Lundi 28 mai 2007

Sans notes, l’ordre du jour étant assez soft, voici un aperçu (incomplet) du dernier conseil municipal de Brûlon.

Le président de la Communauté de Communes fait le compte rendu de la dernière réunion (cf. le blog du mardi 8 mai : « Com Com à Saint-Ouen » ).

On enchaîne assez vite sur les 3 (concurrence légale oblige) devis du pont bascule. Les agriculteurs présents apportent l’éclairage technique. Il en résulte qu’il vaut mieux opter pour une structure métallique qu’une dalle en béton (because démontage/remontage éventuel plus simples). Il y a deux devis « structure métallique » contre un « structure béton » et entre les deux devis «structure métallique » l’investissement est assez proche, la différence se faisant sur l’entretien. Nous apprenons que l’entretien comporte un contrôle annuel et une « révision » tous les deux ans (poids et mesures).Il y a une différence sur les forfaits contrôle et révision et d’autre part un écart sur les coûts d’intervention en cas d’appel en exploitation courante.

Avant décision, le maire souhaite organiser une rencontre avec les deux prestataires.

Le Maire fait le point sur les travaux « Mairie, station d’épuration, avenue de la libération, plan d’eau ».

Globalement, ça suit son cours : à la mairie, on a fini la démolition, on peut donc commencer la « remolition » (sic). Une question métaphysique cependant nous taraude : la cave de la mairie qui servit à entreposer le charbon présentant un danger pour les engins en raison d’un effondrement possible doit donc être comblée temporairement. Cette situation transitoire doit-elle être considérée comme définitive ? La cave a une histoire : nous allons l’enterrer. Suspense : Oui (Ouf) ! disent les conseillers.

La station d’épuration fait l’objet d’une demande de permis de construire, au plan d’eau les travaux avancent, la petite butte est rasée, le chemin piétonnier « poussettes/handicapés » est sur le point d’être réalisé. Le maire indique qu’en ce moment, il y a, de la part des personnes actives de la commune et en particulier des employés communaux,  un effort très important.

La suite de l’ordre du jour nous permet de mettre à disposition de la base de loisirs des tentes marabout, d’évoquer le choix des lampadaires sur l’avenue de la libération (On aime bien les candélabres qui permettent et d’éclairer la route depuis le haut du mât et de baliser le chemin piétonnier par une lampe tournée vers le trottoir, mais le coût nous reste sur l’estomac.)

Si les catalogues nous renseignent sur les capacités imaginaires des designers dans le domaine, ils ne nous éclairent pas sur le prix. L’adjointe va se renseigner auprès de la DDE sur des modèle qui rentreraient dans le budget initial : 2000 euros la bête.

Les travaux de l’avenue de la libération auront lieu en octobre (quelque inconvénient pour la circulation). Info : le conseil général se lance dans les travaux de la route entre Chevillé et Brûlon (de la déviation en perspective !)

Questions diverses : les chemins de Brûlon pourraient être mieux entretenus. On en revient  à la question de la prise de compétences par la Com Com et à l’exercice de cette compétence. Le président de la Com Com (et comment je partage ce point de vue !) explique que dès lors que les chemins ont été transférés à la communauté de communes, ce ne sont plus les maires qui décident. Les maires quand ils participent à la décision le font en tant que Conseiller Communautaire. C’est pourquoi la commission voirie, fort justement, n’est pas composée de tous les maires, mais de représentants qui agissent au nom de l’intérêt général. Bien sûr, il faut vérifier que chacun joue bien le jeu, ce qui ne serait pas tout à fait le cas. Mais si on est convaincu de l’intérêt des communautés de communes, c’est bien à travers ce processus innovant d’exercice des compétences qu’on pourra avancer. 

 

Un peu de solidarité : à propos du Téléthon la commune de Beuzeville (76), qui par l’intermédiaire d’un Jacques de Brûlon, souhaite démarrer une course relais le vendredi 7 décembre à 12 heures depuis l’espace Multifonctions, sollicite un minimum d’aide pour organiser son départ (après la course qu’elle a organisée au départ de la tour Eiffel ou du Mont-Saint-Michel). A cette occasion, quelques associations de Brûlon réunies le 22 mai au prieuré ont émis des idées pour redémarrer le Téléthon qui s’est essoufflé à Brûlon. Chiche ?  

 


Toutes les associations et bénévoles sont conviés
Le Mardi 26 juin à 20 h 30 au Prieuré de Brûlon
pour la préparation de cette manifestation généreuse

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 20 mai 2007

Week-end politique exceptionnel à Brûlon au début de cette campagne législative !

Vendredi Soir Stéphane Le Foll, venu sans son suppléant Gérard Saudubray, paraissait bien seul dans la salle du Prieuré. En dehors de son premier cercle familial ou très amical, à peine 6 personnes venues l’écouter. Il est pourtant connu comme étant le bras droit de François Hollande

La division du parti socialiste si prégnante, si intolérable à l’issue de l’échec de Ségolène Royal qui est une défaite nette, mais qui n’est tout de même pas une déroute, fait sans doute son œuvre. Pourtant les éléphants qui nous trompent énormément savent bien où sont les responsabilités. Cela semble curieux  que le candidat socialiste ne dispose pas de plus de moyens pour réellement figurer dans cette bataille de la 4ème circonscription de la Sarthe où le Président de la République n’a bénéficié que d’une toute petite majorité de suffrages et où il affronte le premier ministre lui-même également venu à Brûlon, mais le lendemain, pour annoncer sa candidature et visiblement avec plus de soutien.

A Brûlon donc, en miniature, un petit résumé d’un enjeu national !

