Samedi 6 octobre 2007

(..) A l’exposition universelle de Bruxelles, l’Atomium était un petit bonhomme de neige nihiliste où l’on pouvait manger dedans Mon père avait alors mon âge sa pente allait bientôt s’arrêter et je devrais descendre de l’autre côté de lui Nous dévorions d’énormes glaces italiennes en regardant devant le pavillon russe la copie de Spoutnik II qui venait d’emporter la première exploratrice de l’espace Laïka petite boule de poils et d’intelligence soumise à un dérèglement de tous les sens Comment pouvais-tu tenir dans cette capsule si petite demandions-nous mon frère et moi Mais ce qui comptait c’était l’exploit Bip Bip Laïka désintégrée le 14 avril 1958 au dessus des caraïbes Toi au moins tu n’est pas devenue un chien de garde du cosmos 

Extrait de Compte à rebours (BG) publié in Poésie 1 « Images du futur » n° 134

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 15 septembre 2007

Retour sur la petite route. En se retournant, on reconnaît dans le paysage les points de repère par où nous sommes passés : le Haras, le relais téléphonique, la ferme des Roches, le château de vert. La route est déserte en ce dimanche matin. Elle appartient aux marcheurs. Il ne faut pas louper le petit sentier à droite après la Censie. On n’y voit que la trace fine des roues de VTT. Sur la droite, de beaux chevaux tranquilles au pré. On se rapproche du plan d’eau. La vègre en bas, docile, tout contre la base de loisirs. Encore quelques mètres jusqu’à la passerelle. Tout le monde suit, on parle des aménagements en cours sur le site, certains déjà réalisés, d’autres (le plus coûteux !) à venir. Des VTTistes s’amusent à remonter le petit sentier sur la butte. On parle, on rit, lors des épreuves de VTT, les coureurs assuraient le spectacle sur cette descente, le public massé au bord de la rivière. Souvenirs, souvenirs… On remonte vers le chemin des rochers. La vue sur le plan d’eau, le bel « écrin de verdure » qu’avait évoqué le ministre Jean-François Lamour lors de sa visite, ça monte, la maison de Daniel, on débouche sur la route, on traverse. Le groupe se sépare. Un détachement va chercher le pain. Dans le chemin des vignes, Françoise me parle de " Bichette", la jument qui tirait le corbillard et qu’elle allait voir enfant. Le temps se creuse. La jonction se refait sur la place de l’Eglise. Le repas s’annonce joyeux. Fin du voyage par monts et merveilles
 « et j’ai soudain l’impression d’être revenu de si loin
. »

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mercredi 5 septembre 2007

   Il y bien une plaque avec marquée « Derouet » dessus, mais pas d’épigraphe de Bayard. Ingrat personnage ! A moins qu' en cherchant bien…On reviendra. Le groupe reformé passe une première passerelle et via un sentier incertain contourne le champ de Vert en suivant les boucles du cours d’eau. Tout est calme , la rivière murmure, libellules et éphémères, crottes de renard et poules d’eau témoigneront d’une nature somme toute pas si amochée que ça. Plus loin, des rires, des cris joyeux signalent la présence des hommes. Les Indiens de Maigné ont quitté leurs tipis pour faire du canoë, grands bonjours et signes d’amitié, on repasse un pont pour bientôt s’engager sur la seule difficulté du parcours : la côte pour remonter vers la petite route. Les blondes d’Aquitaine s’arrêtent de brouter et nous suivent du regard. Chacun monte à son rythme, il commence à faire bon :

Je marche
Comme un enfant
Je marche et je m’arrache
Aux pierres de l’instant.
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 2 septembre 2007

