Mercredi 11 janvier 2006

A Daniel Biga

 

 

A  midi, avant d’aller à la bibliothèque lire les poètes,

J’irai au kiosque (mais il n’y a plus de kiosque) m’acheter un sandwich

Un pan bagna de préférence (mais les meilleurs du monde sont à Nice) au pays de Biga, entre la gare et l’avenue Gambetta,

Ou si je me trompe, à la gare sud, point de départ du train des pignes,

Mais c’est sûr les meilleurs  pan bagna du monde sont à Nice, où un traité européen fut signé,

Où il y a un quartier de musiciens et des russes comme la nostalgie n’en fait plus,

Mais je ne suis plus à Nice à étudier les jolies lettres au milieu des plus belles filles de la côte d’azur,

J’irai tout de go un sandwich m’acheter au Mans, pays des rillettes des 24 heures et des ouvriers solidaires,

Mais il n’y a plus de culture ouvrière ni de pan bagna

Moi-même je n’arrive plus à être communiste même entêté, suis quand même anarchiste

Au moins avec mon écharpe noire et mes idées, (c’est très difficile d’être anarchiste, il faut avoir beaucoup trop Conscience (confiance) en l’homme car la différence entre les communistes et nous (les anarchistes) c’est que les Communistes croient qu’une structure va changer l’homme, et nous nous pensons que c’est l’homme qui Changera l’homme et la seule chose qui nous sépare des chrétiens, et sans doute d’autres religions que je  Connais moins, c’est que nous les anarchistes, nous allons faire ce boulot là sans Dieu, faites en autant ! )

Quand je mange mon sandwich, en pensant à la fac de lettres de Nice, Boulevard Carlone en 69,  quand je pense à  la lumière et à notre légèreté, je pleure

Des larmes d’amour, de joie, et d’espoir inassouvi.

Pâques 2005

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 10 janvier 2006

Plusieurs poètes ont été cités dans ce blog.

Pour les lire, ou pour mieux les connaître, quelques références et pour commencer :  Daniel Biga !

 

 

 

Daniel Biga

 

 

 

 

Oiseaux-Mohicans (auto-édition, 1966 ; puis éd.Saint-Germain- des- Prés, 1969 ; puis le Cherche-Midi, 1984)

Kilroy was here ! (auto-édition, 1969; puis éd.Saint-Germain-des-Prés,1972 ;puis Le Cherche-Midi, 1984)

Octobre (Pierre-Jean Oswald, 1973)

Esquisses pour un aménagement du rivage de l’Amour Total (ed.Saint-Germain-des-Ptés, 1975)

Moins ivre (Aléatoire, 1983)

Pas un jour sans une ligne (Fonds Ecole de Nice, 1983)

Histoire de l’air (Papyrus, 1983)

L’Amour D’Amirat (Le Cherche-Midi, 1984)

Né Nu (Le Cherche Midi, 1984)

Bigarrures (Telo Martius, 1986)

L’immigré (Atelier Cigogne, 1989), peintures d’Olivier Goulet

Oc (ed.Saint-Germain-des-Prés, 1975 ; puis les cahiers de Garlaban, 1989, illustrations de Ben)

Stations du chemin (le Dé bleu, 1990)

C’est l’été (Cadex, 1991), collages d’Yves Reynier

Eclairs entrevus (Tarabuste, 1992)

Le bec de la plume (Cadex, 1994), dessins de thierry Delaroyère

Carnet des Refuges (L’amourier, 1997), illustrations de Gérard Serie

Mammifères (L’amourier, 1997)

Sept anges (L’Arbre, 1997)

La chasse au haïku (le chat qui tousse, 1998)

Détache-toi de ton cadavre (Tarabuste, 1998)

Ernest-Pignon-Ernest : Opéra (dramma giocoso) (Le Rectangle, 1998)

Eloges des joies ordinaires (Wigwam, 1999)

Le Chant des batailles (L’Amourier, 1999) dessins d’Ernest-Pignon-Ernest

TOI…(AB, 2000), illustrations d’Agib Leinab

Dits d’elle (Cadex, 2000), dessisn d’Ernets-Pignon-Ernest

Arrêts facultatifs (Gros Textes, 2001)

Cahier de textes (La belle Ecole, 2001)

L’Afrique est en nous (L’Amourier, 2002)

 

 

 

Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale (Anthologie, 1962-2002, éditions Le Castor Astral/Ecrits des Forges, préface de Jean Orizet, dessin de couverture d’Ernest-Pignon-Ernest

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 8 janvier 2006

Et pourtant elle tourne !