 

Malgré une déception qu’on peut comprendre, Stéphane Le Foll a respecté son public et nous sa donné, assez magistralement, sa vision des choses. Ainsi oppose-t-il à la conception individualiste du « Travaillez plus, vous gagnerez plus » à laquelle il reproche en sus de plomber les comptes sociaux, puisque les heures supplémentaires seront exonérées de charges y compris retraites, une autre approche donnant-donnant.

D’accord pour redorer la valeur travail, mais avec une philosophie différente : en proposant d’exonérer de charges les entreprises si en contrepartie elles créent des emplois qui eux seraient assujettis aux cotisations,  mot qu’il préfère à celui de charges, trop négatif.

En effet, pour le candidat socialiste, la logique d’une perte de recette des comptes sociaux privilégiée par la stratégie Sarkozyste trouvera sa compensation dans une diminution des prestations de santé (franchises), de retraites (revenu de remplacement diminué et années de travail augmentées), TVA sociale, impôt injuste, car plus dur à supporter par les faibles revenus.
Stéphane Le Foll rappelle également que bon nombre de personnes et notamment les femmes, que les grandes surfaces ou entreprises de main d’œuvre utilisent volontairement à temps partiel aimeraient travailler plus. La droite a critiqué les 35 heures, pourquoi ne les a-t-elle pas supprimées purement et simplement ? L’annualisation du temps de travail donne de la souplesse aux entreprises, ce qui permet d’éviter « en moyenne » les heures supplémentaires.

A l’objection que les entreprises ont du mal à trouver de la main d’œuvre qualifiée et préfèreraient faire travailler celle qu’elles ont plus longtemps, il rappelle que la formation est un axe clé des propositions de la gauche.
Honnête, il reconnaît qu’il y  a eu des erreurs, dans l’application des trente-cinq heures, qu’on a manqué de souplesse, mais il pense qu’il faut comparer objectivement  les résultats obtenus par le gouvernement Jospin et ceux résultant des gouvernements Raffarin et Villepin auxquels ont largement contribué MM Sarkozy et Fillon.

Après quelques coups de griffes sur le bouclier fiscal, l’affirmation d’une vision agricole qui doit rester alimentaire (le biocarburant, c’est bien, mais à un moment, il va falloir se poser la question, soit on mange, soit on roule en voiture), le candidat échange avec nous sur l’Europe. Il est député européen : il  pense qu’il ne faut pas rejeter systématiquement sur les commissaires, l’absence du politique dans les décisions européennes : toutes les décisions sont le résultat d’une orientation politique. Aux politiques de prendre leurs responsabilités.

Avant de nous quitter, off the record, le candidat laisse percer une certaine amertume vis-à-vis de la situation actuelle au parti socialiste : on imagine !
(Personnellement, si j’ai trouvé intéressants les propos  de S Le Foll, j’ai regretté qu’il n’accorde pas une place plus importante au rôle d’un député. A quoi ça sert, un député, qu’il soit dans la majorité ou dans l‘opposition)? 
 

Changement d’ambiance, le lendemain samedi où l’organisation départementale UMP avait préparé à l’espace multifonctions de Brûlon la venue de François Fillon. La commune se prête au jeu, ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit un premier ministre (!), sarthois et voisin de surcroît. Du stress tangible du côté des responsables UMP en charge de l’organisation, préoccupés le samedi matin de la configuration de la salle en vue surtout de la réalisation d’images, de l’émotion aussi, forcément de la fierté du côté de la commune en charge de l’accueil. On a changé d’échelle, ce n’est plus le ministre de l’éducation ou des affaires sociales qui déplaçait évidemment un peu de sécurité, bien que ces gens fussent toujours discrets, le premier ministre c’est vraiment autre chose.

On attend sous le soleil. Beaucoup de monde, de très jeunes gens avec des portables appareils photos, des gens plus âgés bien mis, une foule sympathique de sympathisants. Ils sont venus pour le voir, il est venu pour les remercier. Le Conseil Municipal attend sagement préparant une sorte de haie d’honneur à la porte de la salle. Les télés et radios sont là, caméras et antennes déployées.

Accueilli par le maire de Brûlon, le nouveau premier ministre se fraie un chemin avec dans son sillage, Marc Joulaud, député de la circonscription. Il serre les mains des chefs d’entreprises, bisouille à tout va, a une parole ou une petite tape amicale pour chacun.

Après des mots très personnels du Maire de Brûlon, Daniel Coudreuse, pour témoigner de sa joie, de sa fierté, de sa reconnaissance, de son admiration et de son fidèle attachement à la personne de François Fillon, le premier ministre prend la parole en s’arrêtant un instant sur cet accueil chaleureux. L’enfant du pays  remercie pour dire qu’il en a besoin de cette amitié car il sait combien la charge sera lourde. Les applaudissements fusent à chaque fin de phrase, boostés par les jeunes de l’UMP.

Puis le discours politique : François Fillon a toujours su prendre de la hauteur, sa nouvelle fonction ne viendra pas contrarier son penchant naturel. Il justifie la composition de son gouvernement d’ouverture avec les symboles forts que sont les nominations de Bernard Kouchner et Rachida Dati à des postes clés, il se déclare non pas un idéologue, un homme d’écoute, mais un réformateur décidé. A titre d’exemple, ok pour le dialogue entre les partenaires pour le service minimum de transports en cas de grève, mais prévient : « si les partenaires ne prennent pas leurs responsabilités, je légifèrerai. » Il annonce qu’il va travailler vite, car la France en a besoin. Il énumère les réformes prioritaires : université, détaxation fiscale et sociale des heures sups, exonération des droits de succession, etc.… ! Au passage, Il fustige la gauche qui « est pour le peuple, mais uniquement quand le peuple vote pour elle ! »

Avec humour, François Fillon rappelle que la dernière fois qu’un sarthois eût l’honneur d’être à sa place,-Joseph Caillaux il y a cent ans-l’épouse de ce dernier avait assassiné le directeur du Figaro. Mais il estime ne rien avoir à craindre de ce côté-là avec son épouse, peu adepte des armes à feu !          

