Tonnerre d’applaudissements. C’est fini, son suppléant sur scène n’intervient pas, conformément au protocole.
(à part soi, mais évidemment, à ne pas objecter au milieu de cette ferveur, on pourrait gentiment rappeler au Premier Ministre, qu’il a déjà largement acquis son expérience et que peut-être serait-il bon que Marc Joulaud se fasse également la sienne. Ou bien encore qu’une rupture en faveur de plus de morale politique pourrait considérer que c’est celui qui se présente devant les électeurs qui siège au parlement.) Mais ce n’est pas le moment. Ne boudons pas notre plaisir. L’heure est à l’émotion pas à la réflexion. François Fillon fait son bain de foule. Tout le monde veut être photographié avec lui, ou trinquer, ou lui parler, recueillir un autographe.
Derrière les tables, on s’affaire à servir le pétillant de Chahaignes dans une chaleur amicale et de saison.

Les agences de presse viennent de lancer la dépêche qui va faire le tour des rédactions : « A Brûlon (Sarthe), François Fillon lance la bataille des législatives ! »  

 

Ce sera le titre de l’article du blog en ajoutant en sous-titre : Malheur aux vaincus !  

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 14 mai 2007

               ... ce 14 novembre où je pris la décision de créer ce blog, où en est-on ? Si je voulais suivre la mode, je dirais que je n’ai pas l’intention de m’excuser.

Plus simplement, et plus proche de mes valeurs, je découvre un blog assez généraliste sur un thème banal (le journal). Mais depuis des lectures sur la vie quotidienne dans le monde moderne (Henri Lefebvre, je sais que ça ne nous rajeunit pas), également à considérer les travaux d’historien comme ceux d’Anne Fillon sur la société villageoise du XVIIIème, nous regardons le « banal » d’une autre façon.

42 908 pages vues et 12 423 visiteurs unique, c’est très peu, comparé aux 100 000  visiteurs/mois du blog d’Alain Lambert, mais la moyenne mensuelle depuis février 2007 dépasse les 1000 visiteurs (le hasard fait que c’est à peu près le nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales de Brûlon) et le nombre de pages vues, les 5000.  Nous ne faisons pas la course, nous ne cherchons pas à faire de l’audience pour de l’audience. C’est un travail personnel, tout est fait maison. Je n’étais absolument pas sûr de tenir la distance : on s’essouffle, on sait que la parole est d’argent, mais que le silence est d’or, on voudrait tant rejoindre l’essentiel et oublier le bavardage, nous animions une revue de poésie qui s’appelait « Parole » et non « Bla Bla », bref, que de raisons d’arrêter ! Et pourtant ça continue, au moins encore pour quelque temps.

Merci de votre fidélité.

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 12 mai 2007

La victoire de Nicolas Sarkozy désormais solidement acquise, la bataille pour les législatives se profile. De quoi sommes nous les spectateurs impuissants ? Du chauffage à mort des institutions de la Cinquième République !  Jamais, y compris du temps de De Gaulle, la Vème  République ne se sera aussi rapprochée d'un régime purement présidentiel. Le nouveau président veut d’un premier ministre qui anime une équipe restreinte et non pas qui conduit le gouvernement. Il souhaite pouvoir s’adresser directement au parlement. Il prépare l’ouverture au niveau de l’exécutif  si les points de convergence sont absolus  (Védrine, Allègre ?), mais souhaite écraser au centre ceux qui ne se rallient pas sans condition à son panache bleu.

 L’absence de proportionnelle dans le scrutin majoritaire de circonscription lors des législatives biaise la représentativité. La France qui a voté pour François Bayrou, mais qui n’a pas voté UDF, celle qui a voté Ségolène, mais qui n’a pas voté PS ou celle qui a voté Sarkozy, mais qui n’a pas voté UMP, n’existe plus. Des millions de voix qui souhaitaient un vrai changement dans la vie citoyenne, qu’on puisse être critique sur le plan politique (pas sur les histoires de people ou de yacht dont on n’a que faire)  sans pour autant être immédiatement taxé d’opposant vont flotter dans le paysage électoral. La situation de ces électeurs va rejoindre ceux de Le Pen, sans représentation parlementaire, mais ceux-là, Nicolas Sarkozy n’a aucune chance de les récupérer car sa manœuvre vis-à-vis des députés UDF est typique de ce que ces citoyens souhaitent changer : des élus au service du peuple et pas des élus qui, pour sauver leur place, perdent toute indépendance.