 

 

 

 

 

On n’y fait pas très attention, mais notre vie sociale relève d’une conception circulaire du temps. Et les saisons qui tournent et qui reviennent comme un morceau de Vivaldi, et  les 24 heures du Mans où des boules d’énergie tournent en rond pendant 24 heures exactement, et toutes nos fêtes, anniversaires, les marronniers des journalistes, tout revient chaque année inlassablement, on est dans ce grand mouvement  qui avance en tournant sur lui-même.

Est-ce l’énergie que nous prenons comme la fronde de David ? Est-ce un besoin de se raccrocher, d’être  plus profondément nous mêmes au fur et à mesure que le jour de notre naissance s’éloigne comme fuient aux confins de l’espace  étoiles et  galaxies que rattrapent in extremis les grands télescopes célestes qui remontent le temps ?

 

 

 

Chaque année en décembre, le conseiller général, comme un grand horloger, a recensé toutes les manifestations de l’année à venir : elles sont en tout point semblables à celles de l’année passée, sauf exceptions, et les jours immuables. Personne n’a vraiment envie que les dates changent, aussi  sauf de la part de quelques perturbateurs, néo-ruraux  ignorants de  la tradition, il n’est pas de mise de se concurrencer sur un arpent de temps. Car  le temps c’est aussi de l’espace et si deux manifestations venaient à brouiller nos repères temporels, elles convoiteraient potentiellement la même salle, le même jour, et  poseraient en rivaux les lotos des écoles,  le festival de jazz, les choucroutes et les moules frites.

 

 

 

Il faut ensuite faire lecture de ce calendrier aux associations rassemblées, éventuellement corriger  et arbitrer les dates, s’il advenait  que par événement imprévu, sa rigoureuse horlogerie vînt  à se gripper.

 

 

 

Le rituel du calendrier des fêtes fait lui-même partie de ce ballet annuel bien réglé, comme les voeux du maire dont nous parlerons prochainement.

 

 

 

Nous tournons en rond et pourtant nous avançons sur une trajectoire incertaine : en temps qu’individu (l’année dernière à pareille époque, je ne faisais pas de blog, mais j’assistais comme cette année au calendrier des fêtes), et en tant que partie de l’humanité  (la catastrophe du tsunami, l’échec de la constitution Européenne).Nous ne nous baignons jamais dans la même eau, mais la vègre coule toujours et  ses coins de pêche charmants sont connus de plusieurs générations de pêcheurs. Chaque année épaissit un peu plus notre écorce, chaque année nous éloigne un peu plus d’un centre et nous rapproche d’un autre.

 

 

 

Nous vivons tous plusieurs époques, nous avons tous été jeunes et tout cela se suit et se superpose. Le Comice, la Sainte Cécile et la Sainte Barbe sont toujours au rendez vous et pourtant cela change.

 

 

 

Quel que soit notre âge, nous surfons sur la crête de la vague, inconscients de savoir qui elle engloutira. Lors du reflux et de sa renaissance, nous rions dans l’écume, tandis qu’elle emporte vers le fond les corps de nos compagnons.  

 

 

 

Parce que nous ne savons ni le jour ni l’heure, nous posons des repères comme le petit poucet sur le chemin de notre vie sociale. Le calendrier des fêtes qui s’égrène comme un chapelet nous rassure quant au lendemain.   

« Nous n’avons à nous que le temps, dont jouissent même ceux qui n’ont point de demeure »

"In girum imus nocte et consumimur igni"

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 7 janvier 2006

Ainsi, très jeune je me suis crue poète.

 

 Et j’ai aimé les nuits, belles et sombres, où  mon soleil brillait à l’intérieur aussi fragile que les feux des barques de pêcheurs,

Et l’air du large m’ouvrait  sa porte,

Et je marchais seule sur les cordages du temps,

En m’éloignant j’espérais que la tempête se calmerait,
et que le jour en m’apportant ses présents d’algues et ses odeurs salées

me déposerait sur la joue de la ville sans me faire mal

sans que je crie sans que quiconque se porte à mon secours

sauf pour rire dans la vague

  

Alors pour faire venir le jour

Et dans le tintement de chaînes de la nuit

Je me disais des histoires

 

Ils devaient venir de très loin

Ils naviguaient au fond du ciel

Leur bateau louvoyait entre les récifs des étoiles

Des vents violents les poursuivaient

Mais ils n’avaient pas peur pour eux Ils disaient n’avoir peur que pour moi, peur de ne pas arriver à temps

Ils regardaient, depuis là haut le grand précipice de la mer

Ils me cherchaient des yeux

Ils avaient fait un très long voyage

Ils m’apportaient des idées nouvelles

Curieusement, ils parvenaient à descendre le long des grands bras de la nuit jusqu' au quartier du port d’où s’élançaient mes rêves Ils étaient là. Je les sentais au bout de mes doigts. 