Il dit et redit : je n’ai pas la grosse tête, s’il vous plaît ne m’appelez pas « Premier Ministre », j’en fais le serment, ici à Brûlon, je vous resterai fidèle. Je ne suis pas à Matignon pour le faste, je suis là pour servir la France.

Puis il ajoute : « pour que toutes ces réformes soient réalisables, il y a encore un effort à fournir. C’est la bataille des législatives pour lesquelles je m’engage car il ne me paraît pas normal qu’un premier ministre ne soit pas un élu. Mon expérience, elle me vient de tous ces mandats du peuple que j’ai exercés. Voilà pourquoi, alors que rien ne m’y oblige, je viens chercher auprès de vous la légitimité des urnes ! » Tonnerre d’applaudissements. C’est fini, son suppléant sur scène n’intervient pas, conformément au protocole.
(à part soi, mais évidemment, à ne pas objecter au milieu de cette ferveur, on pourrait gentiment rappeler au Premier Ministre, qu’il a déjà largement acquis son expérience et que peut-être serait-il bon que Marc Joulaud se fasse également la sienne. Ou bien encore qu’une rupture en faveur de plus de morale politique pourrait considérer que c’est celui qui se présente devant les électeurs qui siège au parlement.) Mais ce n’est pas le moment. Ne boudons pas notre plaisir. L’heure est à l’émotion pas à la réflexion. François Fillon fait son bain de foule. Tout le monde veut être photographié avec lui, ou trinquer, ou lui parler, recueillir un autographe.
Derrière les tables, on s’affaire à servir le pétillant de Chahaignes dans une chaleur amicale et de saison.

Les agences de presse viennent de lancer la dépêche qui va faire le tour des rédactions : « A Brûlon (Sarthe), François Fillon lance la bataille des législatives ! »  

 

Ce sera le titre de l’article du blog en ajoutant en sous-titre : Malheur aux vaincus !  

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 14 mai 2007

               ... ce 14 novembre où je pris la décision de créer ce blog, où en est-on ? Si je voulais suivre la mode, je dirais que je n’ai pas l’intention de m’excuser.

Plus simplement, et plus proche de mes valeurs, je découvre un blog assez généraliste sur un thème banal (le journal). Mais depuis des lectures sur la vie quotidienne dans le monde moderne (Henri Lefebvre, je sais que ça ne nous rajeunit pas), également à considérer les travaux d’historien comme ceux d’Anne Fillon sur la société villageoise du XVIIIème, nous regardons le « banal » d’une autre façon.

42 908 pages vues et 12 423 visiteurs unique, c’est très peu, comparé aux 100 000  visiteurs/mois du blog d’Alain Lambert, mais la moyenne mensuelle depuis février 2007 dépasse les 1000 visiteurs (le hasard fait que c’est à peu près le nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales de Brûlon) et le nombre de pages vues, les 5000.  Nous ne faisons pas la course, nous ne cherchons pas à faire de l’audience pour de l’audience. C’est un travail personnel, tout est fait maison. Je n’étais absolument pas sûr de tenir la distance : on s’essouffle, on sait que la parole est d’argent, mais que le silence est d’or, on voudrait tant rejoindre l’essentiel et oublier le bavardage, nous animions une revue de poésie qui s’appelait « Parole » et non « Bla Bla », bref, que de raisons d’arrêter ! Et pourtant ça continue, au moins encore pour quelque temps.

Merci de votre fidélité.

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 12 mai 2007

La victoire de Nicolas Sarkozy désormais solidement acquise, la bataille pour les législatives se profile. De quoi sommes nous les spectateurs impuissants ? Du chauffage à mort des institutions de la Cinquième République !  Jamais, y compris du temps de De Gaulle, la Vème  République ne se sera aussi rapprochée d'un régime purement présidentiel. Le nouveau président veut d’un premier ministre qui anime une équipe restreinte et non pas qui conduit le gouvernement. Il souhaite pouvoir s’adresser directement au parlement. Il prépare l’ouverture au niveau de l’exécutif  si les points de convergence sont absolus  (Védrine, Allègre ?), mais souhaite écraser au centre ceux qui ne se rallient pas sans condition à son panache bleu.

 L’absence de proportionnelle dans le scrutin majoritaire de circonscription lors des législatives biaise la représentativité. La France qui a voté pour François Bayrou, mais qui n’a pas voté UDF, celle qui a voté Ségolène, mais qui n’a pas voté PS ou celle qui a voté Sarkozy, mais qui n’a pas voté UMP, n’existe plus. Des millions de voix qui souhaitaient un vrai changement dans la vie citoyenne, qu’on puisse être critique sur le plan politique (pas sur les histoires de people ou de yacht dont on n’a que faire)  sans pour autant être immédiatement taxé d’opposant vont flotter dans le paysage électoral. La situation de ces électeurs va rejoindre ceux de Le Pen, sans représentation parlementaire, mais ceux-là, Nicolas Sarkozy n’a aucune chance de les récupérer car sa manœuvre vis-à-vis des députés UDF est typique de ce que ces citoyens souhaitent changer : des élus au service du peuple et pas des élus qui, pour sauver leur place, perdent toute indépendance.

Le pouvoir législatif, celui de travailler à l’élaboration des lois puis de les voter  sous l’impulsion du gouvernement pourrait être confisqué par N Sarkozy via la stratégie UMP. 