Bien sûr, les historiens scrupuleux pourraient nous objecter que le théâtre des exploits du parangon des chevaliers se situait plutôt du côté de l’Italie. De son vrai nom Pierre de Terrail acquit effectivement sa renommée en servant trois rois de France Louis XII, Charles VIII et François Ier  lors de campagnes d’Italie mémorables. Entre autres faits, il  participa à la conquête du royaume de Naples, à la soumission de Gênes, tenta d’enlever le pape Jules II, brilla à Marignan où il adoubera Chevalier le roi François Ier lui-même  et enfin mourut sur un champ de bataille près de Milan. Cela n’étant qu’un très mince extrait de ses exploits.  Mais on dit aussi qu’il alla à la demande de François Ier dans le Nord de la France. Alors…. Les épines sont épaisses au pied du rocher, nous n’avons pas de machette. Tout en essayant de démasquer la plaque, les photographes enregistrent quelques images pour Hong-Kong devant le rocher de Pisgrel. Le groupe se sépare : les incrédules renoncent à retrouver la trace du chevalier et repartent le long de la rivière. Tout en marchant doucement, on « herborise » pour rire, en remarquant le beau bleu de la chicorée sauvage, le sureau « antitussif », les vertus homéostatiques de la cardamome. Soudain, le reste du groupe à l’arrière nous rejoint en criant : « On l’a trouvée ! »

Suite au prochain numéro…
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 1 septembre 2007

« De ce château fort, construit aux premiers temps de la féodalité, dans une boucle de la Vègre, d’où son nom : de l’Isle, on voit encore les deux tours qui encadraient le logis seigneurial, couvertes de lierres, en partie écroulées, percées de meurtrières. Des voûtes, des passages, deux bouts d’étroits escaliers tournant dans les murs permettent de se faire une idée assez précise de la disposition des lieux (….).
C’est après la désastreuse bataille de Verneuil au Perche (17 août 1424) que Salisbury entreprit la conquête du Maine pour le comte de Bedford, régent d’Angleterre. En moins d’un an, toute la province du Maine fut au pouvoir des anglais, et c’est ainsi que, de L’isle-sous-Brûlon, Lancelot de l’Isle fut nommé capitaine. . (Extrait des Quelques pages….écrites par E.Roulin, instituteur et imprimées en souvenir de la Grande Cavalcade du 27 juillet 1947.)

Photos souvenirs devant les ruines en compagnie des doux ânes du Poitou, heureux de la visite. Comme ces aventuriers, qui  occupaient le château au cours de cette deuxième guerre de cent ans, nous reprenons la route, non pour aller rançonner sans vergogne les populations avoisinantes, mais pour rejoindre le rocher de Pisgrel et vérifier la présence de la plaque dédiée au chevalier Bayard, sans peur et sans reproche. Le chemin creux est magnifique et continue par un sentier au débouché de la rivière. La végétation est luxuriante, masquant presque le rocher, d'où s’élança un beau jour le chevalier, qui sauf à monter Pégase, le cheval ailé, symbole de la Mayenne, aurait du logiquement se rompre le cou. Mais non, il atterrit tout doucement en bas (à ne pas tenter, n’est pas Bayard qui veut) et en remerciement fit aussitôt graver la plaque. Alors elle est où, cette plaque ?

Suite au prochain numéro…
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Vendredi 31 août 2007

Le chemin suit un coude en direction de la ferme qu’exploitait jadis Norbert, reprise par ses enfants. Petit arrêt à proximité, distribution de madeleines, de brownies, et d’eau. On est très légèrement (groupe oblige) en retard par rapport à l’horaire de référence que j’avais mémorisé lors d’une précédente reconnaissance. Malgré un chemin quelque peu défoncé par les roues des tracteurs, nous gagnons rapidement le chemin Montjoie. Non, il ne faut pas continuer, comme pour aller à Vaux, mais bien tourner à droite. Le chemin Montjoie pourrait être le début d’une légende concernant les pèlerins du Mont Saint Michel, un certain respect de l’Histoire nous oblige à rappeler que le chemin tient son nom du foyer Montjoie, du Mans, dont les jeunes furent accueillis à la base de loisirs. De même, il serait hasardeux d’avancer que la « Promenade des anglais » qui relie la route de Viré au chemin du Ronceray ne tient son nom qu’au fait que Georges V s’y plaisait. Mais puisqu’on parle d’histoire, descendons jusqu’en bas du chemin Montjoie et découvrons ce qui était le but de ce voyage « Les ruines de l’Isle ».    