 Alors la vie pouvait commencer.

par Bernard Gueit publié dans : poème
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Vendredi 6 janvier 2006

Quand autrefois, nous regardions une partie du monde, nous pensions en voir la totalité et il nous paraissait complexe, mais cohérent.

Aujourd’hui que nous pouvons le voir en entier, il nous paraît en miette, et aucun fragment ne nous paraît utile pour reconstruire l’ensemble.

Pourquoi avons-nous cette vision de pare-brise éclaté ? Comment le sens se déconstruit ?

 

Quand l’étais petite, j’allais avec mon grand-père au jardin d’acclimatation, tout près de la plage. Au milieu des fleurs et des espèces d’arbres exotiques, il y avait un bonhomme de pierre qui regardait la mer. C’était un poète. Bien plus tard, j’appris qu’il s’agissait d’Heinrich Heine. Mais je savais déjà que pour toujours, moi aussi, je regarderais la mer.

 

La mer seule donne à peu près quand on la contemple le sens de la courbure du monde et les étoiles au dessus permettent de nous situer dans l’espace et dans le temps. Mais pas vraiment de nous situer.

Et dans les accidents et les éclats de la vie, je compris aussi que certains voyaient des choses que nous ne voyions pas, de la souffrance et de la barbarie humaine ou qu’ils les pressentaient. Si une princesse quittait ce monde, qu’avait-elle pressenti quand dans son cœur brûlait une musique de pleurs  et qu’un orage  tournait sans pouvoir éclater ?

J’admis que la poésie pouvait peut-être offrir cela, faire éclater l’orage, en faire voir l’éclair, alors il ne fallait surtout pas quitter le monde, ni jamais s’incliner devant les forces de la nuit.

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : poème
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Jeudi 5 janvier 2006

Gavé de tous les biens de la terre. Et même rassasié, l’homme meurt, et de la même banderille. Et si un tribunal nous jugeait : Au moins avez vous été  heureux ? Quel jugement si oui, quelle sentence si non ?   

 Le monde tressaille. La terre a parfois des hauts le corps, des tressautements, de sourdes explosions qui délivrent des messages, des brûlures, des vagues géantes.  

Je suis très près de la nature que je ne comprends pas. Je suis très proche de la matière. Je voudrais que mes phrases aient le même élan que la rivière Vègre à Mondon, je voudrais que mes mots sachent prendre leur appui aussi profondément  que la motte féodale de Brûlon conserve ses morts et ses merveilles, et que mes vers soient ciselés comme les ruines célestes du château de l’isle. Et que le poème nous soit contemporain qu’il avance avec nous au bord du précipice, qu’il ait le même vertige quand au bord de l’abîme, il nous faudra des ailes. 

 

Car il s’agit de prendre en compte le monde de Houston à Poillé, d’Abidjan à Pékin, de bagdad  à sydney. 

 

Or le monde aujourd’hui se partage entre les vivants, les blessés et les morts.

 

L’amour est la grande affaire, le grand sentiment qui nous ouvre le  corps et libère dans l’esprit les beaux oiseaux de la philosophie. Alors on est plus prêt à affronter la chose.

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : poème
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Mercredi 4 janvier 2006

Quand je vous parle, je ne vous vois pas non plus, mais c’est à vous que j’écris. Je me suis vieillie un peu pour l’occasion, j’ai gagné du temps. Je suis  peut-être  plus jeune que ce que vous pensez et moi plus vieille  que ce que je crois. Ma poésie a toujours été celle de quelqu’un qui savait qu’il allait mourir.  Nous sommes des milliards et  chacun le sait et à sa façon se le cache Aussi ma poésie ne peut-elle être originale. Je suis une auteur anonyme  du 21ème siècle et comme tout un chacun je marche en silence sous le soleil. J’attends beaucoup de l’avenir, rien de bon, mais beaucoup. De la lumière, des incendies, et des  questions nouvelles. Nous aurons eu raison de la mort, mais cela ne simplifiera pas tout. Plus l’homme avance, plus c’est compliqué. La nuit recule comme devant un chasse-neige. Quand nous serons devant le congère, éternels, mais hagards, nous aurons froid dans nos consciences et nos cœurs ne sauront pas comment s’abriter.