Les députés UMP auxquels il faudra rajouter le groupe pseudo-indépendant des UDF ralliés formeront l’ensemble parlementaire le plus godillot de la Cinquième République , priés de ne s’exprimer que lorsqu’on le leur demandera et de débattre des points-virgules sur les textes de loi. Ils se sont plaints de Villepin : ils vont voir avec Sarkozy. Pour autant, le nouveau président se dit favorable à accorder des présidences de commissions à des membres de l’opposition, c’est dire, s’il s’apprête à tenir compte de leur avis.
Ce qui se passe est affligeant car on mélange les deux pouvoirs législatif et exécutif au profit d’un seul homme providentiel. Or, il n’y a pas de sauveur suprême ! Les deux principaux concurrents de Nicolas Sarkozy au 1er  tour ont exprimé très fortement ce besoin d’associer, d’entraîner les citoyens dans le mouvement pour créer et participer à la dynamique du changement. En préférant une chambre d’enregistrement à un parlement vivant et riche en propositions, le président priverait  la France d’une grande part de son identité et de sa richesse.  Cette logique reviendrait à imposer des solutions déjà trouvées (peut-être au grand dam de son premier ministre). Il est dangereux pour la démocratie que le parlement soit aussi peu représentatif de ce qu’est la France à ce jour. Il n’est pas normal de considérer qu’avec  85% d’électeurs l’ayant voté à  53%, le programme législatif du mandat soit adopté. Le travail de réforme à accomplir est considérable :  les députés doivent y participer massivement, non seulement sous l’angle essentiel des lois, mais aussi pour donner leur avis sur les calendriers, la progressivité des mesures, leur adaptabilité, la pédagogie sur le terrain. Bien mieux que les sondeurs, les députés (les vrais) sentent battre le pouls de la France réelle.
Si on veut qu’ils jouent ce rôle, alors il faut qu’ils représentent la France réelle et qu’ils aient droit aux coups de gueule. La direction que prend aujourd’hui N Sarkozy en est aux antipodes. Vouloir délibérément écraser une large aspiration à un changement profond de la morale politique est une responsabilité lourde dont on ne peut mesurer les effets aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 8 mai 2007

Réunion Com Com du jeudi 3 mai 2007

 Pierre m’a demandé de le représenter à la réunion du conseil communautaire qui se déroulait à Saint-Ouen (en Champagne, pas au siège du Red Star). Il y a longtemps que je n’y avais pas siégé, et, est-ce l’effet du mandat finissant, est-ce l’esprit communautaire qui progresse, j’ai trouvé l’ambiance plutôt sereine et  très amicale. Le fait de se sentir autant chez nous, dans un de ces magnifiques villages de la communauté de communes (Avessé, Brûlon, Chantenay-Villedieu, Chevillé, Fontenay-sur-vègre, Maigné, Pirmil, Poillé-sur-vègre, Saint-Ouen-en-champagne, Saint-Pierre-des-bois, Saint-Christophe-en-champagne,  Viré-en-champagne) simplifie la relation entre les conseillers communautaires. Nous voilà, le temps d’un conseil pour les occasionnels, comme moi, ou tout au long d’un mandat pour les délégués titulaires, responsables d’un espace territorial qui prime avant l’intérêt égoïste de notre lopin communal.

Et bien sûr qui doit primer, comme pour un conseil municipal, sur la subjectivité ou l’intérêt  personnel. Quelques échos (non officiels, bien sûr, comme d’hab, à prendre avec du recul, mais depuis le temps, vous connaissez la règle du blog !)

Le Trésorier intervient longuement pour expliquer la difficulté à recouvrer une dette d’une entreprise en l’absence d’un fondement juridique avéré. Il explique qu’au-delà d’une période de 4 ans, il n’est plus possible d’entamer des poursuites. Or il s’agit d’un titre de créance datant de 2003. Il apparaît souhaitable pour cette entreprise qui, entre-temps, a changé de propriétaire et qui vient de signer en 2007 un nouveau contrat avec la Com Com où figure notamment en apport en fond propre le montant du litige d’annuler le titre de 2003 et de le repositionner en 2007. Cette délibération permettrait au trésorier d’engager les poursuites légales (en l’absence évidemment d’un règlement amiable que tout le monde préfèrerait, pour des raisons économiques et sociales).

Le Trésorier continue sur le sujet des loyers et des ordures ménagères. Il insiste sur l’importance de ne pas laisser se gonfler la dette d’un particulier et se dit persuadé de l’efficacité des maires sur ce sujet.

 

La participation de la Com Com au prix des repas distribués aux enfants fréquentant les centres de loisirs est inchangée : 1,10 euro.

 

Le projet d’extension de FPEE est rappelé. Un prix de 8 euros par mètre carré ainsi que la proposition d’inclure la part de voirie enclavée dans l’entreprise dans l'offre de vente sont validés par l’assemblée. Outre la fixation du prix, la discussion s’engage autour du poids que pèse l’entreprise dans la zone industrielle (50% des emprises), qui ne doit pas faire oublier les autres entreprises plus petites, mais tout aussi nécessaires et indispensables au développement. L’unanimité se fait autour du besoin de s’assurer que les autres entreprises sont bien informées de la nouvelle configuration impactant la circulation dans la zone.

Nota : il faut être très clair : la nature d’une entreprise est de se développer. Le rôle d’une collectivité est d’attirer des entreprises sur son territoire, en espérant qu’elles se développent. Il faut se réjouir qu'une entreprise investisse. Il n’y aucune question à se poser là-dessus. Il faut souhaiter que les autres entreprises de la Zone puissent le faire. Mais la collectivité n’intervient pas dans les affaires des entreprises. J’ai été un temps  déçu et un peu inquiet de la teneur que prenait le débat, mais le président et le maire de Brûlon tiennent bon le manche.