Le pouvoir législatif, celui de travailler à l’élaboration des lois puis de les voter  sous l’impulsion du gouvernement pourrait être confisqué par N Sarkozy via la stratégie UMP. 

Les députés UMP auxquels il faudra rajouter le groupe pseudo-indépendant des UDF ralliés formeront l’ensemble parlementaire le plus godillot de la Cinquième République , priés de ne s’exprimer que lorsqu’on le leur demandera et de débattre des points-virgules sur les textes de loi. Ils se sont plaints de Villepin : ils vont voir avec Sarkozy. Pour autant, le nouveau président se dit favorable à accorder des présidences de commissions à des membres de l’opposition, c’est dire, s’il s’apprête à tenir compte de leur avis.
Ce qui se passe est affligeant car on mélange les deux pouvoirs législatif et exécutif au profit d’un seul homme providentiel. Or, il n’y a pas de sauveur suprême ! Les deux principaux concurrents de Nicolas Sarkozy au 1er  tour ont exprimé très fortement ce besoin d’associer, d’entraîner les citoyens dans le mouvement pour créer et participer à la dynamique du changement. En préférant une chambre d’enregistrement à un parlement vivant et riche en propositions, le président priverait  la France d’une grande part de son identité et de sa richesse.  Cette logique reviendrait à imposer des solutions déjà trouvées (peut-être au grand dam de son premier ministre). Il est dangereux pour la démocratie que le parlement soit aussi peu représentatif de ce qu’est la France à ce jour. Il n’est pas normal de considérer qu’avec  85% d’électeurs l’ayant voté à  53%, le programme législatif du mandat soit adopté. Le travail de réforme à accomplir est considérable :  les députés doivent y participer massivement, non seulement sous l’angle essentiel des lois, mais aussi pour donner leur avis sur les calendriers, la progressivité des mesures, leur adaptabilité, la pédagogie sur le terrain. Bien mieux que les sondeurs, les députés (les vrais) sentent battre le pouls de la France réelle.
Si on veut qu’ils jouent ce rôle, alors il faut qu’ils représentent la France réelle et qu’ils aient droit aux coups de gueule. La direction que prend aujourd’hui N Sarkozy en est aux antipodes. Vouloir délibérément écraser une large aspiration à un changement profond de la morale politique est une responsabilité lourde dont on ne peut mesurer les effets aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 8 mai 2007

Réunion Com Com du jeudi 3 mai 2007

 Pierre m’a demandé de le représenter à la réunion du conseil communautaire qui se déroulait à Saint-Ouen (en Champagne, pas au siège du Red Star). Il y a longtemps que je n’y avais pas siégé, et, est-ce l’effet du mandat finissant, est-ce l’esprit communautaire qui progresse, j’ai trouvé l’ambiance plutôt sereine et  très amicale. Le fait de se sentir autant chez nous, dans un de ces magnifiques villages de la communauté de communes (Avessé, Brûlon, Chantenay-Villedieu, Chevillé, Fontenay-sur-vègre, Maigné, Pirmil, Poillé-sur-vègre, Saint-Ouen-en-champagne, Saint-Pierre-des-bois, Saint-Christophe-en-champagne,  Viré-en-champagne) simplifie la relation entre les conseillers communautaires. Nous voilà, le temps d’un conseil pour les occasionnels, comme moi, ou tout au long d’un mandat pour les délégués titulaires, responsables d’un espace territorial qui prime avant l’intérêt égoïste de notre lopin communal.

Et bien sûr qui doit primer, comme pour un conseil municipal, sur la subjectivité ou l’intérêt  personnel. Quelques échos (non officiels, bien sûr, comme d’hab, à prendre avec du recul, mais depuis le temps, vous connaissez la règle du blog !)

Le Trésorier intervient longuement pour expliquer la difficulté à recouvrer une dette d’une entreprise en l’absence d’un fondement juridique avéré. Il explique qu’au-delà d’une période de 4 ans, il n’est plus possible d’entamer des poursuites. Or il s’agit d’un titre de créance datant de 2003. Il apparaît souhaitable pour cette entreprise qui, entre-temps, a changé de propriétaire et qui vient de signer en 2007 un nouveau contrat avec la Com Com où figure notamment en apport en fond propre le montant du litige d’annuler le titre de 2003 et de le repositionner en 2007. Cette délibération permettrait au trésorier d’engager les poursuites légales (en l’absence évidemment d’un règlement amiable que tout le monde préfèrerait, pour des raisons économiques et sociales).