 

Mais avant tout ça, il y a le présent et la nuque brisée de l’avenir. Nous sommes en France, un petit pays d’Europe, dont la langue eut maille à partir avec la poésie, qui ne se s’en sortit pas si mal. La poésie sauva la langue bien des fois, qui à jamais lui en sera reconnaissant. ?

Mais les combats, mêmes réguliers, laissent des marques, des traumatismes, des douleurs, dont plus personne ne veut parler. Les mots seuls conservent dans leur chair le souvenir des bleus indispensables devenus inutiles. Nous aussi avons mal sans trop savoir pourquoi, le souvenir de ces blessures devenues inutiles et sans lesquelles nous ne serions plus là.

par Bernard Gueit publié dans : poème
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Mardi 3 janvier 2006

                                            

On On est voyeurs. Où sont nos sentiments ? Ma peau est lisse comme le brouillard. J’attends du journal qu’il me dise qui je suis. J’ai toutes les raisons du monde d’espérer et de mourir. Je suis femme sans doute, encore fille, très loin du plan statistique. Mon nom ne vous dira rien, je tisse un chemin parmi les tombes, j’écris. Mon nom ne vous dira rien, mes mots ont un sens sous le sens commun. Vous diront  tout. Je me suis nourrie d’ombres pendant des lustres, je n’ai fait que mâcher de la mémoire. Ca donne faim partout, au rein, au cœur, au sexe.Ca donne ce manque immense d’amour que vos voyez et revoyez sur les images de la libération des camps,  ces êtres sans chair et sans voix, ces bouts de papier anonymes comme des décalcomanies sur nos consciences du 20ème siècle.

 

 

 

Voilà, j’écris, pour survivre. Je vis dans un monde très simple, très protégé et très cruel. Ici, on ne se tue pas pour manger. J’aime la poésie, parce qu’elle est libre. Moi aussi, je suis libre, comme tout un chacun chez nous, au moins dans sa tête. Mais c’est dans la tête  qu’il y a le moins de liberté. J’aime le monde moderne. Sa science, sa technique. Les mots d’Apollinaire et de Cendrars .J’aime un peu moins son asservissement, ses satellites qui nous traquent, le flic internet. J’aime la poésie du moyen âge, courtoise, amoureuse à en mourir,  et le moteur de recherche de la BNF.  L ’amour pleure souvent, je trouve, et je pense aux croisades. Si la guerre est l’occasion d’aimer ? On n’en voit que des blessés qui reviennent, et des morts qui ne reviennent pas, les vivants se cachent parmi les ombres,  ils se taisent et on ne les voit pas.

par Bernard Gueit publié dans : poème
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Lundi 2 janvier 2006

« Et j’étais déjà si mauvais poète que je savais pas aller jusqu’au bout. »

 

 

Les années 70 ne furent pas de bonnes années pour ma poésie : écrire, ne plus écrire, la fac, les communautés, un mariage, le boulot, la vie du rail, les bars, partir, la musique, toujours chercher.

 

Puis Londres et ses parcs magnifiques, les pubs avec les groupes de rock, Camden town, Bethnal green, Lancaster gate, Stockwell, Brixton. Une présence lumineuse. Les bibliothèques, les livres en open-shelves, les galeries.

Pas plus d’une dizaine de livres en poche, but freedom.

Ecrire à nouveau, sentir le temps qui passe.

 

Pendant toutes ces années 70 je n’ai jamais perdu contact tout à fait avec la poésie.

Toutes les situations ramenaient invariablement un vers ou deux, un bout de poème, une phrase suspendue dans l’air comme ce  pont de chemin de fer dont Claude Delmas disait qu’il était un « chant triste dans l’air ».

 

La poésie accompagnait ces errances intérieures/extérieures comme une bonne étoile, et comme ce qui devrait devenir l’exigence, sans doute la seule acceptable.

 

Sans la poésie, je ne serais peut-être jamais revenu de Londres. La langue me manquait (autant au début, s’abîmer dans cet oubli, en ne comprenant pas tout était terriblement reposant). J’ai compris aussi qu’il fallait  beaucoup de disponibilité intérieure, beaucoup marcher avec les poèmes, beaucoup travailler.

Et alors, « it comes » !