Christian  fait un compte rendu de la commission voirie qui s’était tenue l’après-midi même à Poillé-sur-Vègre, avec le technicien de la DDE. La commission a validé le programme 2007 distribué aux participants. Par ailleurs, la commission a réfléchi à deux problèmes :
-celui des « nids de poules » : la commission voirie  propose l’achat d’un véhicule (10.000 euros) mis à disposition d'un employé, capable d’emporter 4 à 500 kgs d’enrobé pour un travail de résorption de ces nids de poules 4 à 5 fois l’année.
 

-Chemins empierrés : certains se dégradent considérablement. Il faudrait mettre en place, pour les prochaines années, un système pour y remédier.
Le président intervient pour demander aux communes de recenser les chemins qui pourraient être goudronnés (sachant que certains riverains ne le souhaitent pas)  

Les ouvrages d’art sont également évoqués : il existe des associations qui proposent d’effectuer ces travaux dans le cadre de chantiers « jeunes ». Il faudrait se renseigner car il y a des besoins (pont de la bècre, par exemple) 

 Les travaux 2007 vont commencer (travaux de préparation du 15 au 20 mai). Le fauchage des bernes aura lieu fin mai début juin.

Des conseillers s’interrogent sur les modalités des appels d’offres où le prix est le premier critère. Du coup, on a affaire à de grosses entreprise, bien équipées, mais éloignées du secteur et dont le matériel est parfois surdimensionné par rapport à la tâche. (On prend une masse pour écraser une puce !) Du coup, il arrive que dans certains chemins, le travail ne puisse pas être  fait.

Le président rappelle qu’il suffit de préciser les critères d’attribution du marché, le prix n’étant pas forcément et toujours le premier critère. 

Quelques dates :

Commission Ordures Ménagères  le 24 mai à Brûlon en fin de matinée.

Commission communication le même jour à 14 heures.   

Prochaine réunion le 7 juin à Maigné et ...

Merci à la commune de Saint-Ouen pour le pot amical !     

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 7 mai 2007

Samedi 28 avril, quelle jolie conférence proposée par l’Association du Patrimoine d’Asnières ! Claude Cailleau s’est risqué à présenter son travail qui met en relation l’histoire de la vie d’un homme et le mystère de l’œuvre d’un des plus grands poètes français, Pierre Reverdy.

Cette conférence se tint à Solesmes dans la Sarthe (il existe une autre Solesmes, dans le Nord, sur la route de Paris-Roubaix). J’ai adoré le style de la conférence, le conférencier debout, lucide et habité par ses travaux, avec ses livres autour de lui pour faire jaillir, précisément, la citation au bon moment. Aucune fausse note, une érudition impressionnante et contagieuse, une simplicité dans la présentation de cet extraordinaire cheminement d’un homme « insondable » et d’une œuvre de profondeur. Qui était notre voisin le poète  Pierre Reverdy, décédé à Solesmes, le 17 juin 1960 ?

Pour répondre à cette question, encore faudrait-il savoir ce qu’est la poésie ! Et alors, là, autant dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge !  Car il y a autant de définitions de la poésie qu’il y a de poètes. C’est pourquoi, définitivement, ne réduisons pas la poésie à une forme d’art littéraire : le poésie n’a rien à voir avec la littérature, elle ne peut répondre pour elle, ni en tant qu’alibi, ni en tant qu’illustration. Chacune va son chemin. La poésie ne veut aucun cadre, aucune limite, aucun prix. Elle n’a rien à vendre. Sa gratuité est absolue. Elle ne sert à rien. Sinon à peser un peu de la blessure ontologique, à la dompter, à l’humaniser. Les  poètes en s’adonnant maladroitement à cette science qui parfois les dépasse, comme la houle engloutit le marin, surnagent. Et c’est là que ça se passe.

Si on connaît si peu de choses de Reverdy, c’est que le poète l’a voulu ainsi. Sa trajectoire depuis  Narbonne (où il né en 1889) jusqu’à à Solesmes (où il s’installe en 1926) en passant par Paris nous révèle qu’il y a peut-être deux Reverdy. C’est un peu ce que nous propose Claude Cailleau. Le jeune homme méditerranéen et volubile, entouré de jolies femmes, discutant des heures aux terrasses des cafés et l’homme bougon et fier, enfermé dans sa maison de la rue du Rôle, près d’une abbaye. On connaît l’extraordinaire impression qu’il fit aux jeunes gens en colère qu’étaient Louis Aragon, André breton, Paul Eluard  et Philippe Soupault quand il les recevait à Montmartre rue Cortot, on sait moins que son facteur de Solesmes ne rentra jamais dans la maison du poète (Mais Pierre Reverdy un jour voulut absolument lui offrir des plants de tomates !). Entre l’amant de Coco Chanel et l’homme qui cherchant Dieu, conclut : « je n’ai trouvé que des hommes et une religion », Reverdy renvoie quelques images rares et contradictoires.

Cet homme retiré du monde et même fuyant cette retraite, ayant mis à distance toute faiblesse, tout compromis, créa. « Le champ d’une expérience humaine avec ses repères se dissout en faveur d’un mouvement, d’un rythme où se conjuguent indéfiniment, préparés à se lier, à se défaire, à se recomposer, grâce à cet agencement sans balises, les fragments, les éclats, pourrait-on dire d’une création, dont le mystère nous enveloppe d’une poignante incertitude. »(Préface de François Chapon, à "Main d’oeuvre").

A l’issue de la conférence, après avoir pris connaissance de quelques documents exposés par le conférencier, nous prîmes le chemin de la « grande maison », rue du Rôle où Claude Cailleau nous dit quelques extraits de ses poèmes. Retour, par le cimetière où Reverdy et son épouse reposent. Les lettres de son nom ont été redorées. Claude Cailleau nous lit un extrait de l’hommage qu’écrivit Aragon. « Un soleil noir s’est couché à Solesmes : Il était quand nous avions vingt ans, Soupault, Breton, Eluard et moi, toute la pureté pour nous du monde. Notre immédiat aîné, le poète exemplaire. La vie a bien pu entre nous couler, elle n’a jamais brouillé cette image, cette conscience noire, ce refus, cette voix d’ombre dans notre jeunesse. Je ne vais pas jouer à mesurer cette perte. J’avais déjà devant cet homme en vie un sentiment de l’insondable… »                 

Le soleil éclaire nos visages émus devant la tombe de cet homme qui se tint à l’écart.