Suite au prochain numéro…
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Jeudi 30 août 2007

Départ devant l’Eglise romane, massive, imposante sur la place, éponyme pour les locaux, dont le véritable nom est celui d’une bienfaitrice du pays. Le temps est exceptionnel dans cet été « pourri ». La petite troupe s’est dotée de vivres et d’eau et après la photo de départ s’élance d’un bon pas vers l’autre place qui porte le nom d’un des rares maires de petites communes qui fut destitué pendant l’occupation. Un coup d’œil aux travaux en cours, oui, les arcades ne seront plus aveugles, mais vitrées, l’accueil du public se fera au rez-de-chaussée, la Communauté de Communes occupera le haut. Le coût ? Allez, sans chipoter, autour du million d’euros. La fin des travaux ? 18 décembre (if possible !). On poursuit dans la rue du charcutier résistant, fusillé au moment de la libération, lors d’un dernier acte de courage. Quelques pas sur le CD 4, et, à droite vers la rue de Buée (de buer, XII ème siècle, faire la lessive). Descente raide qui rappelle  à certain quelques souvenirs de vélo, ça s’est construit, récemment, de grandes maisons modernes et fonctionnelles. Avec la vue évidemment.

On ne prend pas la direction du Moulin de Vert et on file à gauche en passant devant la ferme de Pierre et Martine. Là ça remonte, jusqu’au carrefour qui d’un côté nous amènerait au Château de Vert et de l’autre à Chantepie et Vaumichel. Une pensée pour Pierre-François Chappe, dit de Chantepie, et pour Claude dit Chappe de Vert. Ni l’un, ni l’autre ne sont nés là, d’ailleurs le château date du XIXème siècle. A l’exception d’Ignace, l’aîné, à Laval, les frères  Chappe qui participèrent à l’aventure du télégraphe sont nés dans le bourg, presqu’en face de l’église, où Claude fut baptisé par le curé Bruneau, au départ de la rue qui porte leur nom aujourd’hui. Puisqu’on est dans la communication, remarquons au passage le pylône SFR (pas de pub), planté sur la réserve d’eau qui assure depuis quelques années la sécurisation de l’alimentation de la zone industrielle et celle de la pression dans le bourg. On arrive bientôt au chêne (il y en avait deux, il n’y a pas si longtemps) où, un certain soir de ballade contée, nous avions écouté « La cimaise et la fraction «  de Raymond Queneau :

La cimaise ayant chaponné tout l'éternueur
se tuba fort dépurative quand la bixacée fut verdie :
pas un sexué pétrographique morio de mouffette ou de verrat.
Elle alla crocher frange
Chez la fraction sa volcanique
La processionnant de lui primer
Quelque gramen pour succomber
Jusqu'à la salanque nucléaire.
"Je vous peinerai, lui discorda-t-elle,
avant l'apanage, folâtrerie d'Annamite ! interlocutoire et priodonte."
La fraction n'est pas prévisible :
c'est là son moléculaire défi.
"Que ferriez-vous au tendon cher ?
discorda-t-elle à cette énarthrose.
- Nuncupation et joyau à tout vendeur,
Je chaponnais, ne vous déploie.
- Vous chaponniez ? J'en suis fort alarmante.
Eh bien ! débagoulez maintenant."

Raymond Queneau, Oulipo, La littérature potentielle, 1973.

Queneau applique ici la méthode S+7 : il remplace les noms, adjectifs et verbes de La Cigale et la fourmi par la septième mot - de la même catégorie grammaticale - qu'il trouve dans le dictionnaire après celui à modifier.