Londres est une ville extraordinaire pour les français, car on est dépaysé à deux pas de chez soi. Et c’est une ville musicale. Le melody maker est une très ancienne revue. C’était encore un peu l’époque punk, mais aussi le disco (au music machine, on y avait tourné  des séquences de grease), et les débuts de Police, de Boy georges, de Dire Straits.

Et il y avait aussi des  événements comme les Who à Wembley, ou Led Zeppelin à Knebworth.

 

Londres est aussi propice aux rencontres improbables : « un soir de demie brume à Londres, un voyou qui ressemblait à mon amour… »  Comme cette jeune femme croisée il y a longtemps à Toulon qui m’avait reconnu à marylebone road, le temps d’un verre et d’une visite au collège où elle travaillait, puis de la voir quelques semaines plus tard élue « Woman of the year » sur les tabloïds pour être la première femme professeur titulaire dans un environnement exclusivement masculin.

 

Je revins avec un recueil, des textes inégaux. Le hasard a fait le reste.

 

J’eus la chance de rencontrer Christian Gorelli qui animait la revue parole au Mans.

Ce fut le début d’autre chose beaucoup plus structurée, une collaboration qui nous amena à faire beaucoup de spectacles, d’animations. La revue parole porta dans les années 80 en Sarthe une pratique originale de poésie spectacle, de poésie action, qui fut d’ailleurs contestée. (Par exemple dire des poèmes en s'accompagnant à la guitare électrique lors d'une démonstration de boxe)

Une personne a souhaité faire une thèse sur cette période. (Je ne sais pas si elle a été au bout de sa démarche). Je dispose de morceaux de cette étude qui éclairent cette période.

 

J’arrête là ces quelques confidences sur « Comment on devient poète ». Je publierai sans doute quelques extraits de la thèse, plus objectifs et plus critiques sur cette période plus récente.

 

Je pense à Blaise Cendrars (un autre que j’adore et qui a influencé Apollinaire, pas l’inverse !)  :  "Et j’étais déjà si mauvais poète que je ne savais pas aller jusqu’au bout." 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 31 décembre 2005

Deux ou trois choses que je sais d’elle

6ème  partie  et fin (jusqu'à la prochaine fois !) 

Historique du Prieuré de Brûlon

                 I.      Le Moyen Age

 1.      Fondation du Prieuré par l’abbaye de la Couture 
 

Le prieuré a été fondé par l’abbaye de la Couture située au Mans à la fin du 11e siècle avec la participation du seigneur de Brûlon. Un acte rédigé entre 1073 et 1081 avec la présence de Geoffroy de Brûlon confirme la donation faite par son père, Bouchard, aux moines de l’abbaye Saint Pierre de la Couture. Cette donation permettait aux moines d’être propriétaire d’un certains nombre de droits et de biens attachés à l’église paroissiale. Les moines ont reçu aussi lors de la donation des terres et un bourg avec les droits seigneuriaux. Le but économique est ici important avec le défrichement des terres par les moines et la mise en place de petits centres de foires ou marchés.  

Le prieuré semble avoir été assez important pour l’abbaye car il était admis comme un prieuré fournissant un revenu assez élevé parmi toutes les possessions que pouvaient avoir les moines.  Lors de sa fondation, le prieuré a accueilli un certain nombre de moines avec le prieur pour permettre la gestion des biens. 

1112 : le prieur se nomme Hervé  

1152-1164 : le prieur se nomme Guillaume  

1190 : le prieur se nomme Guérin Vilem  
 

2.      Les conflits avec le curé  

Dès le 12e siècle, un conflit opposa le curé de Brûlon aux moines de l’abbaye aussi bien pour des préoccupations religieuses, politiques que financières. D’abord, le prêtre refusait de célébrer les offices religieux dans l’église paroissiale contrôlée par les moines et exerçait ainsi son ministère dans la chapelle du château de Brûlon, probablement située à proximité de la motte féodale actuelle.  

 

14 février 1152 : l’évêque du Mans, Guillaume de Passavant (1143-1187), demande la destruction de la chapelle castrale avec interdiction d’en élever une autre. Payen de Mondoubleau était intervenu en faveur des moines.  
Le conflit continue cependant aux 12e et 13e siècles jusqu’à ce que les moines de l’abbaye puissent désigner pour curé la personne de leur choix et avoir ainsi une totale emprise sur la paroisse. 