 

« Tard dans la vie Je suis dur
Je suis tendre
Et j'ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place où la foudre a frappé trop souvent
Un coeur où chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement »

 

 « Pauvre homme », conclut Claude Cailleau, avant de se quitter, sortant du cimetière par la petite porte.  

 

Pour en savoir plus :    

 

Dans les pas de Pierre Reverdy
Claude Cailleau
Petit pavé (éditions du), 18.00 €
 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 1 mai 2007

Pour la première fois de sa vie civique,  Marianne peut saisir la chance de partager la salle d'honneur de nos 36.000 mairies avec le visage d'une autre femme. Pendant 5 ans, la jolie Marianne à qui le fantasme des hommes avait prêté les traits de Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Laetitia Casta, mais jamais les mains gercées des ouvrières de l'agroalimentaire comme Nicole, Babette ou Fanfan, va trouver avec qui papoter. Car les femmes papotent, vous savez, quand les hommes ne disent jamais du mal de leurs rivaux voisins. La France est une moitié de démocratie. Les ministres de la condition féminine (la condition féminine fut traitée comme un problème), les lois sur la parité, les journées de la femme traduisent assez dans le ridicule à quel point notre société est arriérée sur la place que doivent occuper les femmes. Ne soyons pas naïfs : même quand la loi existe, la coutume, l'usage et, quand il n'y a plus d'autre argument, la culture justifient des comportements, somme toute illégaux, non punis et non punissables. Inutile de faire appel aux statistiques, regardons autour de nous : combien de femmes occupent, en Sarthe, des postes dans les Comités Exécutifs de Direction de nos entreprises ? Combien de femmes exercent la fonction de Maires dans nos grandes agglomérations ? (Préfecture, sous-préfectures ?). Enfin dans nos 40 cantons, nous avons 10 femmes (25%) conseillère générale.  La Sarthe n'a pas à rougir vis-à-vis d'autres départements, au contraire son ouverture d'esprit traditionnelle (les Saboliens firent le bon choix de  Raphaël Elysé) l'autorise à être l'avant-garde dont la France a besoin.

Mais cette France de 2007, où en est-elle vraiment ?  

Sur le plan politique que voyons-nous ? N'accablons pas cette malheureuse UMP que rallient, dans un sauve-qui-peut pathétique, des députés UDF plus inquiets de leur sort dans leur circonscription que de celui de la France , elle en a l'habitude. Que penser d'autres ralliements, de ceux qui changent de monture entre les deux tours ? La voilà la rupture dont on nous avait parlé et que j'avais raillée gentiment sur ce blog ? Le voilà, l'après Chirac, ce père honni, à qui on voulut tant faire la leçon, dont on ne chercherait qu'à conserver l'art d'embrouiller les affaires politiques intérieures quitte à en oublier son talent sur les rives extérieures ? Qui à grands coups de trompettes annonce les temps nouveaux ? Ceux qui participèrent au gouvernement Juppé qui "vira les pétasses". Qui appelait sous Chirac au renouveau de la vie politique ? Ceux qui accueillent à bras ouverts des députés qui se ruent vers une majorité garante d'une réélection, autrement plus importante à leurs yeux que l'intérêt de la France et accessoirement des attentes des millions d'électeurs qui ont fait confiance à leur chef de file. Est-ce avec de telles mentalités que le rôle du parlement va être redoré ? Quand tout semble concentré entre les mains d'un homme dont le premier ministre ne sera qu'un exécutant,  quelle est la promesse de démocratie ? Où est le changement ? Où est la modernité ? Dans un pays de mecs, qu'est-ce que le slogan « Ensemble » signifie ?

 

 

Bien sûr, ce non-partage des pouvoirs entre les hommes et les femmes est transversal à la classe politique. Et malgré mon coeur et ma raison de gauche, j'aurais volontiers jadis voté pour une femme de droite comme Simone Veil, si elle avait été candidate, car je pensais à cette époque qu'elle représentait plus la modernité que son concurrent de gauche, tout badigeonné de l'orthodoxie socialiste et même oint du du sacrement de la gauche unitaire.

Mais cette chance n'a pas été offerte à Marianne. L'histoire est ainsi. Mais ce que nous n'avons pas pu faire avec une femme de droite, les mêmes (le peuple) pouvons le faire avec une femme de gauche. Aujourd'hui, les choses bougent : le Medef en remplaçant avantageusement l'archaïque baron Seillères par la pragmatique Laurence Parisot se modernise. La région Poitou-Charente, en ayant préféré Ségolène Royal au bon monsieur Raffarin, a aussi secoué les habitudes des pouvoirs. Faut-il encore chercher midi à 14 heures ?

 

 

 

Que pouvons-nous espérer de Nicolas Sarkozy sur un changement en profondeur des moeurs politiques au-delà de la loi ?

 

 

Rien !

 

 

 

 

 

Que pouvons-nous espérer sur le même thème de Ségolène Royal ?

 

 

Tout !

 

 

 

 

 

Que Marianne et la France gagnent !     

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mercredi 25 avril 2007

Outre le plaisir savouré à l’avance de retrouver des gens qu’on ne voit pas souvent et qu’on apprécie, les "rural tour" de l’Europa jazz sont une occasion de nous réjouir de la sensibilité musicale contemporaine.