Le Trésorier continue sur le sujet des loyers et des ordures ménagères. Il insiste sur l’importance de ne pas laisser se gonfler la dette d’un particulier et se dit persuadé de l’efficacité des maires sur ce sujet.

 

La participation de la Com Com au prix des repas distribués aux enfants fréquentant les centres de loisirs est inchangée : 1,10 euro.

 

Le projet d’extension de FPEE est rappelé. Un prix de 8 euros par mètre carré ainsi que la proposition d’inclure la part de voirie enclavée dans l’entreprise dans l'offre de vente sont validés par l’assemblée. Outre la fixation du prix, la discussion s’engage autour du poids que pèse l’entreprise dans la zone industrielle (50% des emprises), qui ne doit pas faire oublier les autres entreprises plus petites, mais tout aussi nécessaires et indispensables au développement. L’unanimité se fait autour du besoin de s’assurer que les autres entreprises sont bien informées de la nouvelle configuration impactant la circulation dans la zone.

Nota : il faut être très clair : la nature d’une entreprise est de se développer. Le rôle d’une collectivité est d’attirer des entreprises sur son territoire, en espérant qu’elles se développent. Il faut se réjouir qu'une entreprise investisse. Il n’y aucune question à se poser là-dessus. Il faut souhaiter que les autres entreprises de la Zone puissent le faire. Mais la collectivité n’intervient pas dans les affaires des entreprises. J’ai été un temps  déçu et un peu inquiet de la teneur que prenait le débat, mais le président et le maire de Brûlon tiennent bon le manche.

Christian  fait un compte rendu de la commission voirie qui s’était tenue l’après-midi même à Poillé-sur-Vègre, avec le technicien de la DDE. La commission a validé le programme 2007 distribué aux participants. Par ailleurs, la commission a réfléchi à deux problèmes :
-celui des « nids de poules » : la commission voirie  propose l’achat d’un véhicule (10.000 euros) mis à disposition d'un employé, capable d’emporter 4 à 500 kgs d’enrobé pour un travail de résorption de ces nids de poules 4 à 5 fois l’année.
 

-Chemins empierrés : certains se dégradent considérablement. Il faudrait mettre en place, pour les prochaines années, un système pour y remédier.
Le président intervient pour demander aux communes de recenser les chemins qui pourraient être goudronnés (sachant que certains riverains ne le souhaitent pas)  

Les ouvrages d’art sont également évoqués : il existe des associations qui proposent d’effectuer ces travaux dans le cadre de chantiers « jeunes ». Il faudrait se renseigner car il y a des besoins (pont de la bècre, par exemple) 

 Les travaux 2007 vont commencer (travaux de préparation du 15 au 20 mai). Le fauchage des bernes aura lieu fin mai début juin.

Des conseillers s’interrogent sur les modalités des appels d’offres où le prix est le premier critère. Du coup, on a affaire à de grosses entreprise, bien équipées, mais éloignées du secteur et dont le matériel est parfois surdimensionné par rapport à la tâche. (On prend une masse pour écraser une puce !) Du coup, il arrive que dans certains chemins, le travail ne puisse pas être  fait.

Le président rappelle qu’il suffit de préciser les critères d’attribution du marché, le prix n’étant pas forcément et toujours le premier critère. 

Quelques dates :

Commission Ordures Ménagères  le 24 mai à Brûlon en fin de matinée.

Commission communication le même jour à 14 heures.   

Prochaine réunion le 7 juin à Maigné et ...

Merci à la commune de Saint-Ouen pour le pot amical !     

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 7 mai 2007

Samedi 28 avril, quelle jolie conférence proposée par l’Association du Patrimoine d’Asnières ! Claude Cailleau s’est risqué à présenter son travail qui met en relation l’histoire de la vie d’un homme et le mystère de l’œuvre d’un des plus grands poètes français, Pierre Reverdy.