  

1241 : Geoffroy de Loudun, évêque du Mans, propose un accord concernant la répartition des dîmes et la participation du prêtre aux offices de la communauté entre les moines et le curé de la paroisse

 3.      Les conflits avec les seigneurs de Brûlon 

 1112 : Gaudin de Malicorne, seigneur de Brûlon, prétend avoir des droits sur les prébendes du prêtre. La solution fut la vente de ces biens aux moines.     

1167 : conflit autour du meurtre d’un moine de l’abbaye par Payen de Sourches, seigneur de Brûlon. Le conflit est réglé par la confirmation de toutes les aumônes sur ses terres. 
 

06 juin 1312 : acte qui permet aux moines de recevoir une nouvelle autorité concernant la gestion du château seigneurial.

 

Les moines ont ainsi de plus en plus d’importance dans la gestion de la seigneurie de Brûlon même s’ils n’en posséderont jamais la chatellenie. L’administration et la gestion relevaient ainsi des moines de l’abbaye, confortant leur emprise politique. Les moines semble être alors les véritables seigneurs de Brûlon même s’ils n’en possèdent pas le titre officiel. 

 

            II.      La construction du Prieuré du 14e au 16e siècle.   

La première construction du prieuré date du 11e siècle lors de l’installation des moines. Mais, aujourd’hui il n’en reste plus de traces visibles. L’élément le plus ancien est le double porche ogival qui remonte au 14e siècle, morceau d’une structure beaucoup plus vaste à l’origine. Au 15e siècle, la Guerre de Cent Ans va apporter une instabilité à la région avec un prieuré mal géré à cause du conflit. Notre région se trouve en plein milieu de cette guerre puisque le Maine est une province de l’Angleterre grâce au mariage du comte d’Anjou, Geoffroi Plantagenêt, avec l’héritière du trône d’Angleterre au 12e siècle.  

Le prieuré est rebâti sous l’abbatiat de Mathieu de la Motte , nommé abbé de la Couture en 1486. Les travaux commencent à la fin du 15e siècle et se terminent au début du 16e siècle. La façade ouest du prieuré comporte alors une tourelle, aujourd’hui disparu, qui permet l’accès à l’étage supérieure. Le prieuré et l’église sont reliés par des constructions encore visible sur les cadastres du 19e siècle.

 Des moines ont vécu au Prieuré au moins jusqu’en 1594. Pendant les guerres de religions, les violences furent assez importantes avec l’incendie en 1568 de l’église paroissiale par les protestants. Elle est reconstruite en 1577.  

 Le prieur abandonne le Prieuré en temps que résidence principale à la fin du 16e ou au début du 17e siècle. Le Prieuré est donc géré en commende.  

 Les différents prieurs connus

1315 : Guérin de Conlie   
1555 : Charles de Ronsart   
1579-1594 : Claude Le Gautier  
1626 : Noël Le Breton 
1631 : Pierre Le Bret  

          III.      Le Prieuré, dépendance de Saint Magloire de Paris

  Entre 1655 et 1720, le Prieuré est vendu au séminaire de Saint Magloire de Paris. Nous ne savons pas quelles étaient les raisons de ce transfert de biens et la date demeure toujours imprécise.  

 

A la Révolution , les biens du séminaire ne sont pas saisis immédiatement comme tous les biens ecclésiastiques car les établissements d’éducation et d’instruction étaient épargnés au début.  

Le séminaire ferma cependant ses portes en 1792 car il n’avait plus d’élèves.  

Une loi du 08 mars 1793 mit en vente les biens de tous établissements d’instruction. Ce qui fut le cas du séminaire, et, donc le Prieuré de Brûlon et ses biens sont vendus entre 1791 et 1793. L’achat se fait par le fermier du domaine, Gilles Lego, pour une somme de 60 000 livres.  

         IV.      Le Prieuré du 19e au 21e siècle

Au cours du 19e siècle, le Prieuré resta la propriété de la famille Lego.  Il a servi de refuge à plusieurs prêtres réfractaires qui y ont célébré des messes clandestines jusqu’à l’arrivée de l’Empire.
Quelques ouvertures sont modifiées au 19e siècle sur le bâtiment nord (à proximité du porche). Sur la façade ouest du bâtiment, la tourelle est détruite, de nouvelles fenêtres et un perron sont mis en place après 1826 (date du 1er cadastre).  
Probablement à la fin du 19e siècle, il est devenu le siège de l’école primaire privée Notre Dame.  
En 2003, il est racheté par la commune de Brûlon qui le destine alors à une vocation plutôt culturelle et associative.


par patrimoine brulonnais publié dans : journal d'un élu de campagne
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