Petite formation de poche, mobile, grands musiciens, le trio Daniel Mille (accordéon) , Eric Seva (saxophones), Eric Longsworth (violoncelle)  joue pour nous dans la proximité d’une terrasse de café ou d’un trottoir de Barcelone. Et c’est toute la nostalgie qui passe dans ces accords mineurs, cette beauté triste des grandes villes quand les soleils s’effondrent, ces pas de danse à peine esquissés, la valse des regrets, et le vent du soir qui disperse parmi les éclats de rire des verres qui s’entrechoquent, et les notes et les pleurs, puis la mer se retire.  Alors c’est un film qui vient, des hommes sont là qui fument des cigarettes, on a vu ce film, on en connaît des bouts, on les associe à Paris, peut-être rue Saint-Séverin, un ciné noir et blanc. Puis l’écran disparaît : à nouveau c’est la vie qui explose, il faut prendre des forces au souffle du saxo, au tempo du violoncelle et au rythme qu’on appuie avec les pieds, les mains, le corps sur le piano du pauvre, la musique fraternise entre des continents, des ambiances, des couleurs : « La musique est un cri qui vient de l’intérieur ! »    

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Jeudi 19 avril 2007
Après une campagne longue, le travail d’analyse des propositions des partis soutenant les candidats le plus en situation, voici l’heure du choix.
Nos trois candidats Bayrou, Royal et Sarkozy ne sont pas dans la même situation.
Nicolas Sarkozy, avec la prise en main de l’UMP, en rassemblant autour de lui une équipe qui a fait un travail énorme de programme législatif, donne l’impression d’être le plus prêt pour gouverner et entamer les réformes. François Bayrou, qui a fait de l’UDF le parti du candidat, s’appuie sur un programme humaniste bourré de bonnes intentions et pose, comme condition de réussite de son projet, l’indispensable coopération entre personnalités d’envergure appartenant aujourd’hui à des partis différents. Cette convergence possible et souhaitable n’est pas à ce jour construite. Ségolène Royal est la plus originale car, après avoir fait le hold-up de l’investiture au nez et à la barbe de son compagnon secrétaire du parti, doit tout à la fois ancrer ses fondamentaux sur le programme du PS, s’affranchir des caciques pour débattre, et renvoyer des propositions dans le dos de son cher et tendre à ses aficionados.
Ainsi chaque candidat ne bénéficie pas de la même colonne vertébrale pour mener campagne.
Ce que cela reflète en terme de maturité, d’appui et de préparation à gouverner peut être un critère de choix. Et pour ce critère, c’est Sarkozy qui l’emporte.
 
Nous avons passé du temps à examiner les programmes. Nous avons compris que bon nombre des mesures ne sont pas aussi automatiquement applicables qu’annoncé. Sans chercher bien loin, l’Europe, les régions et les départements, à qui bon nombre de compétences de l’Etat sont transférées peuvent être un accélérateur ou un frein. Ce qui compte, ce n’est pas le catalogue de mesures, c’est la philosophie qui inspire le projet. Celle de Nicolas Sarkozy est clairement à droite, sans complexe, optimiste, à l’image d’un républicain américain. Celle de Ségolène Royal porte une part de compassion, la recherche d’une justice cherchant à protéger les plus faibles, une obligation de moyens en faveur de plus d’égalité, proche de l’esprit d’une travailliste anglaise. Celle de François Bayrou est la plus généreuse, la plus idéaliste dans les mots, la plus confiante dans les hommes au-delà de leur appartenance à des ensembles idéologiques réducteurs, dans la peau d’un chrétien-démocrate allemand ou italien.
Pour ce critère, pour l’Idéal, ce sera Bayrou.
 
Enfin, il y a les hommes et les femmes. Ce qu’ils disent. Ce que nous croyons qu’ils sont. En décidant que le Président de la République serait élu au suffrage universel, De Gaulle n’imaginait pas ce qui précède aujourd’hui ce suffrage. Rappelons nous seulement que la motion de censure votée par le parlement lui fut opposée et qu’il dut, après dissolution de l’assemblée nationale, organiser le référendum (taxé de plébiscite), puis des élections législatives. Le projet d’une VIème République, que beaucoup ont appelé de leurs vœux, fait partie du débat. Mais la constitution organise désormais tous les cinq ans la rencontre d’une personne et du peuple français. Une question nous taraude :    
 Finalement, ces trois mousquetaires méritants sont-ils crédibles pour administrer bon an mal an la potion magique (au goût d’huile de foie de morue) dont la France a besoin ?
François Bayrou ne peut renier son appartenance à la famille de droite. Les ex-icônes de son parti (Simone Veil, Valéry Giscard d’Estaing) ont pris la poudre d’escampette en faveur de son rival préféré. C’est le prix à payer d’avoir infléchi l’UDF à sa seule ambition. Cela dit, sa vision est une vision d’avenir et pourrait définir une mouvance stable en France de Démocratie Sociale opposée aux Nationalistes Républicains. Il n’empêche que ses orientations (sauf sur l’Europe où il est de nos trois mousquetaires le plus fervent partisan) sont plutôt à droite. François Bayrou partage avec l’Ump le diagnostic du patient, mais considère que le moral des français est un facteur de guérison plus efficient que les médicaments. Il se distingue de Sarkozy moins par ce qu’il va faire, mais avec qui et comment il va le faire. Il y a plusieurs mois, j’avais écrit : ce qui comptera, c’est le style, c’est la manière. On y est. Quel style, quelle manière ? Même si elle est beaucoup moins préparée et ficelée que celle du camp Sarkozy, on sait que la politique de Bayrou est sur le fond proche de celle de l’UMP, avec quelques innovations. Sa singularité ne repose que sur le credo d’un rassemblement possible parce que nécessaire. La France politique est-elle mûre ?
Sur ce critère, Bayrou en ballottage !
 