Cette conférence se tint à Solesmes dans la Sarthe (il existe une autre Solesmes, dans le Nord, sur la route de Paris-Roubaix). J’ai adoré le style de la conférence, le conférencier debout, lucide et habité par ses travaux, avec ses livres autour de lui pour faire jaillir, précisément, la citation au bon moment. Aucune fausse note, une érudition impressionnante et contagieuse, une simplicité dans la présentation de cet extraordinaire cheminement d’un homme « insondable » et d’une œuvre de profondeur. Qui était notre voisin le poète  Pierre Reverdy, décédé à Solesmes, le 17 juin 1960 ?

Pour répondre à cette question, encore faudrait-il savoir ce qu’est la poésie ! Et alors, là, autant dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge !  Car il y a autant de définitions de la poésie qu’il y a de poètes. C’est pourquoi, définitivement, ne réduisons pas la poésie à une forme d’art littéraire : le poésie n’a rien à voir avec la littérature, elle ne peut répondre pour elle, ni en tant qu’alibi, ni en tant qu’illustration. Chacune va son chemin. La poésie ne veut aucun cadre, aucune limite, aucun prix. Elle n’a rien à vendre. Sa gratuité est absolue. Elle ne sert à rien. Sinon à peser un peu de la blessure ontologique, à la dompter, à l’humaniser. Les  poètes en s’adonnant maladroitement à cette science qui parfois les dépasse, comme la houle engloutit le marin, surnagent. Et c’est là que ça se passe.

Si on connaît si peu de choses de Reverdy, c’est que le poète l’a voulu ainsi. Sa trajectoire depuis  Narbonne (où il né en 1889) jusqu’à à Solesmes (où il s’installe en 1926) en passant par Paris nous révèle qu’il y a peut-être deux Reverdy. C’est un peu ce que nous propose Claude Cailleau. Le jeune homme méditerranéen et volubile, entouré de jolies femmes, discutant des heures aux terrasses des cafés et l’homme bougon et fier, enfermé dans sa maison de la rue du Rôle, près d’une abbaye. On connaît l’extraordinaire impression qu’il fit aux jeunes gens en colère qu’étaient Louis Aragon, André breton, Paul Eluard  et Philippe Soupault quand il les recevait à Montmartre rue Cortot, on sait moins que son facteur de Solesmes ne rentra jamais dans la maison du poète (Mais Pierre Reverdy un jour voulut absolument lui offrir des plants de tomates !). Entre l’amant de Coco Chanel et l’homme qui cherchant Dieu, conclut : « je n’ai trouvé que des hommes et une religion », Reverdy renvoie quelques images rares et contradictoires.

Cet homme retiré du monde et même fuyant cette retraite, ayant mis à distance toute faiblesse, tout compromis, créa. « Le champ d’une expérience humaine avec ses repères se dissout en faveur d’un mouvement, d’un rythme où se conjuguent indéfiniment, préparés à se lier, à se défaire, à se recomposer, grâce à cet agencement sans balises, les fragments, les éclats, pourrait-on dire d’une création, dont le mystère nous enveloppe d’une poignante incertitude. »(Préface de François Chapon, à "Main d’oeuvre").

A l’issue de la conférence, après avoir pris connaissance de quelques documents exposés par le conférencier, nous prîmes le chemin de la « grande maison », rue du Rôle où Claude Cailleau nous dit quelques extraits de ses poèmes. Retour, par le cimetière où Reverdy et son épouse reposent. Les lettres de son nom ont été redorées. Claude Cailleau nous lit un extrait de l’hommage qu’écrivit Aragon. « Un soleil noir s’est couché à Solesmes : Il était quand nous avions vingt ans, Soupault, Breton, Eluard et moi, toute la pureté pour nous du monde. Notre immédiat aîné, le poète exemplaire. La vie a bien pu entre nous couler, elle n’a jamais brouillé cette image, cette conscience noire, ce refus, cette voix d’ombre dans notre jeunesse. Je ne vais pas jouer à mesurer cette perte. J’avais déjà devant cet homme en vie un sentiment de l’insondable… »                 

Le soleil éclaire nos visages émus devant la tombe de cet homme qui se tint à l’écart.

 

« Tard dans la vie Je suis dur
Je suis tendre
Et j'ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place où la foudre a frappé trop souvent
Un coeur où chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement »

 

 « Pauvre homme », conclut Claude Cailleau, avant de se quitter, sortant du cimetière par la petite porte.  

 

Pour en savoir plus :    

 

Dans les pas de Pierre Reverdy
Claude Cailleau
Petit pavé (éditions du), 18.00 €
 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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