 
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Mercredi 11 juillet 2007

27juin…
L’après Gal dont la réunion se tint à la Suze (voir articles sur le Groupement d’action locale en charge de la programmation dans le pays Vallée de la Sarthe des fonds Européens au titre de Leader +) nous offrit une croisière sur le Lutin Suzerain.
Embarquement en soirée au port de la Suze pour une virée vers Fercé, puis demi-tour jusqu’à Roezé et fin de la balade au point de départ. Repas simple et ambiance itou. Assis à la gauche de Dieu, notre compagnie était des plus agréable, féminine et enjouée. Leader joue son rôle, puisqu’il s’agit même sur l’eau d’en parler et de brasser les intérêts contradictoires  des diverses convoitises suscitées par cette ressource rare. L’agricultrice au grand cœur et au chevet de la Vègre, le fils de marinier entre le Havre et Paris, l’animatrice nature, la propriétaire de moulin, l’Eternel pêcheur, et votre serviteur  + quelques autres dont les excellents animateurs du programme, toute cette assemblée descendait les fleuves impassibles. Et l’on parla. C’est l’occasion de comprendre un peu l’intérêt que chacun porte à la rivière (j’y porte un intérêt poétique because Héraclite, c’est le symbole du temps qui passe, jamais on ne peut se baigner deux fois dans la même eau, passons), mais pour les autres plus sérieux que moi, les enjeux sont  beaucoup plus concrets. Arrosage, entretien des rives, droit de passage, pollution, navigation, barrages, poissons, tourner le dos à la rivière ou la regarder dans les yeux, moulins, an Mil, modernité, tradition, privé, public, chacun, chacune, liberté, contraintes, respect, citoyen, Europe, village, avenir, nous sommes tous dans la même galère tandis que le commentateur nous décrit  le pont de Fercé, manquant le 20ème siècle de quelques années. Le « thon » monte à propos de l’anguille entre les citoyens qui n’ont qu’envie de parler. Un tour de chacun des points de vue. Pas d’autre solution : il faut avant tout se parler, ne pas généraliser. La discussion s’offre un petit tour vers le bio, après une joute autour du maïs, sur la table le rouge est mis. En voilà du biocarburant s’écrie le père de la création, on trinque avec un verre d’Anjou à la santé de l’eau pure, du Leader + et de notre bonne rencontre. Sur la voie du retour, la lune ronde et harmonieuse nous rassemble dans sa bonté pâle.
               

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Samedi 7 juillet 2007

Lundi 09/07/07 18h30  Prieuré

Réunion Maire-adjoints

 

Jeudi 12/07/07 à 19h00 Prieuré

Conseil municipal

 

Vendredi 13/07/07 sur les places en soirée

         Pique-niquons à Brûlon  

        

Samedi 14/07/07

11h15 Cérémonie au Monument aux Morts
        11h45 Vin d’honneur au centre de secours
         avec remise des titres aux JSP

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Lundi 25 juin 2007

Il y a cent cinquante années, le 25 juin 1857,  Charles Baudelaire, poète français, publiait ses fleurs du mal. La censure s’abattait aussitôt sur lui. Rien n’a changé. L’humain fait peur, mieux vaut s’enfermer dans des théories religieuses qu’explorer le sanctuaire abyssal de l’humain. Sur qui pouvons nous compter pour nous en sortir ? Sur Dieu ? Même les croyants vous disent : aide-toi, le ciel t’aidera ! Et si le ciel n’existe pas ? Aide toi, et l’homme t’aidera. De Baudelaire, je me souviens que je conservais caché dans ma poche le texte de l’Invitation au voyage. J’avais tout de suite aimé la sensualité et le vertige qu’il nous laissait voir à l’aplomb du cœur de l’homme. Mais sans juger : par admiration et compassion, et surtout par lucidité, le poète « intelligent »  nous dédicaçait ses fleurs du mal : « Hypocrite lecteur mon semblable, mon frère ! » 

Cent cinquante ans plus tard, nous ne sommes pas plus humain, mais pas moins.

« Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur,
D’aller là bas vivre ensemble.
Aimer à loisir,
Aimer et mourir,
Au pays qui te ressemble.
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit
Ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. »


par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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