Nicolas Sarkozy et ses compagnons représentent tout, sauf du neuf. Si leur expérience est un atout, leur responsabilité dans la situation actuelle pose problème. 1000 ou 1200 (ça dépend des jours) milliards d’euros de dette, c’est un bilan partagé avec la gauche, mais ce doit être un bilan assumé. L’échec du référendum européen (il est absurde de ne pas vouloir faire prendre aux Français leur responsabilité dans leur avenir) est un échec de la pédagogie politique, partagé, mais qui doit être assumé. Le constat de la HALDE (Haute autorité de lutte contre la discrimination et pour l’égalité) présidée par L Schweitzer, ancien PDG de Renault, met en évidence la discrimination en matière d’emploi liée à l’origine de celui qui cherche du travail. Un autre rapport constate l’inégalité au regard de l’accès aux soins. Jacques Chirac est-il le seul responsable de la promesse non tenue de la réduction de la fracture sociale, s’il est vrai que son programme fut au moins partielement écrit par Nicolas Sarkozy et François Fillon ? Enfin, si une bonne part des propositions de l’UMP sont intéressantes et que globalement leurs orientations vont dans le bon sens (eh oui, il va falloir se bouger, le travail c’est la santé !), il y a la personnalité de Sarkozy qui trouble. Bien sûr, il ne s’agit que de celle que les médias nous renvoient. Mais curieusement, le candidat (et avant lui, le ministre de l’intérieur) n’a jamais cherché à la modifier. Il persiste et signe. Quand Elkabbach lui dit : « Des fois, il faut faire gaffe », on a l’impression qu’il ne comprend pas. Et il ne comprend pas parce qu’il n’écoute pas. Alors la politique, sans crier gare, revient. Et on comprend ce qui a pu l’éloigner d’un Chirac et dans une moindre mesure d’un Villepin. Sarkozy n’a pas le pouvoir du verbe, il a le verbe du pouvoir. Les mots précèdent les maux. La bavure, sur la dalle d’Argenteuil, doit être assumée en tant que telle. On ne lui reproche pas d’être humain et indigné, vis-à-vis de la douleur d’une mère. Mais on ne peut donner comme consigne aux forces de l’ordre de « nettoyer la racaille au karcher ». Ce langage déplacé a mis les forces de l’ordre dont la mission est de prévenir, contenir, maîtriser, protéger y compris par la force, dans une situation où elles deviennent la cible. C’est une faute sanctionnable qui lui aurait valu dans un autre contexte d’être « appelé à d’autres fonctions ». L’erreur est humaine et Nicolas Sarkozy découvrait la misère de la violence. Or, il ne veut rien changer à son discours. Non pas parce qu’il pense avoir raison, mais parce qu’il craint de perdre un peu de son crédit ou de son aura auprès de ceux dont il pense aujourd’hui avoir besoin. En durcissant un discours dont le fond est erroné, il creuse un écart entre le pays qu’il met en scène à travers sa communication et le pays réel qui le regarde à la télévision. Pouvons-nous lui remettre autant de pouvoir ?
François Fillon, Oui ! Nicolas Sarkozy, Non !
 
Ségolène Royal est la plus neuve des trois. La moins habile, nous fait-on croire. La moins préparée. La moins expérimentée. Celle qui doit encore faire ses preuves. C’est elle qui porte le plus d’aventure et d’interrogation. Celle qui a encore le plus de pages à écrire (ou à publier), la cohérence du « ce qu’il y a à faire » à conjuguer avec le possible du « avec qui le faire ». Elle est dans une logique où elle doit « violer » son parti comme l’ont fait tous les grands présidents (De Gaulle, F Mitterrand), où elle doit faire ce que font toutes les femmes en situation de compétition avec des hommes, x% et le reste en plus pour être considérée comme presque à leur égal. Elle a des idées, elle est en phase avec une grande partie de la population : elle doit apprendre la pédagogie dans la capacité à travailler le matériau des débats participatifs en terme d’attentes pour présenter des solutions crédibles à mettre en œuvre avec les mêmes relais. Elle aura à construire une majorité. Une bonne part de ses ennemis appartient à son parti. Ce fut le sort de Simone Veil et d’Edith Cresson qui, toutes les deux, la trouvent courageuse. L’absence de soutien dans son propre camp (que disent les présidents de Région, pourtant majoritairement à gauche ?), ne doit pas occulter le fait que l’Ump est le royaume du déchirement. L’unité de façade nous fera-t-il oublier l’entente cordiale Sarkozy-Villepin, Chirac-Balladur ? La lutte autour du poste de Premier Ministre dont la fonction, sans modification de la constitution, pourrait muter de maître d’œuvre vers animateur, laissera des traces. Et le premier ministre se satisfera-t-il, même par beau temps avec son président, d’un rôle d’exécutant de l’exécutif ?
 
Ainsi Ségolène Royal, qui propose sur le fond autre chose que ce que nous avons connu ces cinq dernières années et rêve sur la forme d’autres pratiques de la politique, paraît être la mieux placée pour incarner ce changement, cette rupture sans violence, dans la modernité, dont la France a besoin.

C’est mon choix ! A chacun de faire le sien !  
   
 
  
 
 
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 16 avril 2007

Lundi 16/04/07 20h00  Prieuré

 

Réunion Maire-adjoints

 

 

Mardi 17/04/07 à 14h30 Le Grand Lucé

 

AG des petites cités de caractère de la Sarthe

 

 

Jeudi 19/04/07 matin Brûlon

 

         Permanence de L Cohin, architecte conseil des pcc

 

        

 

Jeudi 19 avril à 19 h30

 

Conseil municipal

 

 

Dimanche 22/04/07

 

         Election présidentielle

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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